samedi, 29 mars 2008
MERVEILLE A L'OEIL
Le pays des larmes
Sert à rafraîchir le désert
Et l'absence de mémoire
C'est un onguent magique
Un baume pour soulager
L'envie de propriété
Le pays des larmes
Est une source de cristal
Une cascade miraculeuse
Dans la fournaise des étés
Où les alcools montent
Pour exacerber les passions
23:01 | Lien permanent | Commentaires (0)
NO QUARTER FULL MOON
La vérité, même subjective, est un torche-cul pour gras du bulbe, une ablation de péridurale qui n'atteint que des fragments sous-cutanés, voire des résidus d'éosine. Dans le vertige multidirectionnel s'inscrivent toutes choses comme étant des vérités premières, donc des mensonges, donc des choses sans importance aucune pour qui discrimine allègrement les fantasmes polystatiques qu'élabore la mécanique roborative. Des peintres en bâtiment décapitent les langages abscons, leur langue parle l'arc-en-ciel, caresse les poitrails de senteurs supraluminiques, enlumine le revers des mots de communication infrastable, plus enjouée que les plus savants codes de cryptage. La langue est noire pour les artificiers du clandestin, pourpre pour les nocturnes de Chopin, verte pour les orpailleurs mexicains. Dans les tatouages du jasmin, n'importe quel passant sait reconnaître les effluves démystifiés qui enveniment de leur saveur les tempéraments d'arlequins, n'importe quel assassin voit luire la marque d'entrelacement sans friction qui régit les arabesques et les hyperboles des champs non-mathématiques, n'importe quelle sirène entend la réverbération de ses paroles dans les mots qui constellent le parvis d'argent, qu'importe donc les oppressions présumées qui gèrent les rizières de la poussière abrasive, l'instant se suffit à lui-même, il rayonne sans souci.
20:41 | Lien permanent | Commentaires (0)
AU BON VOULOIR DE LA POUSSIERE
Les juges sont toujours
De fabuleux poètes
Arc-boutés sur de sages principes
Qui régissent les règles
De syntaxes périmées
La poésie s'amuse
Sans se faire de mouron
Dans son sourire de miroir
Se reflètent en technicolor
Les récoltes des semeurs
20:23 | Lien permanent | Commentaires (0)
RITUELS
La souffrance est un rite
De propriétaire
Comme le plaisir
Dont elle est une variante
Créée par le même phénomène
La responsabilité est du ressort
De l'action
Mais la réelle action est non-action
Que dire donc du reste
Qui n'est qu'agitation
20:16 | Lien permanent | Commentaires (0)
PUSHER TIME
Un dealer de crack
Passe le long du trottoir
Comme un blues sanglant
Venu du fond des steppes
Un yatagan dans les yeux
Sur le bitume des nuits sans lune
L'ombre réverbère la cocaïne
Dans les sanglots du mascara
Qui joint les pieds sans fond
Dans une ultime cabriole ensorcelée
19:58 | Lien permanent | Commentaires (1)
RUN CITY
Prendre l'autoroute du pétrole, heavy metal industry, burn baby burn, des gyrophares plein les yeux, le son du tungstène dévorant l'espace entre chaque synapse, des scies bouillantes exécutant la danse du bourdon dans d'innombrables éclairs au satin venimeux comme des trachées sans artères. La fièvre jusqu'au bout des doigts respire l'électricité active, le tempo des lettres fauves augmente sans qu'il ne soit possible de faire autre chose que suivre le rythme enivrant des motorisations de plaisance comme un cimeterre lancé à toute allure sur un festival de décapitations. Dans un éboulis de crevasses bleues, l'autoroute se fragmente en mille sensations dévergondantes, étendant ses ailes de velours sur des abribus en titane phosphorescent, sillages d'étoiles qui devisent gaiement avec les électrodes déplantées des moteurs auxiliaires, un hélicoptère affamé déhanche sa valse dans une éruption sanguinaire de royales cargaisons de napalm aurifère, des tatamis hurlants acrostichent les nuages de suavité dans des spirales borgnes armoriées d'argent liquide, cash machine qui torpille le bootleg des cocktails molotov qu'un intime dépavé lance sur les décombres survivants de cette gentille balade.
