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mardi, 24 juin 2008

TOUCH ME

Des reflets de katioushas
Nimbent le ciel d'origan
D'un pastel enflammé
Pour les silhouettes mortuaires
Dans lesquelles se prélasse
Le parfum du venin

Viens la danse aux gants de soie
Dans l'orage aux feuilles volantes
Faisons valser les tornades
Jusqu'au bout des rizières
Là où le napalm fige son sourire
Dans un salto de jasmin

UNE GOUTTE DE SUIF

Jamais ne manque un mot
Dans le son qui se passe
De leur présence

Les mots ne sont que dièses
Ou bémols suivant les cas
Pavés déchaussés
Que la marée caresse
Dans le sens de la mélodie

Jamais ne manque un mot
Dans la clarté du silence

PLINNITUDE

Des Celtes plein les yeux
La mer déverse son charme
Sur des villes englouties
Aux amers flamboyants

Des Celtes plein les mains
La forêt sourit de tous ses arbres
Aux contreforts violets
Des boulets rouges

Des celtes plein le ciel
Pour peupler les dimensions
De l'ordinaire décontracté
Comme le sourire d'un homme

IRIS DE BRAISE

Royaume de la tendresse impitoyable
Les archers sont des princes
A la laine de feu
Taillée dans le cristal du froid

Leur pyromancie cathédrale
Illumine les crépuscules
Dans le désert multicolore
Des sables émouvants

Tendu comme un joyeux épieu
Leur délassement ignore
Les servitudes du plaisir
Et ne s'épanouit qu'en esclavage

CERUMENISME

Il n'est aucune promesse corrompue
Il n'est qu'une écoute désireuse
De s'approprier
Des brins futiles d'immortalité
Et des témoignages virtuels

Rien qui ne se dise
Qui ne soit tenu
Depuis toujours

Fragments et détails
Sont mosaïques de regard
Corrompues par des attentes
Injustifiées

VERT COMME UN COURANT D'AIR

Le vent parle aux femmes
Qui donnent naissance
Quand elles se voient
Destinataires de leurs oeuvres

Le vent parle aux femmes
Quand elles écoutent avec les yeux
Les torrents de la soie
Et les champs de l'ivresse

Le vent parle aux femmes
D'où naissent des hommes
Qui ne cessent de mourir
Dans la clarté du matin

PAS EN ARRIERE

Saint Supplice en Juin
Les lèvres scellées par le désir
Pas un mot ne s'exhale
Sans refléter la propriété
Ou l'envie folle de posséder

Saint Supplice en Juin
L'hiver n'est pas au rendez-vous
Heureusement sans attente
Des chevaux courent dans les flocons
De poussière abrasive

Où est passée la clef
Qui entrouve le ciel

Le spectacle continue
On se la joue royale
Mais le tintement de surface
N'éclipse pas les concavités souterraines
Et les complexions d'harmonie

La tendresse aux cheveux longs
Siffle un chant sans parole
Pour celle qui reconnaît son fils
Quand elle ose se dévêtir
Sans ôter ses haillons

GRAND ORDINAIRE

L'exceptionnel est fait
D'un plat de nouilles
Sous lequel trône
Une noisette de beurre
Aux arômes de blé
Foudroyé par le givre
Dans la marée émondée
Des sculptures d'océan
Qui dansent en relief
Sur le plaisir des yeux

REVOLUTION AMIRALE

Briser les entraves d'ivresse
Avant que l'arthrite ne les fige
Pour une éternité temporelle

Emonder sans crainte
Le strass des tenues léopard
Et l'artillerie des faux-semblants

Oser sans tricher
Laisser couler le cristal
En torrents de feu
Et en larmes de soie

UN FOUET DANS LES YEUX

Le temps de la rancune
Ronge le temps de la rencontre
Colère larvée et froide
Dans laquelle le pardon
Ne s'autorise toujours pas
Les manèges inventent
De nouveaux engrenages
Croyant créer du destin
En rénovant les camouflages
L'acceptation dort encore

OISEAU DE LUNE

La lune comme une tortue
Aux reflets d'ambre et de lin
Ornés de décors fugaces
Qui amuse le regard du feu
Dans les allées du contre-pouvoir
Et les patios d'hiver
La lune comme un oiseau
Qui picore les graines du vent
Et les semences de voyage
Perchée sur un mât d'artimon
Bilboquet aux allures de matamore
Sous les cieux de corail

SCALPER AU SCANNER

Et sous la peau des vallées
Des vers grondent de joie
Dévoreurs d'espace absent
Mutins aux poignards enlacés
Dans le tourbillon des siècles défunts
Des futurs sans avenir
Au présent cardinal
Comme un volume de sucre
Sous la langue du feu
Et les papilles d'une terre barbare

REVERS SANS FORTUNE

Dévergonde les sceaux
Des brandons de coriandre dans les yeux
L'aurore à la pointe du sein
Qui jaillit en flots bleus

Dévergonde les sels
D'ammoniac ou de bain
Parsème le cristal
D'angelures en goguette

Dévergonde les salles
Aux phéromones nucléaires
Bombardement et extermination
Dépollution en technicolor

Dévergonde les cils
Aux chants qui s'effeuillent
Dans la clarté du rêve
Et le scintillement de la lumière

LE COMMERCE ET LES CHARMES

Il est des papillons qui courent
Sur les versants embrumés
D'atmosphères où l'aigreur
Transpire des effluves de tristesse

Business as usual
Echange de fleurs de poussière
Emballées dans des confettis de soie
Pour faire joli

Il est des papillons qui pleurent
Sous les gerçures de leurs sourires
La convenance apprivoisée
Les oreilles au repos

Un mot s'oublie
Comme une épine sans importance
La roue tourne avide
Sur des engrenages sans joie

La foudre songe
Et regarde passer les attelages
Dans leur galop de morsures
Surfant sur l'auto-suggestion

Le lait et le baume
Dans la main du miel
Attendent le retournement
Des brûlures d'harmonie