mercredi, 07 mai 2008

BARROTAGE

Les échelles de valeurs
Sont autant de couleurs
Réfractaires au regard
De la caméra voluptueuse
Dont le pinceau-laser
Ecume les saveurs
Des auras de poussière
Que les alluvions accumulent
Au cours de croisières diluviennes
Dans une tête d'épingle

mardi, 06 mai 2008

ALTEREGOTISME

Le summum de l'égoïsme
Correspond trait pour trait
A l'altruisme le plus intégral
Neige carbonique qui étreint
La chantilly des glaces
Au miroir éteint
Par le reflet absurde
Des mots boomerang
Retombant en plumes alertes
Sur le venin du papier d'Arménie

ON THE ROCK

D'une arme de destruction massive
Appelée par convention poésie
Jaillissent les fontaines
Du vitriol qui stoppe le temps
Sur le screenshot 17 ans d'âge
Comme un vieux whisky
Au goût de tourbe réjouie
Pur malt à l'absence de sérieux
Jouissance de l'alluvion mauve
Qui se consume en souriant

dimanche, 04 mai 2008

NEIGE HATIVE

L'espace d'une étincelle
Comme une année-lumière de largeur
Un océan de foudre
Pour la profondeur
Une altitude tout en attitude

L'espace d'un clin d'oeil
D'atmosphère aux jambes galbées
Par le satin d'une peau

Le sucre à l'oreille
Le velours dans les yeux

Une insulte soyeuse
Sur le duvet des grands marbres

LA METEO DES PLAGES

Graver des initiales
Sur le front de la mer
Comme un alphajet
Au fuselage d'argent
Et une montre suisse
Pour contingenter l'infini

Ratisser les plages de santal
A la recherche des arômes
Que le velours élabore
Dans ses contours d'ivoire

A la pelle et au rateau
Inventer le burin lutin
Qui sculpte l'air du temps
Dans les méandres de l'orage
Et les sources du feu

VOL A L'ETALAGE

Une guitare andalouse
Au creux des yeux
La voix se pose légère
Sur une larme de vent sucré
L'outrage dans les reins
Se sent les ailes pour nager
Au milieu des coraux de nuages
Des émaux d'orpaillage
Et des brandons d'oies sauvages
Volteface et tête-bêche
Pour la saveur des pêches
Et le parfum des biches

AU FIL DE L'AUBEPINE

Douceur de l'amandier
Sur la place aux fruits secs
Comme des outres gonflées d'hydromel
Parfumé par l'alizé sauvage
Et câlin
Douceur du petit matin
Quand Novembre enterre ses morts
Et que respire le Mai
Des filles du muguet
Et des fils du tonnerre

jeudi, 01 mai 2008

MOLECULE DE CONTAMINATION

Des forêts galopent
Sur l'autoroute des stratocasters
Portées par des larsens de feu
Elles réverbèrent l'incendie

Sans coutures ni décor
Tout flambe

Et l'ombre des paysages
S'enhardit sur les arpèges
D'une soie carnivore et volage
Aux peintures de polypropylène enthousiaste

Sans artères ni filon
Les banquises pulsent l'or
Dans des rivières sans tamis

Reprenant le riff originel
Les métallos de la douceur
Forgent une délicate maille
De munitions bengalis
Dentelle d'explosifs
Pour caresse irradiante

Missiles balistiques en croisière
Aux armes bandées comme des arcs
Katioushas sylvestres dévergondées
Dans le strass de l'irradiation
D'une armée de douze singes

Dont toujours un survit

Irremediable

CAUSONS COMME UN BRIN

Fête du travail
Aux armes de la vierge de fer
Etymologie des nuances

Faites du travail
Une question de vie ou de mort
Polysémie cathédrale

Le muguet est signe de printemps
Qui torture les évidences
Des brumes de l'été
D'un tatouage indien
Sur les muqueuses de la joie

