lundi, 23 novembre 2009

SENTEURS DE ROULIS

Pays sous les continents
Pays de l'incontinent
Où le jours transvase la nuit
En éboulis de feu
Sur des autoroutes verglacées
Par les embruns d'arc-en-ciel

Pays ou sous-continent
L'Inde sourit aux insouciants
Défenestrant les citadelles en mer
Pour ne garder des glacis
Que la saveur du fusain
Sous les arômes d'aquarelle

Avalanche à rebours
Roller-skate du discobole
L'aurore s'entiche des audacieux
Dont le clairon sans cuivre
Exhale le parfum du silence
Comme un calice d'amertume sucrée

dimanche, 22 novembre 2009

EPOPEE DU ZERO

 

Des guerriers sans armure

A main nue

Dagues et couteaux

Claymores en un clin d'œil

 

Des aigles au plumage de feu

Des rivières en furie

La mer qu'on déchaîne

Pour des caresses sans égal

 

Des lances ou des cyprès

Un chêne ou un charme

Quand l'encens se parfume

Aux essences d'irréel

 

Et des femmes au velours d'hirondelle, comme le chant d'un oiseau barbare qui manie le shuriken comme une caresse d'hydromel, lente montée vers la profondeur du temps, stabilisé sur l'éclat d'un instant, sourire du cimeterre qui regarde les têtes rouler sous les yeux de la méduse

 

Des mondes au poignet

Un viatique d'insouciance

Rien ne se démontre

Mais tout est démontable

 

D'un orgasme en puzzle

Un puzzle d'or en gamme

Monte les étamines

Vers les gerbes de la réjouissance

 

Considérable comme la poudre

Insatiable comme les plastiques

Que la fusion froide défigure

En arpèges de palimpseste

 

EBLOUI

 

Je rêve d'une nuit

Où le soleil s'amourache

De papillons de soie

Folâtrant sur des panoramiques

De coriandre et de poivre

 

Je rêve d'une nuit

Où le jour est incendie

La mer en feu

Sur des paupières enluminées

Par des embruns de jaspe

 

Une nuit se rêve

Dans l'invention du technicolor

Ellipses de travelling

Galopades de spirale

Tourbillons suspendus

 

mercredi, 04 novembre 2009

TSUNAMI ORGANIQUE

 

Coefficient de fragilité absolu

De l’addiction innée

Aux effluves d’évanescence

L’intrinsèque inaltérable

S’épanouit en arc-en-ciel

Sur fond de chrome invisible

Comme un chrême éprouvant

Les revêtements qui s’effondrent

En une pluie de confettis

Et de paillettes harmoniques

vendredi, 30 octobre 2009

OTTOMANE

Aux portes d’Istamboul

Quelques souvenirs souriants

De Constantinople

De vieux ossements byzantins

Rappellent la magnificence

Des rêves de gloire

 

Langoureusement

Le Bosphore se dilate

En vagues de tiédeur

Pendant que les souks

Bruissent de mille chaleurs

 

La fraîcheur s’étend

En une mer si noire

Qu’elle ressemble à la nuit

Parsemée d’étoiles

Aux prénoms si lointains

 

Le temps se fige

En une hyperbole d’aurore

Défragmentée par la douceur

D’un foyer si tranquille

mardi, 27 octobre 2009

FROM ACROSS THE DESERT



Tel est le bon plaisir
Qui ruine Aqaba
Fils du cimeterre
Allure de coursier

Tel est le bon plaisir
Qui coule langoureusement
L'île des pharaons
Aux magiques fortifications

Le bon plaisir
Ne fonde aucune règle
Les étraves pourpres
Ne voient que ruines
Là où s'élèvent
Les murs des mirages

AUTUMN ARMS


An english rose
In a garden of orchids
Perfume of the night
Crossing the ocean
Behind a purple veil

In a Bloody Mary
Tea is just a cloud
As tears go running wild
From down under the wall
Created by wind and rain

Harbour of no return
Shelter with no need
Than a smile in the eye
Where pleasure's just a whip
In the hands of the Queen

jeudi, 22 octobre 2009

FEUILLE A FEUILLE

Les femmes rondes
S'habillent chic
Comme le ticket retour
D'un one way trip
Sur le rail acide
D'un cercle émouvant
Où le féminisme est de vigueur
Surplombant la rigueur
D'un sourire à l'épanouissement
Digne d'une saveur de framboise

