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mardi, 31 janvier 2006

LE SECRET DU REFLET

L'autre à l'existence insupportable pour l'ego
Est-il le coté obscur de la lune sucrée
En quoi ce reflet égotique est-il plus beau
Que celui qu'à moi j'ai voulu identifier

Comment de ce prisme aux six milliards de reflets
Peut-on qualifier l'une de ces flammes de meilleure
C'est là s'arroger un discernement secret
C'est plutôt là conclusions d'un vilain menteur

Même le dernier des malfaisants est ton égal
Seuls le nient l'orgueil et la prétention létale
C'est en le jugeant mal et en le condamnant
Que tu crées là ton pauvre univers de tourments

Tu te sers de lui pour réhausser cette image
Dont tu veux embellir artificiellement
Le décor, pour qu'on prenne ce fictif paysage
Pour un trésor, alors qu'il n'est que pur néant

L'autre n'est que pure projection d'un certain regard
Comme l'est ton image si tu regardes sans fard
Ne crois pas valoir beaucoup plus que ces reflets
Dont l'éclat du diamant renferme le secret

SORTIR DU MONDE

Pour définir ce qui serait propre à ton être
Il importe de se séparer du faux paraître
Ta nature n'est rien de ce qui est apparent
Dans l'objectivation, tout ce qui est te ment

Ce personnage incarné te plait fortement
Tu as appris à l'apprécier depuis le temps
Mais ce revêtement n'est qu'un habit de peau
Comme la psyché n'est qu'une forme, un oripeau

Oublier n'est pas le terme adéquat pour dire
Discriminer est plus approprié au fait
Qu'il faut considérer les divers souvenirs
Comme inventions plutôt que comme des vrais effets

Pour être au monde, il faut réellement renoncer
A ce qui constitue le sel de l'existence
Cet agrégat de menus plaisirs égarés
Au milieu d'un océan appelé souffrance

COLPORTEUR

Celui qui cite ainsi la divine comédie
Tout en se complaisant dans le jugement hâtif
De lui qui appelle guide un bouffon ébloui
Où est-il cet intellect si impératif

Se complaisant dans le jugement de valeur
Dans un univers d'images sans réelle saveur
Tu parles d'humain, l'ami, mais tu te conduis bien
Comme un colporteur de rumeurs pleines de chagrins

Si ton âme se plaisait dans l'émerveillement
Lirait-on ce discours, pluie de superficiel
Où est-il ton beau chant de gloire resplendissant
On ne voit là que citations artificielles

Du prêt à penser, recyclage mental, nada
Où donc est passé l'humain dans son essentiel
Dans ce roboratif discours convenu et plat
Pardon, mais là-dedans, aucun signe d'éveil

Ceci n'est qu'un regard que tu trouves déplaisant
Es-tu capable de t'y confronter humblement
Rien de ceci n'est sorti du crâne d'un dément
Humain dis-tu? pour le montrer c'est là l'instant