Mille et une nuits pour réinventer la vie

BOMBER LES MURS

De la cannelle dans les veines
Pour torsader les épluchures
Des pommes d'arrosoir

Du gingembre à la bouche
Etonnant cocktail de crevettes
Qui dilate l'iris des exaltations

Paprika comme pyjama de soie
Pili-pili sous les aisselles
Laisse aller la vaisselle
Les soucoupes servent le café
Dans les soutes d'Alien
Sur le terrain du velours

LE LOUP DES BIERES

Blonde est la source
Où les bières se brassent
Dans des linceuls en goguette
Avec des catafalques enjoués
Comme autant d'ostensoirs
A tatouer sur les fesses
Le code-barre des évasions
Dans lesquelles s'annulent
Les taxes de la perception
Et les emprunts du carnaval

ODORAMA DE LA TELEKINESIE

Du fond de l'océan
S'élèvent les volutes
Des montagnes du sucre
Parsemant de spores de combat
Les rivages délicieux
Des cancrelats au sirop d'érable

Passent les bouteilles de plasma
Comme autant de litres de vodka
Pour laisser respirer l'haleine
Dans les gosiers assoiffés
Des spirales de l'abondance

Les ovaires de la lune jouissent
Dans ce cinéma de santal
Qui transmute l'odorat
Des tambours arabes
Et des téléphones sans fil

PLASTIQUE SISMIQUE

Temps du tatouage en polyester
Sur les nervures des strings
Qui laissent transparaître
Les poils pubiens de la nuit
Sous les vergetures marginales
Marquant la trace des bronzages
Au soleil des brimbelles
Dévorées depuis longtemps
Dans les mangroves acoustiques
Des bordures du pacifique océan

FLUIDE COMME UN ORAGE

Un chant d'orage luit sur la plaine
Pas un ajonc ne tremble
Sous le cil de napalm
Qui caresse le temps
Des brumes jouent aux arabesques
Dans les couloirs de la mort
Au sourire de platine
Pour une voix aux reflets de cristal
Dévalant un ouragan d'arc-en-ciel
Sur des chevaux de feu
Aux robes d'argent
Et à l'haleine virginale

mardi, 29 avril 2008

SORCELLERIE EN SPIRALE

Une aube de guerrier
Qui enjolive les communiantes
Dans le parfum des conflits
Sur lequel bouillonnent les arômes
Du chaudron de la comédie
Qu'un sourire peint au napalm
Sur les confins d'une lune
Promenant ses étoiles
Au balcon sylvestre où perle
Un cortège de merveilles

STATISTIQUE DU PLAISIR

Encore un temps d'hiver
A fondre les bronzages
Et les teintures de l'iode
L'alambic crée le sucre
Et les parfums de mirabelle
Qui caressent de leurs saveurs
L'arc-en-ciel de la débauche
Inventant les arômes des joies
Que ne répertorient pas
Les encyclopédies futiles

L'OBLIQUE D'UN REGARD

Monte la sève
Aux tourments d'aubépine
Chatoie le vent
Dans ses reflets d'opaline
Un sourire luit
Dans un cristal de porcelaine
Fragile comme une aile
De bombardier nucléaire
Au tison graveur
De fleur de lys à l'épaule

STRASS EN MOUVEMENT

Sur un salto rouge et sans voix
S'immolent les clartés sauvages
Comme autant de zibelines
Qui retrouvent la neige
A la fraîcheur de la rosée
Perlant sur les lèvres de jaspe
Le velours d'un cachemire
Enluminure d'étincelle
Au parfum de calfat
Pour enivrer le déluge

LE SILLAGE DE LA COMETE

Un bord de mer glisse
Sur un blizzard tropical
Queue d'une mousson
Aux vendanges tardives
Qui émaille le clair-obscur
Des lunes printanières

Dans les tavernes du port
Les marins dansent
Des naufrages et des croisières
Les belles oublient l'héroïne
Qui mange leurs veines aurifères

