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dimanche, 27 avril 2008

AU TEMPS DU MUGUET

Formes du vent
Qui chatoie sur les horizons
Où flamboie l'or des visons
Dans d'horribles joyaux
Qui ruissellent le sang

Et valsent les chevaux de bois
Sur des furies et sur des dagues
Tueuses aux bras chargés
De paniers tressés dans des digues
Au venin de crotale ensoleillé

Comme tatouée la langue
Damasquine les paysages
Dans un déflorement d'outrage
Un obélisque de grand froid
A l'ardeur d'un paganisme occitan

Etrange est le bijou futile
Qui sourit de la fluidité
De la danse des deniers
Sans culte et sans chemise
Pour réchauffer la glace des banquises

Parsemeur sans moisson
Floraison d'étamines de feu
Gourmandes des pistils
De haricots magiques

Sensualité du muguet

HEZAR-AFSANA

Rêve en bleu
Un décor liquide
A l'évanescence sucrée
Parsemée de chaumières au teint mat
Comme des fleurs d'angélique

Rêve en vert
Comme un chapiteau à l'endroit
Cône d'érection sans architecture
Prétextuelle

Insolvable

Rêve en soie
Luxe des harems et gynécées
Que les cavaliers de Gengis
Dévorent de flammes d'aubépine
Au somptueux carnage

Rêve sans loi
Autre que le cri du vent
Amoureux d'entre les enfants
Peuplade sauvage des nocturnes
De Chopin à Shahrzad

jeudi, 24 avril 2008

PAIMPOLAISE

Les fossoyeurs exhument
Des exhalations émoustillées
En enterrant les cadavres
Dans de remarquables charniers
Sans aucune importance

Les vers s'amusent en choeur
Plantant des chrysanthèmes
Sur les minarets de la plage
Sous laquelle le venin des émeraudes
Laisse filer ses robes d'alluvions

Cimetières marins aux crabes
Dévorant de leurs pinces
Les perles de marée noire
Le temps ne fait que passer
Et les crabes s'agiter

Plus loin sur l'estran
Vaquent les abeilles
Et leurs végétations luxuriantes
Qui peignent délicatement
Les cheveux de la mer

mercredi, 23 avril 2008

A L'AIR LIBRE

Le vent va
Lui seul
Mais rien ne bouge
Dans les mouvements
De l'intangible

Le vent va et revient
Dans sa forme de boomerang
Qui ponctue un point d'un sourire
Et la mer d'une virgule
Sous les feux abrasifs

Le vent ne vient jamais
Il fait flotter
La tapisserie du regard
Dans les fluorescences
De l'iridium incendiaire

QUE LE PUBLIC SOIT

Relire pour une audience
Fait partie des rites funéraires
Qu'entretiennent les parcs d'attraction

L'instant est toujours unique
Et le café repassé
Ne procure qu'une volupté moindre

Seul le son
Qui s'exhale langoureusement
Peut rafraîchir le moment
Sans pour cela nécessairement
Qu'il énonce un poème
Dont la matière est avant tout
Un reflet de silence

Dans les combinaisons de couleurs
Les variations chromatiques
Anéantissent les pastels fugaces

Le canon à ultrasons enlumine
D'une aura de défragmentation
Les huiles du carbure d'oxygène

VOIR DANS L'ENCRE

Sans échelle pas de vision
L'empirisme du fragmentaire
Des interprétations sans fondement
Un miroir pour la peur
Et les transferts de couleurs
L'échelle et sa palette monochrome
Apprennent au peintre de l'oreille
La neutralité des mouvements
Et les projections de graffitis
Qui teintent l'opaline du couchant

mardi, 22 avril 2008

REVOLUTION DES TULIPES

Les assassins
Ont l'éviscération facile
Qui remplace l'énucléation
Par l'invention de la lentille
Sans contact
A l'Est d'Aden
Il se trouve toujours
Des cavaliers kirghizes
Pour jouer au bouzkachi
Avec des couilles de mammouth

DU RHUM A LA MIRABELLE

Dans le désert sans fin
Les Johnnys de toutes les bandes
Dessinent les vagues à l'âme
De leurs gangs lumineux
Sur les autoroutes
De l'information sans frontières

Le feu ronge les mémoires
Et oxyde l'oxygène rouge
Peuplant les irradiations bleues
De formes d'opalescence
Au grain d'iridium
Et aux géométries sveltes

La lumière verte et blanche
Berce les cocons d'arc-en-ciel
Dont les mathématiques succinctes
Evident les théories farfelues
Des sérieux claustrophiles
En mal de crédibilité

Retour tribal vers la saveur
Des massacres en charpie
Des embrassades de harpies
Limousine au poignet
Moleskine de combat
Pour infusion non ignifugée

POLYSYSTEMIQE

Le sens de chaque mot
Dépend toujours de sa direction
Comme la vision circulaire
D'un radar
Sous lequel naissent
Les semences de l'humour
Qui marquent au faire rouge
Les discours des sérieux
La jeunesse du sourire
L'insolence de la vie

UN SUR DIX MILLE

Un plus un
Font un château de cartes
Auquel il convient
De ne rien retrancher
Pour que le vent ramène
La pluie à sa source
Comme un as de pique
Sur une main de nain jaune
Quinte royale et flush
Servie d'entrée

CRY OF WAR

Les mots de la guerre
Sont toujours des néologismes
Aux relents féministes
Semeuses à la grenade offensive
Qui éblouit les tympans
D'un souffle corrodé
Sur l'émail des dents
Passe le machiste à la machette
Celui qui veut voir sourire
Le drap du brasier permanent

SOIE DE SABLE ET D'EAU

Quand déserts et océans
Ne sont plus revendiqués
Par des drapeaux saugrenus
Se lèvent les voiles de l'aurore
Alizés d'une paternité
Au front nuptial
Sur le velours d'un sourire
Porté par les doigts effrontés
D'une femme au carquois mélodique
Dans les nocturnes du printemps