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mardi, 01 novembre 2005

LA SOURCE DU SILENCE

Quand on a découvert la source du silence
Les bruits ne sont plus cause de nuisance
On n'emploie plus des termes comme honnêtement
Qu'on sait ne jamais respecter vraiment

Pour être, il faut se débarasser de l'avoir
Se rendre compte que tout n'est que petites histoires
Inventées en fonction de troublantes circonstances
Personne ici n'est le créateur de la danse

Ta place se trouve dans la contemplation
Tout le reste n'est que vulgaire agitation
Quand tu revendiques le bénéfice d'une action
Ton comportement ne peut s'appeler qu'usurpation

Avant que de prétendre à vivre, il faut être
Et, pour cela, se séparer du paraître
Toi qui te prétends poète, as-tu commencé
Ce chemin de dépouillement pour savoir qui tu es

AVOIR OU ETRE

Quelle est amusante cette citation
Quand on constate avec quelle obstination
Les hommes fuient la question
Qui détermine leur identification

On en trouve peu qui relèvent les yeux
Quand on leur demande qui ils sont
Dés qu'on fait des commentaires judicieux
Ils deviennent encore plus grognons

Les ombres admirent les mots spirituels
Mais fuient dès qu'on parle d'éternel
Le mental imprégné de données superficielles
Et la bouche de paroles essentielles

Enfin, c'est ce qu'elles prétendent
Surtout quand elles traînent en bande
Comment s'étonner que ce monde soit un enfer
Avec de telles prétentions délétères


d'après la citation d'Oscar Wilde (et de biens d'autres): "L'homme a cru qu'il importait d'avoir, alors qu'il importe d'être"

LA DOULEUR

La douleur ne peut être ta soeur
Que si tu te trouves dans l'erreur
De prendre ton apparence pour ton essence
La douleur se transforme alors en souffrance

La douleur est une propriété physique
Elle ne concerne que l'anatomique
Ton origine serait plutôt métaphysique
Et non pas vraiment organique

Tu n'es pas ce corps et il n'est pas tien
De ton refus de ceci naissent tous les chagrins
Dès que tu décideras de te désintoxiquer
Une large part de la douleur sera évaporée

Ce qui ne signifie en aucun cas
Que la douleur disparaitra
Mais plutôt qu'elle s'atténuera
A toi de comprendre ce choix

FAIRE ET DEFAIRE

Tout est vrai et son contraire aussi
Comment dès lors opérer un choix déterminant
Tout est juste et son contraire aussi
Distinguer le bien du mal n'est pas évident

Si on sort de ces concepts relatifs
Dont l'emploi n'est que facultatif
On se retrouve dans cette prairie virginale
Située dans un espace subliminal

De qui faire est-il le privilège
Cette question gènère un vrai florilège
De réponses souvent extraordinaires
Et cela aujourd'hui comme hier

Faire et défaire n'est pas de notre ressort
L'enfer est pour ceux qui sont en désaccord
La contemplation est notre seul trésor
Et la manière de manifester notre accord

NAISSANCE ET MORT

Franchir des jungles et des vallées
Des précipices, d'autres contrées
Combien est long ce chemin de misère
Qui conduit l'homme à travers les enfers

Tout cela pour cueillir l'illusion
D'une insipide et quelconque satisfaction
Qu'il faudra abandonner le moment venu
De repartir à l'origine tout aussi nu

Entre ces deux étranges moments
Que ne sépare qu'un court instant
Des rêves de gloire seront passés
Une existence se sera écoulée

Qu'on aura essayé d'occuper
Avec de bien futiles activités
Plutôt que d'en profiter aimablement
Et de rendre grâce à l'Amant

Au lieu de cela, on aura essayé
D'accumuler toutes ces vanités
Que beaucoup seront incapables d'abandonner
Le jour où il faudra s'en retourner

L'insatisfaction est le moteur
De cet univers de flambeurs
Qui ne créent que des horreurs
Dont ils revendiquent l'honneur