Il est toujours des ailleurs
Pour faire vibrer les cils
Toujours des départs des retours
Comme frissons d'étamines
Qui bronzent les calendriers

GLISSE L'EPICE

Du temps à perdre ou à gagner
Dans les méandres solitaires
Des passages de gré
Sur d'illusoires frontières

Du temps à semer et à rire
Des histoires de nos maxillaires
Qui hachent la semaine entière
Dans une sauce à la lumière

Du temps pour l'aromate
Emulsifiant de la fortune
Du temps qu'il fait de nuit
Sur le cil pourpre de l'enchanteur

FILON DE LA LAINE

Elle met du mauve à ses paupières
Pour faire un crépuscule de glycines
D'ignobles sarments de lumière
Pour déflorer les étamines

Elle marche sur des brandons de soie
Catafalque de pur oriental
Un soupçon de sourire perle
Au bout d'un sein qui s'étourdit

Sur les volants de sa robe
S'épanouissent les lilas
Et la splendeur de l'aréole
Dévore la chaleur des climats

Une ombrelle à la taille
Elle murmure des danses
Dans le cocon des nénuphars
Qui glissent sur les torrents

dimanche, 27 avril 2008

AU TEMPS DU MUGUET

Formes du vent
Qui chatoie sur les horizons
Où flamboie l'or des visons
Dans d'horribles joyaux
Qui ruissellent le sang

Et valsent les chevaux de bois
Sur des furies et sur des dagues
Tueuses aux bras chargés
De paniers tressés dans des digues
Au venin de crotale ensoleillé

Comme tatouée la langue
Damasquine les paysages
Dans un déflorement d'outrage
Un obélisque de grand froid
A l'ardeur d'un paganisme occitan

Etrange est le bijou futile
Qui sourit de la fluidité
De la danse des deniers
Sans culte et sans chemise
Pour réchauffer la glace des banquises

Parsemeur sans moisson
Floraison d'étamines de feu
Gourmandes des pistils
De haricots magiques

Sensualité du muguet

HEZAR-AFSANA

Rêve en bleu
Un décor liquide
A l'évanescence sucrée
Parsemée de chaumières au teint mat
Comme des fleurs d'angélique

Rêve en vert
Comme un chapiteau à l'endroit
Cône d'érection sans architecture
Prétextuelle

Insolvable

Rêve en soie
Luxe des harems et gynécées
Que les cavaliers de Gengis
Dévorent de flammes d'aubépine
Au somptueux carnage

Rêve sans loi
Autre que le cri du vent
Amoureux d'entre les enfants
Peuplade sauvage des nocturnes
De Chopin à Shahrzad

jeudi, 24 avril 2008

PAIMPOLAISE

Les fossoyeurs exhument
Des exhalations émoustillées
En enterrant les cadavres
Dans de remarquables charniers
Sans aucune importance

Les vers s'amusent en choeur
Plantant des chrysanthèmes
Sur les minarets de la plage
Sous laquelle le venin des émeraudes
Laisse filer ses robes d'alluvions

Cimetières marins aux crabes
Dévorant de leurs pinces
Les perles de marée noire
Le temps ne fait que passer
Et les crabes s'agiter

Plus loin sur l'estran
Vaquent les abeilles
Et leurs végétations luxuriantes
Qui peignent délicatement
Les cheveux de la mer

mercredi, 23 avril 2008

A L'AIR LIBRE

Le vent va
Lui seul
Mais rien ne bouge
Dans les mouvements
De l'intangible

Le vent va et revient
Dans sa forme de boomerang
Qui ponctue un point d'un sourire
Et la mer d'une virgule
Sous les feux abrasifs

Le vent ne vient jamais
Il fait flotter
La tapisserie du regard
Dans les fluorescences
De l'iridium incendiaire

QUE LE PUBLIC SOIT

Relire pour une audience
Fait partie des rites funéraires
Qu'entretiennent les parcs d'attraction