COLLABORATION SANS RESISTANCE



La marquise sort toujours
A cinq heures décalées
D'un agenda périmé
D'où les sensations jaillissent
Comme autant de sarments
Branches de langage
Qui font sourire les muets
Virevoltant en arabesques
Qu'un flutiau percute
Ou transperce gaiement
Suivant les modes d'expression
Que le roc impulse
Dans les orgues barbares
Qui parlent aux yeux

DULAMAN

Le reflet suit la voix

Et chante les arbres

Comme une algue irlandaise

Sur les traces des celtes

En Ombrie solaire

Les chevaux du Caucase

Au mors d’argent

Calibrant les épopées

De l’immobile élan

 

Des lances du Rohan

Des tomahawks iroquois

Les armes sont à l’honneur

Au pays enchanté

Par les firebolts et les fées

Sur les tambours du Queens

Où le gazon est d’émeraude

Comme il sied

Aux valets de pied

 

Et les épées s’enlacent

Sur des bustes envoûtées

Par le chant qui s’émerveille

En arpèges de spirales

Double tranchant affûté

A l’extrême douceur

Des toisons affriolantes

De la sévère nudité

mardi, 20 octobre 2009

ONCE UPON SOMETIMES



Magnifiques comme un 7
Pas de race ni d'air sacré
Le profane en guise de camouflage
Le propane en héritage
A la combustion spontanée
L'intensité du rayonnement
Pour unique lumière
Chez les aveugles du poignet

Magnifique comme un sceptre
Pour bandit manchot
Gardien de banquise
Sur laquelle flotte un fard
Ou le parfum d'un dard
Qui fait cligner les gyrophares

Magnifiques sont les perce-neige
Congères en mouvement
Sur l'impassible terreau
D'où jaillissent les geysers
De l'incandescence cristalline
Et les parfums sonores
Que répandent les vents

WITHOUT OF YOU

Il neige dehors
Comme un mensonge
Dialectique des confins
De l'absolue subjectivité

Arizona comme un dream
Sarcler les lianes
De l'Amazone
Qui dispense les brumes

A la flûte de Pan
A l'arc d'Apollon
Le génocide en extase
S'abandonner à la caresse

PLIAGE ET DECALCOMANIE



Sur le mur
La place du miroir
Que regarde incompréhensible
Un visage tracé à la craie
Noire qui peut se voir mauve

Excentrique
Comme un pur egoïsme
Altruisme à l'état naturel
Sans que la nature
Y soit pour quelque chose

Mille degrés
Brûlent les échelles
Le centre exact du monde
Toujours à sa place
A peu près partout

EN COULEUR

Noir et blanc
Point de suspension
Sur une ligne de mire

Blanc et noir
Le revers du miroir
L'or sans fin de l'ostensoir

Gris argent
Pépite de lumière
L'oeil du diadème

SUCRE ET VINAIGRE

Condiments incontinents

Un point sur la langue

Avive les impulsions

Jusqu’à l’implosion tsunamique

 

Défloré le pollen

Comme un hymen extensible

Hypertension dilatée

Dans l’extrême harmonie

 

Ondule sous un doigt

Sur une main pénétrante

La peau du tambour

Souplesse de la vague

Qui porte le charme

OIL

Minuit à l’heure du temps

Qui tant inonde le bain

D’un revêtement de pure laine

Au patchwork délétère

 

Caresse ambrée de la brume

Qui incendie les tétons

Glisse sur la peau

En oléagineuse émulsion

 

Le feu dans les hanches

Vibre et soulève

L’arc-en-ciel accroché

Au faîte d’un sein

PEPPER

Menthe extasiée d’air pur

Au velours fin d’aigue-marine

Les rues se noient

Sous des tourments de douceur

 

 

Des églises surnaturelles

Flottent sur le contingent

L’inutile rayonne sous chaire

En surplis décoiffés

 

 

Sens à l’essence de myrtille

Qu’advient-il en absence

Hormis le sang de l’insouciance

Qui encense la présence

SEL

Pas un mot

Un murmure de douceur

Une alvéole d’open space

Le gigantisme minuscule

 

Pas un mot

Juste une larme

Qui glisse doucement

Sur des flancs arc-en-ciel

 

Juste un mot

L’ombre de tes paupières

Comme une caresse

Sur les hanches de la nuit

dimanche, 18 octobre 2009

QUELS MURS POUR QU'ELLE MURMURE



Par temps de comprendre
Le vouloir ne tend qu'à saisir
Ce qui se refuse à la préhension
Ce qu'on signe encore

Va-t'en savoir
C'est toujours un voyage
Pas un cil ne tremble
Sur le périscope des drakkars

