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dimanche, 20 avril 2008

BOTTLENECK

Tatoue un baiser dans le cou
Comme l'aura d'un souffle vert
Un instant suspendu
Entre deux lèvres
Au goût pourpre
De la mer en hiver
Quand les patins riment
La glace et le sein
Dans lequel fermente un lait noir
Comme l'encre bleue des pâturages

MIROIR DE L'ANTICIPATION

La poésie est une vision
Qui se raconte elle-même
Dans la bouche de son portefaix
Dont tous les mots
Racontent le parcours
Prémonitoire
Le savoir déclenche l'action
Vers les prairies de la non action
L'antre ouvert du resplendir
Qui se rit des civilités

ROMANTIC LUNATIC

Du sexe pour la route
Devant un poster de Marilyn
Une idée de Marlène
Un baiser de Greta

Rita sait lire
Les lignes désuètes
Qui peuplent les mains avides
Devant des icônes aux saveurs
De poussière d'avenir

Mais c'est Leïla qui respire
Le parfum des chemises
Inventions de Toscane
Sous l'ombre de Peau d'Ane

Souffle de dragon
Dans le creux des yeux de Freyja
Pas d'éjaculation sans glace
Pour attiser le goût du feu
Qui règne blanc sous les manteaux
Des cathédrales oniriques

samedi, 19 avril 2008

PEYREPERTUSE

S'allume le trésor des Cathares
Sous un soleil audacieux
Pas une once qui ne rayonne
Dans la couleur du vent
Portée d'embruns enflammés
A la vigilance émouvante
Cimeterres aiguisés à l'extrême
Le sang coule en pyrolyse
Remontant les voyages du temps
Sur la trame d'un filigrane

EL VIEJO

Le vieux de la montagne
Sourit devant l'audace
Des brins d'herbe amoureux
Qui escaladent le vent fou
Sur des dragons d'argent
Propageant les traces d'un feu
Au damasquin de cristal
Et à l'arôme sans chagrin
Dans les tempêtes du désert blanc
Sur le front des dunes
Que la mer caresse sans trêve
Dans un formidable ressac de soie

vendredi, 18 avril 2008

SEXY SAXO

Sentiment du cristal
Ver luisant impassible
Passage intersidéral
Vers d'autres mélodies

Velléité amirale
Pour les fantassins du génie
Dynamiteurs de cathédrales
Dans les merveilles de l'horreur

Les samurais lexicaux vérolent à la lance d'incendie les frondaisons apoplectiques des atmosphères désuètes où les académismes fleurissent dans leurs bacs de lieux communs shootés aux ambiances extraordinaires dans la grossièreté fluviale des hippopotames du vocabulaire

Des kriss à la garde de givre
Lancent des floraisons de napalm
Sous les revêtements anxiolitiques
Des épidermes castrateurs

Demain est un mot cannibale
Aujourd'hui la viande est dévorée crue
Aux aromates sanguinaires
Des parfums de sang et de muscle

BREAKFAST WOODS

Petit matin du cacao
Quand les fèves s'effleurent
D'une main dont les doigts
Sont des arômes de chocolat
Narines épatées qui s'amusent
Dans les rivières du lait qui fond
Sur des lagunes au teint sylvestre
Et des bayous aux ombres chaudes
Teintant la clarté de reflets d'ambre
Et de crème solaire pour myrtilles assoiffées

PLAGISTES

Fabuloserie du scandale
Un soutien-gorge libère ses saveurs
Au grain de douceur élimé
Comme une pluie d'hiver
Sur une température d'ébullition

Dans les trachées d'émerveillement
Les libellules incrustent de diamant
Les paradis émotionnels
Des abreuvoirs sempiternels

Des briques de jade et de cobalt
S'élèvent en pyramides
De chocolat et de santal
Sur les pourpoints creux et livides

Sous les chapiteaux de carnaval
L'ombre d'un sein à la peau mordorée
Réinvente le bronzage intégral
Des effeuilleuses au sexe ouvert
Pour un étrange effluve au goût amer

jeudi, 17 avril 2008

LE GOÛT DE L'INDUBITABLE

Une pluie de merveilles
Tombe à l'horizontale
Sur le versant abrupt
D'un péritoine ensablé
Constellant les aurores
D'une voile d'incandescence
Sur le charbon ardent
Qui meuble les faubourgs
D'un alluvion féroce
Aux saveurs de fractale

mercredi, 16 avril 2008

MARIE-GALANTE

L'existence à cinq ans
Est comme la vision à cinquante
Purs moments d'interprétation
Aux écoutilles encombrées
Par des personnages merveilleux
Qui dessinent et sculptent
Des chimères ou des griffons
Sur le sable sans fin
Des plages désertiques
Et des reliefs malicieux
De petits déjeuners et de goûters
Aux saveurs intenses d'incongruité

mardi, 15 avril 2008

SCULPTURE DE BRUME

La conscience qui espère
Est un entrelacs de reflets mordorés
Larsen d'un parfum
Qui s'étourdit dans les dérivés
D'un sillage d'évanescence
La conscience qui espère
N'a de conscience que le nom
Peinture non figurative
Dessinée par des yeux fermés
En boucle sur une saveur morte

lundi, 14 avril 2008

FLASHBALL

Intarissable est la rivière de diamants
Qui constelle les cieux de muscade
De feux de Bengale insolubles
Perlant des émaux vitrifiés
Sur la corolle d'une aréole
Inextinguible est la soif
Qui fait parler le délire
Dans les méandres d'escampette
De la soie pourpre
Et du petit matin vert