L'instant est toujours unique
Et le café repassé
Ne procure qu'une volupté moindre

Seul le son
Qui s'exhale langoureusement
Peut rafraîchir le moment
Sans pour cela nécessairement
Qu'il énonce un poème
Dont la matière est avant tout
Un reflet de silence

Dans les combinaisons de couleurs
Les variations chromatiques
Anéantissent les pastels fugaces

Le canon à ultrasons enlumine
D'une aura de défragmentation
Les huiles du carbure d'oxygène

VOIR DANS L'ENCRE

Sans échelle pas de vision
L'empirisme du fragmentaire
Des interprétations sans fondement
Un miroir pour la peur
Et les transferts de couleurs
L'échelle et sa palette monochrome
Apprennent au peintre de l'oreille
La neutralité des mouvements
Et les projections de graffitis
Qui teintent l'opaline du couchant

mardi, 22 avril 2008

REVOLUTION DES TULIPES

Les assassins
Ont l'éviscération facile
Qui remplace l'énucléation
Par l'invention de la lentille
Sans contact
A l'Est d'Aden
Il se trouve toujours
Des cavaliers kirghizes
Pour jouer au bouzkachi
Avec des couilles de mammouth

DU RHUM A LA MIRABELLE

Dans le désert sans fin
Les Johnnys de toutes les bandes
Dessinent les vagues à l'âme
De leurs gangs lumineux
Sur les autoroutes
De l'information sans frontières

Le feu ronge les mémoires
Et oxyde l'oxygène rouge
Peuplant les irradiations bleues
De formes d'opalescence
Au grain d'iridium
Et aux géométries sveltes

La lumière verte et blanche
Berce les cocons d'arc-en-ciel
Dont les mathématiques succinctes
Evident les théories farfelues
Des sérieux claustrophiles
En mal de crédibilité

Retour tribal vers la saveur
Des massacres en charpie
Des embrassades de harpies
Limousine au poignet
Moleskine de combat
Pour infusion non ignifugée

POLYSYSTEMIQE

Le sens de chaque mot
Dépend toujours de sa direction
Comme la vision circulaire
D'un radar
Sous lequel naissent
Les semences de l'humour
Qui marquent au faire rouge
Les discours des sérieux
La jeunesse du sourire
L'insolence de la vie

UN SUR DIX MILLE

Un plus un
Font un château de cartes
Auquel il convient
De ne rien retrancher
Pour que le vent ramène
La pluie à sa source
Comme un as de pique
Sur une main de nain jaune
Quinte royale et flush
Servie d'entrée

CRY OF WAR

Les mots de la guerre
Sont toujours des néologismes
Aux relents féministes
Semeuses à la grenade offensive
Qui éblouit les tympans
D'un souffle corrodé
Sur l'émail des dents
Passe le machiste à la machette
Celui qui veut voir sourire
Le drap du brasier permanent

SOIE DE SABLE ET D'EAU

Quand déserts et océans
Ne sont plus revendiqués
Par des drapeaux saugrenus
Se lèvent les voiles de l'aurore
Alizés d'une paternité
Au front nuptial
Sur le velours d'un sourire
Porté par les doigts effrontés
D'une femme au carquois mélodique
Dans les nocturnes du printemps

dimanche, 20 avril 2008

BOTTLENECK

Tatoue un baiser dans le cou
Comme l'aura d'un souffle vert
Un instant suspendu
Entre deux lèvres
Au goût pourpre
De la mer en hiver
Quand les patins riment
La glace et le sein
Dans lequel fermente un lait noir
Comme l'encre bleue des pâturages

MIROIR DE L'ANTICIPATION

La poésie est une vision
Qui se raconte elle-même
Dans la bouche de son portefaix
Dont tous les mots
Racontent le parcours
Prémonitoire
Le savoir déclenche l'action
Vers les prairies de la non action
L'antre ouvert du resplendir
Qui se rit des civilités