Plein feu sur le soleil
Rien n'échappe à la combustion
Et même la pluie sourit
En bouillant sous le vent

samedi, 17 octobre 2009

MAGIC BOW

Des peuples de passions
Sur des chevaux de labour
Sillons sur la mer
Que le vent caresse
Sans trêve

L'immortalité des stèles
Ne résiste à aucune érosion
Le sang de l'écuelle
Se récolte vide
Comme un globule blanc

Derrière les masques
Ne subsiste que la danse
Des archers fantômes
Des charmeurs de serpent
Et des cavaliers du Rohan

SANS COUVERTURE

Au jeu de l’assassin

Toutes les cartes

Ont l’essence merveilleuse

De l’as de pique

Et du roi de cœur

 

Délivre des carreaux

D’arbalète ou de vitrier

Sur un tapis de trèfles

Dont les feuilles

Sont en forme de huit

 

Pas de parasol

La banque est en déroute

Sous les geysers de napalm

Dont les fragrances insolites

Dévorent le macadam

mardi, 13 octobre 2009

NADJA ONLINE

Vent de sable
Sur la steppe rouge
Au camps des vaincus
Une rencontre au restaurant
Pour les rois aveugles

Moisson d'octobre
En terre d'amour
Nuits de princes
La rage au ventre
De la rue de Rome
Au chemin de Paradis

Littérature rouge
Pour dames de Californie
La règle de l'homme
A la fortune carrée
Pour une belle de jour

EASY LIVING

L'inaccessible est toujours
A portée de main
Quand les doigts s'étirent
En apogée d'ouverture
Le vent se pose
Sur la paume d'une rose
Et un pétale de fragrance
S'enlumine d'une écharpe
De nuit profonde
Comme la saveur d'une opale

mardi, 06 octobre 2009

LES VOIX DEPASSEES

Qui parle à l'imparfait
Se reconnait comme tel
Tailleur de costumes
Qui ne sont que buée
Faisant couler le mascara
En rivières de cendres
Dont la braise sourit
En-deçà des conventions
Dont la morale se targue
Dans son auguste repaire

CONFINS D'OXYGENE

Des segments macrocellulaires
Aux irradiations purpurines
Laissent exhaler un sourire
Sur le pourtour anémique
Des horizons transgalactiques
L'ansible fonctionne sans trêve
Chez les confiseurs sans quartier
Où la noblesse révère
Ce que les réverbères
Dédaignent d'un clin d'oeil

dimanche, 04 octobre 2009

BOREAL SUD


Un mot suffit
Pour soulever la mer
Le vent en érection
La porte à incandescence
Sur la lumière tranquille
Qui irradie son flux
Comme la palpitation
Du pouls soyeux
Qu'un coin d'oeil
Observe avec amusement

DANS LES ECOUTES

J’écoute en souriant

Abracadabra

Qui s’allume et transpire

Des parfums de traverse

Sur des rames elliptiques

De papier d’Arménie

 

J’écoute le galop

Des chevaux du Caucase

Aux sabots d’étincelles

Sur des landes empourprées

Par les marées sibyllines

Et les langues sylphides

 

J’écoute le vote

D’un isoloir tyrannique

Où nul pouvoir ne régente

La course de la pluie

Et le sourire du vent

Qui repeint mes brushings

vendredi, 02 octobre 2009

DES MASQUES


A l'inconnue qui passe
Le vent délace
Les corsets sans valeur
Le jour se mire
En des reflets-soupirs
Longs comme des sanglots
En forme de sourire

A l'inconnue qui passe
Le vent délasse
D'autre temps sans valeur
La nuit scintille
Jolie brindille
Sur la rosée des charmilles
Couleur pourpre d'azur

mardi, 29 septembre 2009

ELLE GLISSE

Une ode à l’eau

Sur le sel des yeux

Rien qu’une larme

Pour peupler l’aurore

De sanglots blancs

Comme un sourire de miel

Sur un pourpoint évanescent

Une fleur d’oxygène

Aux senteurs ébouriffantes

Que l’électricité irradie

jeudi, 24 septembre 2009

IMPUDIQUE

A la croisée des cerises

Une coulée de nuages

Sur un rayon de lait

Le parfum du miel

Sur des lèvres amoureuses

 

Au mirage insouciant

Le sourire d’un instant

Comme la caresse d’un rêve

Sur une peau de velours

Qui transpire langoureusement

 

Et l’oeil de la lectrice

Charmé qui s’embaume

Respiration qui s’allonge

S’évase en corolle

Le parfum s’épanouit

Dans l’échancrure qui s’offre

mercredi, 23 septembre 2009

CONFIDENCE ELECTRIQUE

 

