Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

mercredi, 17 décembre 2008

CUL SEC ET SANS FAUX-COL

Veille d'ivresse
C'est déjà l'ivresse
Boire des flocons de plutonium
Aromatisés à la lavande

Veille d'ivresse
C'est sec comme une ivresse vieille
Une gueule de bois
Bonne pour la flambée

Vieille ivresse
Celle-la c'est de la bonne
Une mirabelle à l'ancienne
Comment ça picole par ici

A LA NATURE

Le visage de la nature
Est peut-être un arbre
Mais rien n'est moins sûr

Pour le savoir
Il faudrait au préalable
Etre certain
D'avoir déjà vu un arbre

Pas un arbre
N'est venu jusqu'à cette porte
Que sont donc ces figures
De nature morte
Qui défilent au pas cadencé

ENCHAÎNEMENT

Tais ton nom d'esclave
Les sérieux aiment l'autonomie
De leurs croyances
Leur gesticulations laborieuses
Qu'ils appellent des actes
Toutes les grimaces
Dont ils sont persuadés
Qu'elles contiennent du signifiant
En doses massives
Tais ton nom d'esclave
Souris et laisse faire
Le fouet ou la caresse

AU NOM DE L'IRRESPECT

Débander les parfums
C'est comme se poser
Sur un nuage sans rouage

La joue câline
La moue puérile
Sur un sourire d'enlumine

Regarder les parfums
Se transformer en couleurs
Les cajoler pour en faire
D'irrespectueuses saveurs

TENU POUR DIT

Surhumaine par nature
Constat de l'implacable
Des couteaux entre les mains
D'une enfant trop sage
Pour ne pas dépecer
Ce qui doit l'être
Promesse permanente
D'un féroce printemps
Du chocolat partout
Un éclair au milieu
Le dessert du désert
Un beau bouquet d'agrumes

BOIRE EN CAMION

Tu cours tu cours
Tu sens le vent
Tu vois les néons qui brillent
Des ambulances des taxis
Le manège enchanté
L'ancienne inharmonie
Que le mur du son te révèle
Quand tu profites d'un instant
De lucidité ou d'inattention
Pour t'asseoir dessus
Et boire une chopine
D'hydromel à la foudre

WHAT ELSE

L'histoire commence toujours
Par des rires d'enfants

Toujours

Il ne peut en aller autrement

D'ailleurs existe-t-il d'autre son
Que le rayonnement
Du cristallin amoureux
Des cascades de pluie
Peuplant l'air
De voluptés sans suite
D'idées sans avenir
Et de passé décomposé

BARNUMISME

Comme un trépied
En forme de cheval fou
Qu'une écuyère fait danser
Au beau milieu des pots
De peinture fraîche
Avec lesquels il barbouille
Des grimaces étincelantes
Ou des odes à la jouissance
Sans trop savoir
Où sont les fils et interrupteurs
Pour retrouver la position assise
Dans laquelle il se tient

ATROXINE

L'oreille accoutumée
A écouter en mode rétro
Le doux chant laxatif
Des bruits et explosions
Ne peut que trouver atroce
Le murmure insolent
De la fanfare des merveilles
Qui exhale en permanence
L'arôme tumultueux
De la douceur

SERIEUSE N'EST PAS LA LIBERTE

Royaume de la pavane
Les sérieux ont toujours du mal
Avec la poésie enfantine

Troubles censeurs
Qui jouent du ciseau
Dès qu'une petite phrase
Ecorne leur gigantesque aura
De fausse modestie

Liberté chérie
Combat et soutient donc tes défenseurs
Contre l'infâme plaisantin
Qui écrit si sérieusement

TEUF TEUF TEUF

Le train des suicidés
On le connait bien
C'est celui qui avance
Qui avance qui avance

Encore et encore
Il avance

Les rois du progrès
Dans leur carafe rose
Des mots insalubres plein la bouche
Pour faire gonfler leurs gencives
Et leur absence de caries

On avance on avance
Même qu'on n'a pas d'essence
Ni même d'électricité
Mais on avance
C'est bien là l'essentiel

Voir le vent dans les sassafras

Enfin ce qu'on appelle du vent
Comme dirait Mister Louis Cypher
Un connaisseur en matière de noms d'oiseaux

Allez
En voiture Simone
Et surtout n'oublie pas
De desserrer le frein

Faut que ça pulse
Chez Guy Lux
Aérodynamie sépulcrale oblige

MINIMUM INTEGRAL

Il n'y a rien à comprendre
Dans l'existence du poète
Juste le son des ciseaux
Qui découpent les pointillés

Rien à comprendre
Tout à entendre
Enfin si peu

Juste la réverbération
De l'écho des arômes
Sucrés du silence