ROMANTIC LUNATIC

Du sexe pour la route
Devant un poster de Marilyn
Une idée de Marlène
Un baiser de Greta

Rita sait lire
Les lignes désuètes
Qui peuplent les mains avides
Devant des icônes aux saveurs
De poussière d'avenir

Mais c'est Leïla qui respire
Le parfum des chemises
Inventions de Toscane
Sous l'ombre de Peau d'Ane

Souffle de dragon
Dans le creux des yeux de Freyja
Pas d'éjaculation sans glace
Pour attiser le goût du feu
Qui règne blanc sous les manteaux
Des cathédrales oniriques

samedi, 19 avril 2008

PEYREPERTUSE

S'allume le trésor des Cathares
Sous un soleil audacieux
Pas une once qui ne rayonne
Dans la couleur du vent
Portée d'embruns enflammés
A la vigilance émouvante
Cimeterres aiguisés à l'extrême
Le sang coule en pyrolyse
Remontant les voyages du temps
Sur la trame d'un filigrane

EL VIEJO

Le vieux de la montagne
Sourit devant l'audace
Des brins d'herbe amoureux
Qui escaladent le vent fou
Sur des dragons d'argent
Propageant les traces d'un feu
Au damasquin de cristal
Et à l'arôme sans chagrin
Dans les tempêtes du désert blanc
Sur le front des dunes
Que la mer caresse sans trêve
Dans un formidable ressac de soie

vendredi, 18 avril 2008

SEXY SAXO

Sentiment du cristal
Ver luisant impassible
Passage intersidéral
Vers d'autres mélodies

Velléité amirale
Pour les fantassins du génie
Dynamiteurs de cathédrales
Dans les merveilles de l'horreur

Les samurais lexicaux vérolent à la lance d'incendie les frondaisons apoplectiques des atmosphères désuètes où les académismes fleurissent dans leurs bacs de lieux communs shootés aux ambiances extraordinaires dans la grossièreté fluviale des hippopotames du vocabulaire

Des kriss à la garde de givre
Lancent des floraisons de napalm
Sous les revêtements anxiolitiques
Des épidermes castrateurs

Demain est un mot cannibale
Aujourd'hui la viande est dévorée crue
Aux aromates sanguinaires
Des parfums de sang et de muscle

BREAKFAST WOODS

Petit matin du cacao
Quand les fèves s'effleurent
D'une main dont les doigts
Sont des arômes de chocolat
Narines épatées qui s'amusent
Dans les rivières du lait qui fond
Sur des lagunes au teint sylvestre
Et des bayous aux ombres chaudes
Teintant la clarté de reflets d'ambre
Et de crème solaire pour myrtilles assoiffées

PLAGISTES

Fabuloserie du scandale
Un soutien-gorge libère ses saveurs
Au grain de douceur élimé
Comme une pluie d'hiver
Sur une température d'ébullition

Dans les trachées d'émerveillement
Les libellules incrustent de diamant
Les paradis émotionnels
Des abreuvoirs sempiternels

Des briques de jade et de cobalt
S'élèvent en pyramides
De chocolat et de santal
Sur les pourpoints creux et livides

Sous les chapiteaux de carnaval
L'ombre d'un sein à la peau mordorée
Réinvente le bronzage intégral
Des effeuilleuses au sexe ouvert
Pour un étrange effluve au goût amer

jeudi, 17 avril 2008

LE GOÛT DE L'INDUBITABLE

Une pluie de merveilles
Tombe à l'horizontale
Sur le versant abrupt
D'un péritoine ensablé
Constellant les aurores
D'une voile d'incandescence
Sur le charbon ardent
Qui meuble les faubourgs
D'un alluvion féroce
Aux saveurs de fractale

