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mercredi, 02 novembre 2005

LE SERPENT

Que représente donc le serpent
Des animaux le plus intelligent
Une partie d'une histoire lointaine
Concernant la tragédie humaine

L'erreur se reproduit tous les jours
A chaque époque sous de nouveaux atours
Le mécanisme est toujours identique
Les conséquences toujours aussi tragiques

Vous pouvez toujours essayer d'expliquer
A ceux qui se prétendent l'humanité
Par quoi ils sont tellement enivrés
Et vous verrez qu'ils vous riront au nez

Alors pourquoi pleurer sur leur sort
Dans leur malheur ils sont d'accord
Ce n'est pourtant qu'à l'heure de leur mort
Qu'ils comprendront où est le trésor

RELATION

D'où viennent les formes que nous voyons
D'où provient le sens que nous leur prêtons
Si "qui suis-je?" reste sans réponse
Quelles sont ces portes que l'on enfonce

"Je" communique avec "toi" en projetant une image
De "toi" et de "moi", tu projettes un autre paysage
Quelle est alors cette étrange relation
Entre deux ombres et leurs multiples projections

Peut-on d'ailleurs appeler cela relation
Tant il y a dans ce fait d'omissions
Alors comment qualifier celui qui prétend
Tout seul créer un semblant de Vivant

De ce miroir jaillissent de foudroyants éclairs
Qui illuminent de particulières atmosphères
L'onirisme règne ici en tyran et en maître
Dans cet univers basé sur le paraître

LA POLITESSE

La politesse n'est que conventions
Emises par un mental et son agitation
Réfugié derrière cette barrière de soi-disant civilité
On se permet les pire méfaits

Les réactions à ce type de poèmes
Trahissent l'ampleur des problèmes
On perçoit les limites du sens de l'humour
Ainsi que la sècheresse du manque d'amour

Je sais que je ne sais rien
A dit un célèbre athénien
Pouquoi voudrais-tu que je prétende
Alors que de ceci je me recommande

Ici il n'y a que profonde amoralité
Là où tu vois l'inverse codifié
C'est toi qui fais le bien et le mal
Et non pas ce miroir virginal

Ici personne ne prétend être l'auteur
De ces quelques lignes écrites avec ferveur
A qui donc adresses-tu ces mots
Toi le poète charmant et beau

LA CURIOSITE

Il n'y a que la jeunesse pour être curieuse
L'adulte se retrouve un jour laborieuse
La personne agée devient soupçonneuse
Pour toutes, c'est l'heure tènèbreuse

Celle qui découvre la joie sans raison
N'éprouve plus ce besoin de cognition
Pour elle tout est absolue perfection
Elle est débarassée du désir de la possession

Tout se trouve dans la question initiale
Sa réponse fournit un point final
A toutes les pérégrinations vespérales
Et à toutes les souffrances imaginales

Ils sont bien peu à vouloir oser affronter
La claire vision de la simple et nue réalité
La plupart d'entre eux préfèrent se cantonner
A gérer un maigre capital d'illusions éventées

VEILLEE

Personne ne veille sur une absence
C'est ce qu'apprend la conscience
Soit tu apprends la Présence
Soit tu n'es qu'évanescence

Qui peut mieux veiller sur toi que toi
encore faudrait-il que tu sois là
Mais qu'est-ce qu'être présent à Soi-même
Ce qu'il te faut découvrir par toi-même

Tous ces mots qui glissent de Soi à Soi
Eveille un sourire en pensant à toi
Comment vont-ils se projeter sur l'écran
De l'individu que tu te prétends

Par instants, j'aime à t'envisager autre
Dans un univers que je souhaiterais nôtre
Ce ne sont que de courts moments
Que je vole à l'instant présent