Déverrouiller l’orthographe

Des nouveaux vocabulaires

Go on

Strip intégral

Négative impression

Le rythme du feu

Sur un velours incendiaire

 

Bleu comme la nuit

Des soucoupes en miroir

Sur des yeux en amandes

La grammaire au rebut

Flambe le crépuscule

Des alligators en série

 

Hypnotique sabbat

Rien à dire

Tout à décrire

Sans rien souscrire

N’être qu’un sourire

Brillant sans bague

D’un influent resplendir

THE BEAT GOES ON

Danse sans mouvement
Juste une épée
Et des plumes

Pas un cil ne frémit
Dans la spirale inversée
Des polarités sans appel

La poésie se suffit
La danse est un langage
Pour sensibilité muette
Essayant d'articuler un phonème

STILL SHENANDOAH

 

Danse les loups

Sur des guirlandes illuminées

Dont les fleurs de métal

Ruissellent d’un chrome en couleurs

 

Le jade brille sur leurs dents

Comme l’éclat sensoriel

D’un poignard de soie

Aux contours du soleil

 

Danse les loups

Au milieu des abysses

Sur la forge des dieux

Où s’affûtent leurs épées

vendredi, 18 septembre 2009

TENDER AS A CLAYMORE



No atomic clock
Around here no more
No survivors
Only one smiling cloud
From happy genocide
Discovering

Luck is for everyone
Overwhelming desires
Sculptures of the snow
Under the sea of fabulous wishes
And the ocean of magic memories

Dice are rolling
On a curved blade
One hand can be as strong
As the heart of a child

mardi, 15 septembre 2009

CELEBRATION DE LA BRANLETTE



Où sont les poètes
N'intéresse que les poètes
Et encore
Le lieu et l'endroit
Sont l'envers d'une volupté
Qui se suffit à elle-même

Où sont les poètes
Quelle importance
Puisqu'ils sont
Destinés à nourrir
L'humus des futurs cimetières
D'où jaillissent des instantanés
Comme autant d'instants morts-nés

Où sont les poètes
Pas un poète n'en a cure
Aucun remède pour la poésie
Lèpre qui défigure
Le monde savant des lettres
Où le sens de la rune
N'est toujours pas né

CHOIX DES FRAGRANCES



Atterrir c'est voler
Comme une hirondelle cristalline
De retour d'Afrique
Sur un nuage vert
Au décolleté vertigineux

Les soucis sont des fleurs
A chacun leur couleur
Peintures d'imaginaires
Qui peuplent de leur parfum
L'étendue virginale

Et sur le livre des visages
Défilent des paysages
A colorier selon les goûts
Que le vent d'aventure
Féconde d'une semence d'horizon

lundi, 14 septembre 2009

HAVE A DRINK ON ME



West of the plain
There's only seas
Perfumes and echoes

West of the plain
There's mountains
Of sugar and spice

West of the plain
Crowds are sleeping
In someone else's dreams

Neither young or old
Eternity is one shot
An icy lightning strike

The ace of spades
Always smiles in the wind
Of Troy and Jericho

SANS AVEC



Avec du sang
Même qu'on dirait de l'eau
Pour faire écolo
Avec du sang
Qui parchemine les livres
Des traces ou des globules
Repeignent l'univers

Avec du sang
Qui dissout les caillots
Intraveineuse sans perfusion
Juste l'ignition de la chance
Sans solution saline

Avec du sang
On défrise les barbelés
Aux courbes affriolantes
Pour laisser rayonner
Les teintes de l'argent
Sur des étagères poussiéreuses

SINGULARITE



Pas de professionnel en poésie
L'amateur est roi de Crimée
Sans châtiment autre
Qu'un sourire au semtex

Implosion vivifiante
Qui défigure les sens
La poésie s'emballe
Sous des linceuls de vair

La mère des mers
Le père des paires
L'enfant au riot-gun
Un oued dénoué à Gordes

CARBONE SPIRITUEUX

 

Sur le bord de l’autoroute

Des glacis parfumés

D’odeurs harmoniques

Encensent des parkings

Où s’émasculent les colchiques

 

L’autoroute est un pilote

Vecteur mathématique

Aux contours de logique floue

Hyperbole intégrale

Comme un pistil au féminin

 

Au centre de l’autoroute

La radioactivité chute

En lévitation circulaire

Giratoire insomniaque

D’un sourire implacable

samedi, 12 septembre 2009

MIAMI, OHIO

Des doigts caressent

Les cordes d’une slide

Délivrance au bout des clés

Sur l’Ohio flottent les corps

 

