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vendredi, 05 mai 2006

TERRE NON PROMISE

Aucun pays n'est mien, je règne sur un désert sans limites. Pourquoi devrais-je échanger cet espace gigantesque et illimité contre un hexagone querelleur empli de désagréments ou toute autre forme de terre sans consistance? La patrie, c'est le Père et le Père n'est pas une forme géopolitique artificielle dont on tire profit. La Mère, quand vous en accoucherez, vous anéantira et vous remettra à votre juste dimension. Autant le savoir, plutôt que de s'égarer dans des concepts pathétiques et dépourvus de substance.
En quoi devrais-je aimer cette oligarchie corrompue qui s'appelle démocratie française? En quoi devrais-je aimer ceux qui, partageant la même langue que cette forme à laquelle on m'assimile, ne s'en servent que pour produire des obscénités grotesques? En quoi devrais-je aimer ce soi-disant revêtement pseudo-culturel qui ne sert qu'à faire briller des ego vaniteux et dépourvus de moëlle amoureuse? En quoi devrais-je aimer les pseudos-valeurs d'une société qui laisse mourir de faim 135 millions de personnes par an?

Patrie d'élection, patrie de coeur, patrie de naissance, terre maternelle, terre d'adoption, autant de synonymes pour qualifier ce qui n'est que votre intérêt égotique et absolument rien d'autre. Quand l'intérêt est lésé, les choses sont injustes. Elles ne redeviennent justes que quand il est satisfait. Aujourd'hui, celui qui dit "droit" ne pense en fait que "privilège".
Bon, on sort quand de l'infantilisme?