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mercredi, 16 novembre 2005

OBSCURCISSEMENT PERMANENT

La pensée est ce par quoi tu es obnubilée
C'est ce qui t'empêche d'être en réalité
Tout ce qui sort d'elle est conditionné
Comme venant d'un robot bien programmé

La Vie est en dehors du champ de la pensée
Pense à hier tu n'es qu'en virtualité
Pense à demain tu n'es qu'en délires projetés
L'instant présent, tu l'as laissé échapper

Peut-être serait-il judicieux que tu vois
Qui pense, c'est sûr que ce n'est pas toi
Si c'était le cas, tu pourrais sans forcer
Arrêter de penser dès que le voeu en serait formulé

Prend le temps de digérer cette évidence
Un excellent moyen d'étalonner ta conscience
Un étrier pour éventuellement sortir de l'ignorance
Mais dis moi, qui pense en permanence

AU-DELA DU SENSUEL

Sais-tu aller au-delà de l'animalité
Que tes mots savent si bien transcender
Crois-tu à cette enveloppe être confinée
Ou sais-tu que ceci n'est qu'apparence limitée

Ta pensée est largement transformée
Par une vision amplement fantasmée
Tout ceci n'est en fait que virtualité
As-tu les moyens d'accéder à la réalité

Es-tu capable de cette prison sensuelle
D'aspirer à retrouver l'Etre originel
Caché dans cet amas de pulsions charnelles
Peux-tu retrouver l'inspiration rebelle

Quand la caresse de la nuée
Sur ton corps s'est posée
Quand le feu de toi s'est emparée
Et que le brasier s'est enflammé

Quand tout autour n'est qu'infinie béatitude
Que l'univers est ta merveilleuse solitude
Que pour l'Amour tu prouves enfin ton aptitude
Ressens-tu ce qu'est cette profonde plénitude

RESPIRE

Cherche donc les doigts invisibles
Qui te guident dans ce parcours sensible
La forme de ton poème est magnifique
Le sens en est plutôt tragique

Que peut bien signifier mourir
Dans ce monde d'inspir et d'expir
Est-ce grâce à toi que ce corps respire
Alors même que tu prétends en jouir

Cherche donc d'où provient ce Souffle
Avant que dans ta course tu ne t'essouffles
La réalité rattrape toujours les projections
Fantasmées générées par notre prétention

Si courtisane du plaisir est ta vocation
Sache que souffrance est son autre nom
A ne pas reconnaître ce phénomène
Ne t'étonne donc pas s'il arrive problème

CONFIANCE MAL PLACEE

Tu ne parles là que de l'existence
A côté de la Vie, elle n'est qu'insignifiance
A un mental tyrannique tu fais confiance
Alors que tu es soumis à son arrogance

Je suis ce corps est une pensée erronée
Qu'il a créée et dont tu t'es enivré
Trouve donc le royaume de la non-pensée
Et tu verras à quel point il t'a trompé

La sexualité ne donne qu'un plaisir animal
L'érotisme n'est qu'une prétention mentale
Il suffit d'un reportage animalier
Pour comprendre cette sombre réalité

"L'homme naît, souffre et meurt" est la loi
Pour celui qui se contente ici-bas
De s'identifier à son apparence
Refusant ainsi de sortir de l'ignorance

Le mécanisme corps-mental est un cheval
Monté par un cavalier subliminal
Si au cavalier suffit la nourriture de l'animal
Cela donne ce résultat somme toute banal