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jeudi, 27 novembre 2008

EMILY SOUNDS

Quand le clown cesse
De gémir sur son sort
Il peut enfin entendre
Le rire d'Emily
Ricocher en échos cristallins
Sur les tombes envahies
Par la surdité des ronces
Qui font du lamento
Une écorchure à la nuit
Rutilante de soie

CHARMILLES

Bleu comme une orchidée verte
En des jours sans pareil
Au même temps qui s'ensorcèle
De vanille et framboise
Tel un accordéon plat
Sur un velours de tulle noir
Et de pashmina blanc
Sous le fuchsia qui frémit
Les balades aux yeux pourpres
Et les glycines en fleurs d'oranger

MASCARA SANS FART

Labourer la mer
Comme une étoile aux yeux clairs
Dans la semence impérissable
Des naufrages en pleine terre

Viens la danse aux armes de feu, tourne les girouettes et les canons protéiformes refondent les formes d'alambic que distillent des crotales au venin d'incision qui ligature les scarifications aux noms brillants comme des nébuleuses galactiques

Sur les hauteurs le vent
Dans les odeurs le temps
Paradis des saveurs l'argent
Bienvenue aux indigents

Les pamplemousses sans presse détournent et vrillent les contreforts de la non-appartenance aux réseaux purement formels des mafias infantiles, élaborant de subtiles architectures, sculptant le flou intégral pour en faire des moisissures irradiantes et des copeaux de butane, désimperméabilisant les revêtements d'anxiolytiques que le chloroforme rend sourds et dégourdis

Sous les doigts le chanvre
Se tresse ou se roule
En noeud gordien coulant
Des jours paisibles et sereins

GEOMETRIE D'OK CORRAL

Dans les rectangles octogonaux
Des spirales quadrilatères
D'insensées paraboles déroulent
Des sphères cubiques
Aux accents pointus
De graves hyperboréennes
Circonflexant d'un chapiteau
La plaine cruciforme
Où de noires volutes de couleurs
Epanouissent leurs ellipses

MONTEE DES LILAS

L'art se tranche à La Villette comme un vulgaire et commun entonnoir, cône turgescent des facilités mondaines à faire passer des lanternes pour des vessies, urticaire galopant des amputés tétras-lyres dont les missiles sont des suppositoires vaso-dilatateurs ou des boas constrictors, suivant qu'il s'agisse de ventiler les bronches ou de presser la purée. Employés aux écritures, un détartreur, subversif élégiaque, inonde de venin ou de sperme les cultures lénifiantes de la volupté en dentelles, un équarisseur égrène des osselets dans des runes sans mystère, un éclairagiste joue aux tarots sous des néons qui s'ensauvagent dans la douce clarté des petits matins crépusculaires. Le patron, un vieillard chenu comme un cep de vigne, compte jusqu'à un, juste le temps de voir venir en un éclair l'héritière de sa fructueuse affaire de négoce de carcasses, véritable amazone du charity-business, et sa répugnante progéniture, un ver à soie sans fil, montreur de marionnettes paraplégique dont les prestations de mime sont de nature à réjouir les facultés jésuites dans leurs enseignes fluorescentes. Famille de sept comme les points cardinaux, l'entreprise de fruits et légumes de la psychédélie prospère dans les transformations par irradiation, implosion ou salaison, suivant en cela les désirs de son auguste clientèle, troupes de zéro positif en conserve, salaisons coutumières de l'habitude, énucléées au monocle tombant sur la poitrine incendiée, de juteux profits dégoulinant le long des moustaches et babines des ces amateurs de viande carnée réconciliés avec les facteurs bios et environnementaux.

SOUNDS ONE

Le silence absolu
Est toujours relatif
On peut l'apercevoir
En haut du mur du son
Vérin de lumière
Aux très vertes fragrances
Ruisselant de ses fluides
Dans les veines arboricoles
Qui perlent les arômes
Des cordes d'une harpe

POPULATIONS EN TRANSIT

Les routes de fortune
Peuplent leurs horizons
D'images verdoyantes
A la hauteur mirifique
De l'étendue de leurs désirs
Manière de relever
L'arôme évanescent
De leur ordinaire
Qui du début jusqu'à la fin
Ne connaît que douceur

FILS DE LA GUERRE

L'artiste en poète
Est un monde sans alentour
L'objectivité lui est fidèle
Comme une absente héroïque

Insoumission aux règles
Des conventions délétères
Basées sur la raison
Des sirènes du profit

L'artiste en poète
Est le monde alentour
Transparent comme la foudre
Qui le porte sur sa main