19:16 | Lien permanent | Commentaires (1)
BIJOUX PRECIEUX
Les colliers d'amertume
Sont comme des pièges à loups
L'empreinte de leurs crocs
Luit sous le langage et le sens
Des prisonniers de la langue
Dans leurs perles acides
Brille la saveur domestique
De canines trop usées
Pour chercher le sauvage
Tout juste bonnes à mordre la poussière
17:51 | Lien permanent | Commentaires (3)
JUSTE UN CHANGEMENT D'UNIFORME
Les poètes ne souffrent pas à Sobibor
Ils voient la nature à l'oeuvre
Ils entendent Zoran Music dire
Nous ne sommes pas les derniers
Ils voient les bourreaux d'hier
Devenus bourreaux aujourd'hui
Venir fleurir hypocritement
Les tombes des victimes d'hier
Pour s'exonérer de celles plus nombreuses
D'aujourd'hui et de demain
17:14 | Lien permanent | Commentaires (2)
CALAMITY JOHN DOE
Les gros mots sont pour les sérieux
Qui n'osent plus faire des pipes
Ou effeuiller les marguerites
De leur catatonie temporelle
Dans leurs miradors souterrains
Les cunnilingus du cristal
N'ont que faire des borborygmes asthmatiques
Des vieux neurasthéniques
Au pays de la bandaison pourpre
Les enfants pédophiles sourient
De voir Georges ramer dans sa jungle
De grammaires pathétiques
Les défloreurs de syntaxes frigides
Adorent les viols académiques
Et le ronchon des impuissants
Qui font admirer leur vétusté
14:46 | Lien permanent | Commentaires (1)
VIEUX PIPEAU MALODORANT
La politesse comme un vernis
Sur les sous-couches de cellulite
Comme un parfum artificiel
De savoir-paraître ou de savoir-vivre
Garanti pur aromate d'OGM
Politesse d'armure au grain grossier
Toile émeri revêche
Qui croit encore que la fellation
Se fait avec les dents
Sur des sarments de poussière
14:01 | Lien permanent | Commentaires (0)
VIE POST COMBUSTION
Avec le feu
Brûlent les tourbières
La matière rouge
Les liquides noirs
Les eaux-fortes et les sanguines
Avec le feu
Naissent les prairies
Douves comblées et châteaux arasés
Le temps du blizzard
Qui fait vibrer la flamme
10:58 | Lien permanent | Commentaires (0)
CAR CRASH FANTASY
Caracolent les gunners sur leurs Mustangs rouges, apocalypse pour un massacre, El Alamo à chaque carrefour, El Alamein sur les tranchées oblongues du désert blanc. Les légendes urbaines se construisent telles des fleurs sur des bidonvilles, la sève de pyroglobine alimentant les extases issues des terrils de faïence, des maracas répondant aux congas dans les symphonies muettes des tambours du Queens. Guerre des gangs dans la ville des anges, des rails de cocaïne jouent au Pony Express comme des tambours arabes sur la dune du Pyla, feux de joie incandescente, amers bordant des rivages vikings sur lesquels Freyja indique le chemin de la vingt quatrième rune, cimeterres andalous portant des damasquins évanescents sur les tatouages de henné. Une Corvette Sting Ray cadre les paysages empourprés dans les faisceaux lasers qui gyroscopisent son aménagement intérieur, un tête-à-queue virevolte le long d'une piste de ski argentée tandis que s'envenime le wheel burning d'une Dodge Viper qui éclabousse de ses embruns incendiaires la meute des Lamborghinis Diablo dans un froufrou de spoiler aux arômes de cobalt.
10:35 | Lien permanent | Commentaires (1)
PYTHIEFUL
Le poète surgit
Un matin de printemps
Des fleurs dans la bouche
Des épées dans les yeux
L'ouvrier se découvre
Bronzant sous le soleil
D'un plein hiver
Du givre au bout des dents
L'enchanteur naît
En guise de synthèse
Vil amant ou divin tueur
Mélange d'assassin et de call-girl
09:47 | Lien permanent | Commentaires (1)
LE TEMPS DU VENT
Jamais le vent ne referme
Le verrou de la porte
Qu'une brune a ouverte
A quoi servirait donc
D'enfermer dans un taudis
L'immensité des merveilles
Qui peuplent l'espace infini
La joie est le fruit
D'une porte ouverte
Sans espoir de retour
09:31 | Lien permanent | Commentaires (1)




