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lundi, 21 novembre 2005

MIRAGE

Mirage est le terme qui convient
Pour décrire cet horizon lointain
Qu’aperçoit la conscience endormie
Et qu’elle prend pour la Vie

Une caverne ancienne le racontait
Bien d’autres depuis l’ont narré
Ce fantôme pris pour la réalité
N’a guère de substantialité

Mais l’illusion est tenace
L’ego ne veut pas lâcher sa place
Il est content de son domaine
Même s’il sait que sa quête est vaine

On s’entretue pour des idées
C’est là le règne de la vanité
Tout le monde se prend pour Dieu
Une vraie bande de prétentieux

Peu ont trouvé le courage
D’affronter ce terrible naufrage
Ils préfèrent tous se réfugier
Au fond des caves tu les trouveras terrés

Combien doivent se réveiller
Cette réponse personne ne la connaît
Quel combat doivent-ils mener
Ce n’est pas moi qui le dirai

Ne crois pas que je sois responsable
De ces poèmes admirables
Ces messages te sont destinés
De leur usage, toi seule est concernée

MAUVAISE DIRECTION

Tu regardes dans la mauvaise direction
Va au fond de toi, tout au fond
Là se trouve la solution
Ailleurs ce ne sont qu’illusions

Si tu leur laisses le contrôle
Cela ne te sera pas vraiment drôle
L’Amour n’a pas besoin d’altérité
Il suffit de le laisser rayonner

Si tu écoutes les ombres
Elles te maintiendront dans la pénombre
Ces ersatz d’affects qu’elles appellent amour
Ne sont que vides et creux discours

Seul servir veut dire aimer
Tu en trouveras peu pour le confirmer
Ce ne sont pas deux trois bisous mal léchés
Qui t’amèneront la sérénité

ENFANTS

La connaissance de soi est la seule qui compte
C'est elle qui préside à la naissance du monde
On ne sait que dire sinon qu'elle est incontournable
C'est l'ignorance qui rend les ombres imperméables

Ce brouillard ténébreux qui envahit les âmes
Est aussi vénéneux que du poison ou de la came
Tous sont immergés dans cette crasse
Et fuient quand de la Lumière on pointe la trace

Comment peut-on prendre au sérieux tous ces enfants
Dont le bac à sable ne produit que cris et hurlements
Il y en a même pour se prétendre responsables
Alors que de reconnaissance, ils sont quasi incapables

Que peut-on faire pour cette humanité à peine ébauchée
Qui ne sait qu'aller tristement de charnier en charnier
Dévorée par le plaisir, le désir et l'avidité
Sans nulle autre aspiration que de continuer à consommer

ENCORE L'APPARENCE

Que de vaines querelles autour d'une apparence
Qu'elle soit physique ou psychique, aucune importance
Seul l'Absolu peut servir d'étalon-valeur
Or tous vos cris ne sont que relatives rumeurs

Quelles que soient les raisons pour lesquelles
Le mâle a été choisi par la femelle
On ne sort toujours pas du règne animal
Qu'on évite donc de parler d'idéal

Le jour où vous souhaiterez devenir des Hommes
Vous abandonnerez ces référentiels indignes de personne
Il faut dépouiller les habits du vieil homme
C'est à ce moment-là que le tonnerre résonne

Il est évident jusqu'à preuve du contraire
Qu'ici est le royaume de l'éphémère
Il est un autre monde moins ordinaire
Qu'on découvre quand cesse la guerre

Qu'on arrête également de qualifier d'amour
Ce jeu tordu où des primates se font la cour
Il n'y a bien que des enfants
Pour rester dans cet état d'égarement