Un don du fond des tripes

La mélancolie sans armure

Punk jusqu’au bout des cils

Pas question de négocier

 

Voix qui portent le message

Sur les lames de nos scalpels

Sanguinaires par affection

Téméraires sans protection

 

Des doigts caressent des cadavres

Et nos sourires s’en souviennent

Dans les hymnes terroristes

Qui frelatent les marcs

vendredi, 11 septembre 2009

A TRICK ON THE TRACK

De rune en rune
Se dépouillent les forêts
Les marécages en défriche
Les villes sinueuses

De rune en rune
La taïga reprend
Ses droits d'auteur
Dans les lianes velléitaires

De rune en rune
La vie est sans pourquoi
Profite du voyage
Il est sans fin

jeudi, 10 septembre 2009

LE TEMPS QU'IL NE FAIT PAS

Sa gueule en pixels
S'affiche en relief
Asynchrone
Sur ta vue rétrécie
Par le sel marin
Et ses cristaux ammoniaqués
De soude et d'encaustique
Que balaie d'un revers d'infortune
Le vent liquide
Qui promène la lune
Sur des déserts de jaspe
Et des marées de coriandre

IMMOR(T)ALITE

L'immoralité revendiquée
N'est qu'une forme de morale
Le négatif d'une photo
Plutôt numérique

L'argentique s'en soucie
Au demeurant fort peu
Tout occupé à rayonner
Ce resplendir qui l'overdose

L'immoralité sans détective
Est un passe-temps customisé
L'enjoliveur d'une roue
Pour les grands chars mérovingiens

RECENSEMENT

Pueblo del sangre

Peuple du sang

La mort sur les lèvres

D’un sourire enjôleur

 

Artère tranchée

En capillarité de rêves

Autoroute désinformation

Une guitare à la main

 

Electric globule

Neurochirurgie assassine

Pueblo del sangre

Pueblo del sol

 

Rayon laser

Visée ultracharme

Dis-moi je t’aime

Salto de merveilles

 

Pueblo del sangre

Peuple du sang

De la neige ou de l’eau

Peu importe à la transparence

TE QUIERO

A la vie

A la mort

Une balle perdue

Torero et mantilles

 

On se la donne

Feria de Catalunya

Español y sangre

La luz en el ojo

 

La vida

Ni meilleure ni pire

Simplement joyeuse

Calme et paisible

Sous les holas

Qui parcourent insouciantes

Les ramblas où les toros

Déchaînent les passions

 

Aguardiente y mezcal

Sombre de la luna

La Muerte en El Alamo

Le sourire du pas de quartier

 

Mantilles sans torero

Corrida sans toros

A la mort

A la vie

DU CORAIL COMME S'IL EN PLEUVAIT

Les mots jamais ne s'épuisent
Sans dire un mot une pensée
S'épanouit en jonquille
Le temps d'une valse

L'ordinaire des mots
Est un parfum de contrebande
Où les tricheurs sourient
D'une déclaration

De la mine d'argent
Jaillissnt des pépites d'océan
Perles ou nuages d'escampette
Qui font parler toutes les poudres

TIEMPO DEL FUEGO

Dernier salon en vague

Où l’on cause du parler

Comme des crachoirs de feu

Sur le macadam ordinaire

 

 

La mer au creux d’un sein

Le clitoris en exergue

Se dresse phallique

Sur ses ergots de sable

 

 

Hola compadres

Yo hablo la noche

Ultima palabra

Cegado de amor

 

 

Ahorita now

Toujours à l’heure

Comme une apocalypse

Arrosée de napalm

RESEAU SOCIAL

 

Berlingots sous les palmiers

En accroche suissesse

Comme le chocolat

Qui fond sous la cloche

 

Entrelacs et farandoles

Des tropiques cartilagineux

Reprenons donc une guitare

En évaporation lente

 

Les rois du flipper

Se contentent d’admirer

Les élucubrations lymphatiques

Dans une totale nonchalance

mercredi, 09 septembre 2009

CONTER SUR UN DOIGT

La fille de l'alchimiste
Connaît le plomb
Dont on tire l'or
Du Rhin ou d'ailleurs
Pour forger des anneaux
De pouvoir
Ou sceller des alliances
Dans l'air du temps

Parler avec les mains
N'est pas réservé
A l'élite des sourds
D'une main à l'autre
En passant par l'oreille
Les échos frivoles sourient
Qui dessinent des alizés
Sur l'eau vive