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samedi, 22 novembre 2008

GROOVE ON THE MOVE

Rien n'arrête une vague immobile
Rythmée par le tempo des cils
Sur le velours de la nuit

Rien n'arrête une danse de feu
Que l'incendie lui-même
Et son souffle profond

Brûlent les brocarts de soie
Les pourpoints roses
Les linceuls noirs et blancs
Jusqu'à la transparence de la trame

FLORAISON DES TOILES

Ecrire et laisser dire les cascades de miel quand elles déversent leurs kilotonnes d'uranium appauvri sur les steppes où flânent des loups efflanqués aux crocs acérés qui jamais ne trouvent de gibier en-dehors des potences sur lesquelles sourit l'écho des pendus aux yeux écarlates.Ecrire ce qui vient, comme elle vient dans son costume d'amazone aux traits empennés d'acide et de sucre, écrire comme on tue une ombre en l'écartelant au soleil de minuit, écrire dans la caresse du viol et de la restitution des armes. Laisser dire le monde par ses reflets infinis, monochrome aux couleurs fabuleuses, bestiaire délictueux de toutes les saveurs d'inconnue, étincelle d'alphabet qui déclenche la poudre d'escampette dans des moteurs sans implosion autre que les volutes de la supernova resplendissante d'atonie. L'orage sourit toujours aux amoureux, quel que soit le sort que l'imaginaire leur réserve dans ses torrents de soie et ses larmes de sang.

EN CLEF DE VOUTE

La parole s'autorise d'elle-même
Nonobstant les désirs
D'imaginées propriétaires

Dès le départ des courses
Elle est constituant primordial
Ordinaire sans effort

Elle se dévergonde effrontément
Du bas de son libre-arbitre
Papotage sans conséquence
Qui habille les paysages

INDICE D'INGREDIENT

La honte est une hirondelle
Aux contours cristallins
Starlette évanescente
D'opéras comiques
Montés sur les planches
Par d'augustes auteurs

Pas de honte hors spectacle
Le touriste s'en réjouit
Passant insignifiant
Dont le sourire d'épervier
Illumine le poignet
Sur lequel il repose

EMBARQUEMENT IMMEDIAT

La musique chez les sérieux
Hante les pagodes
Du tourisme fluvial
On croit connaître ce qui croît
Sans qu'on s'en aperçoive
Algues autonomes
Dessinant des ellipses
Sur le ciel clair
Des mandarines obsidiennes
Qui voient des gouffres touristiques
Sur les plaines étincelantes
Où ruisselle l'argent

SURF DE NUIT

Laisser l'abandon sculpter
Le corps du délit
Dans la danse des merveilles
Sur le fronton des écumes de granit

Contempler le traçage des balles
Fumigènes ou incendiaires
Qui démantèlent les bastions
Dans le rayonnement du cathéter

Pas de construction
Des évolutions des métamorphoses
Figures de style sans échelle
Jeu de piste sur route déserte

VOIE DES VOIX

Le minimum est au fond
Et remonte à la surface
Sous d'innombrables formes
Dont l'aspect dérisoire
Présente l'intérêt
De n'en avoir aucun

Le minimum syndiqué
Discerne sans complexe
Le halo de sérigraphie
Qui nimbe n'importe quoi
Et lui octroie le label vert
Des écologies surréalistes

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