mardi, 01 avril 2008
HORS CONCOURT
Au pays des merveilles hallucinées, le chocolat et le sucre sont les unités monétaires de référence; aussi, chaque strapontin emplit-il tous les ans son bulletin de vote blanc, pas galactique pour deux sous, pour que soit élu le meilleur baliverneur de l'empire. Plutôt que de récompenser les ventilateurs qui brassent dans l'écume des jours anciens, le conseil anarchique préfère donner sa chance aux nouvelles pousses d'ergot de seigle qui ont su faire mousser abondamment leurs pintes de charbon délictueux, les aromatisant au plaisir, à la jouissance ou au désespoir, enfin à tout parfum créateur de frissons volatils, voire à la semence d'enluminure de foudre pour les plus habiles. Les jeteurs de sorts qui lèchent les bancs de l'assemblée des vespasiennes sont aussi admis dans ce florilège de colchiques au tronc conique, au même titre que les antilopes venimeuses ou les aspirateurs-arrosoirs, aucune population de sornettes n'est exclue, de manière à favoriser l'émergence de nouvelles variétés de betteraves, aptes à sensualiser au maximum les planches de poussière que la mer réhydrate de son fluide ascétique. Le Primat des Gaules se voit offrir en guise de trique une corbeille de mirabelles directement issues des élevages de plancton sidérurgique de Sa Seigneurie Le Pitre Suprême, à charge pour lui de la faire fructifier abondamment pendant toute la durée de son siège éjectable et en espérant que son retour d'orbite lui permette d'être présent pour l'élection suivante qui se déroule généralement le lendemain de son couronnement.
16:03 | Lien permanent | Commentaires (0)
DANS LES SEGMENTS
Etre là
Personne ne fait rien d'autre
Qu'être là
En absence
Bercé par les flonflons de la valse
Et de l'accordéon désaccordé
Voir
D'accord pour voir
Mais sans interpréter
Entendre
D'accord pour entendre
Pourquoi ne pas commencer par écouter
Au préalable
Sans tronçonner
09:22 | Lien permanent | Commentaires (2)
CONJONCTIVE
L'épitaphe de Loyola
N'est pas un impossible
Elle tient du paradoxe
Généré par une vue objective
Centrée au plus profond du subjectif
Böcklin peint sans cesse
L'île aux morts
Sans dire que la vision
Se passe des yeux
Et de l'interprétation mécanique
L'étendue est vaste
De par le truchement des sens
Il en apparaît de plus vastes
Dans un minuscule écrin
Quand meurt la paronomase
09:08 | Lien permanent | Commentaires (0)
LES VERSANTS SUISSES
La propreté suisse
Est celle du blanchiment
Des déchets de l'humanité
Propreté de l'usurier
Qui bénéficie de la manne
De toutes les dictatures
Et du recyclage industriel
De toutes les dépravations
La sauvagerie suisse
Se trouve loin des villes
Dans l'universalité non assujettie
Elle pollue la bien-pensance
Et ses émanations embourgeoisées
Qui lui inventent parfois
Des musées et des stèles
Pour camoufler leurs malodorances
08:16 | Lien permanent | Commentaires (0)
FEMMES A ABATTRE
Au moins un homme sur terre
Comprend et ne juge pas
Ce qu'il voit se lever
Dans les bras de l'aurore
L'obscénité est une couleur de pensée
Revendiquée par une courtisane
Qui se la joue sans savoir
Inventant la vérité
Comme un profond trou noir
Le brûlé qui connait la patience
Joue aux dominos nucléaires
Sans s'inquiéter de l'épaisseur de la brume
07:49 | Lien permanent | Commentaires (0)
D'IRREELLE BARRIERE
Rompre la rupture
Comme une défragmentation
Retour au disque dur
Sous le sceau des vestales
Un cercle dont la forme
Est une stylistique de flamme
Dévore amoureusement
Les empreintes écarlates
Dans l'essence de digitale
Rupture à rompre
Comme le pain du crépuscule
Qui ouvre le petit déjeuner
Par le siphon où s'engouffrent
Les marées de coriandre
Rupture à rompre comme une camisole qui agite les bras dans l'idée de remuer la mer qui se referme en sables mouvants tant que l'idée de flottaison n'a pas atteint le nerf optique des fleurs de privilège
Pas de rupture à rompre
Dans la clarté obscure
De l'eau par laquelle transparaît
L'unité d'un sourire
Aux ailes d'argent
07:40 | Lien permanent | Commentaires (1)




