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dimanche, 30 mars 2008

QUOTIDIEN SPECTRAL

S'éveiller et sourire

Lentement
Pas d'urgence à le faire disparaître ce sourire

Respirer
Plutôt lentement
Plus la lenteur s'exprime
Plus l'instant est long en bouche

Faire durer le plaisir de l'instant
Se laisser palper par la douceur

Brûler
Doucement
Sur place

La pensée au pied
Assise

Dès qu'elle court
Derrière un papillon
La rappeler
Au pied

Respirer
Doucement

Brûler
Toujours

Sourire et se coucher
Tranquille

CACHEMIRE ECSTASY

Le prix des lilas se retrouve
Sur l'avenue des glycines
Où d'étranges améthystes
Badinent avec les violettes
De la floraison purpurine
Mauve est le temps qui s'ensorcelle
Dans les fleurs de prunus
Pendant que les étoiles safranées
Jonglent avec de violines étoles
Dans les embruns sauvages de la pourpritude

FROM READING

Derrière l'enfant qui lit
Face aux sunlights
Sur la véranda des vacances
La porte de la nuit
Est toujours ouverte
Pour les écritures pourpres
Sourires de satin
Ebauches des fleurs de désert
Feedback de l'ordinaire
A l'irradiation primordiale

BONHEUR MEURTRIER

Le bonheur est dans le pré
Où nous sommes assis
Il rayonne la douceur
Sans se soucier du temps
Qui passe sans s'écouler
Loin des peurs en tous genres
Il écoute le chant de l'eau
Et le ruissellement du vent
Qui danse sous les étoiles
Que parsèment ses yeux

TUER LES THERAPIES

L'intention thérapeutique
N'a aucune légitimité
Dans l'objectivité du poème

Dans sa formulation
Elle est un effluve d'arrogance
Une émanation de pseudo-connaissance

Le poème est un étron merveilleux
Une cascade d'incandescence
Un rafraîchissement instantané
Un baume sur le front du printemps
Une écharde de velours brillant
Sous les écorces liquides du langage

UN BRILLANT PLOUF

La compréhension est une forme
L'avidité du processus mental
Enivré par ses propres excréments

Les peintres de la rusticité
Veulent toujours évoluer
Vers plus de design high tech

Scindant les brins d'herbe en quatre
Ils croient repeindre les pelouses
Et agrandir les champs de la vision

Un solitaire au doigt
L'amateur de friches surréalistes
Contemple les jachères autopropulsées

AU PASSAGE DU DOCTRINAIRE

Le doctrinaire ampoulé
Oublie le fil de tungstène
Qui fait luire l'obscurité
Dans le magma insipide du langage
Il présente sa vanité
Son amour de la querelle
Et s'étonne des critiques
Alors que sa seule intention
Est d'entrer en polémique
Un large sourire illumine
Son opéra grandiloquent
Qui s'effiloche dans la nuit