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mercredi, 08 mars 2006

VARIANTE ARDENNAISE

Je t'ai vu, fonctionnaire besogneux de la rime
Transpirer abondamment pour donner l'air serein
A toutes ces images navrantes et si minimes
Que tes piètres paradis te soufflaient en vain

C'est de l'oeil du voyant que coulent les mots d'or
Dont les senteurs pénètrent les coeurs amoureux
Ce n'est que l'union des contraires le trésor
Dont les fragrances inodores jaillissent des yeux

La beauté pure n'a jamais créé de désastres
Ce n'est que le désir qui transforme en vauriens
Toutes ces formes creuses que la possession castre
Avidité qui est de l'animal le bien

La beauté est une goélette sans foc
Dont l'océan sans fin s'appelle le Vivant
Nul rivage n'apparaît sur cette mer sans roc
Amour et sérénité en sont les Puissants

Pas besoin de bougie dans ce brasier réel
La lumière provient de l'intérieur du héros
Consumant tous les voiles du très superficiel
Pour irradier et imprégner tout le château

Les images ne sont que des fantaisies accortes
Projetées par l'aliéné privé de la vue
En Amour nul n'a aucun besoin de cette sorte
Dévoré par la réalité vive et nue

Pour l'âme perdue dans le dédale des phénomènes
Ces artifices sont des bouées de secours
L'Amoureux ne demande ni faveur ni étrenne
Ruisselant qu'il est des senteurs des plus beaux jours