mercredi, 16 avril 2008

MARIE-GALANTE

L'existence à cinq ans
Est comme la vision à cinquante
Purs moments d'interprétation
Aux écoutilles encombrées
Par des personnages merveilleux
Qui dessinent et sculptent
Des chimères ou des griffons
Sur le sable sans fin
Des plages désertiques
Et des reliefs malicieux
De petits déjeuners et de goûters
Aux saveurs intenses d'incongruité

mardi, 15 avril 2008

SCULPTURE DE BRUME

La conscience qui espère
Est un entrelacs de reflets mordorés
Larsen d'un parfum
Qui s'étourdit dans les dérivés
D'un sillage d'évanescence
La conscience qui espère
N'a de conscience que le nom
Peinture non figurative
Dessinée par des yeux fermés
En boucle sur une saveur morte

lundi, 14 avril 2008

FLASHBALL

Intarissable est la rivière de diamants
Qui constelle les cieux de muscade
De feux de Bengale insolubles
Perlant des émaux vitrifiés
Sur la corolle d'une aréole
Inextinguible est la soif
Qui fait parler le délire
Dans les méandres d'escampette
De la soie pourpre
Et du petit matin vert

samedi, 12 avril 2008

BANDAISON SANS TENSION

La conscience au travail
Est bien nommée phénoménologie
Encore faut-il qu'elle s'y mette
Ce qui n'est pas le cas
Sauf sous le joug de la torture
A laquelle la soumettent
Les agitées de la tulipe
Qui oublient le présent
Pour malaxer la poussière
Et en faire des patées de sable

TERRORISTES

Nous sommes feux-follets de l'armée des ombres, taches d'hydrocarbure sanguin sur le cachemire d'une mer de napalm, nos stances d'ammoniac réveillent les sens aguerris par le servage d'une lune sans sommeil, nous nous nourrissons de volatiles torpilles qui développent des corolles azotées sur les nécropoles de la poussière. Nos harmonies n'ont de fugace que les cygnes abscons qui déroulent leurs soieries aux pieds des vahinés autarciques, les laminoirs sont notre quotidien qui absolutise les tréfonds marécageux, les tourbières de la grégarité somnambule et les bayous de coriandre. Nous muscadons des borborygmes incendiaires dans les catacombes enluminées de nos clairières hémophiles pendant que des trilles de missiles cataclysmiques réinventent la solitude des turbans de nos sultanes. La ténèbre est d'acier qui fond sous le charme aquariophilique des menstrues et vergetures que nos corps sulfurisés répandent sous les pieds palmés des cordillères amazoniennes, le cirage lubrique luisant de mille feux dans ces ébats sans mouvement qui élucident les énigmes corrodées et les hiérogliphies d'outre-rien. Un alphabet sonne le tempo d'une caryatide émerveillée et c'en est fini de la disharmonie notable qui préside aux mille et une nuits des chimères moribondes. Toujours est un verbe intransitif qui ne connaît du geste que la semence de rhizome et l'ovulation effervescente des limonades de combat.

SEMTEX AVENUE

Comme un rêve d'Arizona
Sous le feu des lacrymales
Qui déversent les cendres arc-en-ciel
Sur des tissus corrodés
Dans l'explosion des matrices
Que fracassent langoureusement
Des caresses de nitroglycérine
Dont les sucres assujettis
Sont semences de dévergondage
Barre à mines pour laminer
Le blindage des coffres-forts
Et libérer l'énergie du dragon

FROID TORRIDE

Nul ne connaît
La chaleur intime
Des nuits de l'azote
Où la peau bronze
Sous l'effet du givre
Pendant que des torrents glacés
Font transpirer les burnous
De gouttelettes pourpres
Et sucrées par des fraises
Qui dévergondent les sens

vendredi, 11 avril 2008

UNE TRANCHE DE DERAPAGE

Un boomerang en forme
D'explosion intramusculaire
Comme l'éruption extraveineuse
D'un filon aurifère
A la pulpe de diamant
Qui verse au son des katioushas
Le vin des condamnés
A perpétuité
Pour le plaisir de l'aubade
Et le sourire d'un damasquin