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samedi, 10 janvier 2009

GREEN ON PURPLE

Poetry has no fate
Poetry is its own fate
That nobody knows
Except the emerald smile
Burning in the heart
Of the poet

The poet has no fate
Only hazard and fortune
Rule his destiny
Whatever it looks like
It is never
What it seems to be

Or maybe it is
Among the legends
That are furniture
For the devouring fire
Of the dusty hills
Far away from here

A RECIBIR

Pas un matador
N'apprivoise la mort
En saisissant

Seule une faena de feu
Séduit les belles
Pour celui qui veut
Les oreilles et la queue

Dompter les broncos d'argent
Ou jongler sur des dauphins
N'est pas un job
Juste un passe-temps
Pour chômeur incendiaire

BLOW BLOW BLOW

Du vent à la propulsion
Supraluminique
Pas moyen de l'essouffler
Sans dépasser la vitesse
Où les courants d'air
S'assoient paisiblement
Au coin du feu
Pastichant leurs mouvements
D'un clin d'oeil
A l'éventail

JUST A DROP ON NAGASAKI

Sers moi donc encore
Un rail de ce mezcal
Dont l'alchimie souterraine
Fait des sorbets vanille
Des crèmes à l'acide
Ou des buvards polyglottes
Petits fragments d'extase
Pour miraculés du four à charbon
Dans lequel fermentent
Les pulpes d'abricot

CHAIN GANG FREE SURF

What comes after death
Has the same look
That what comes during life

Absolutely nothing changes
But everything changes

What comes before life
Has unreal sensations
In psychedelic colours

Whatever say the words
All things are free from it

GENETIQUE DES BAGAGES

De l'intérieur de sa valise
Le chien perdu
Croit qu'il la porte
Comme un boulet
Une légende sous-titrée
Alors même que sa mère porteuse
Ne fait que danser
Pour le père qu'il adopte
Quand explosent les combinaisons
De numéros spécifiques

PROFILAGE

Sous le théâtre
Des fanfreluches anxiogènes
Rôdent en glissade
Les monades des femmes
Dans de sombres décors
Plus ou moins épurés

Les chants sont plus compacts
On entend mieux les cris
Et les hurlements
Qui peuplent les confins
D'harmonies particulières
Et de solfèges embués

Sous le théâtre gothique
Où règne la noirceur
Des prairies vertes
Par convention ou par nature
Régentent l'organisme
Qui baigne là ses encres

A LAND OF FANTASY

Nobody knows
But all know
What kind of country
The poet calls a land
Even if his cards and play
Say another name
Inspired by circumstances
A land of greenery
Laying under the ruins
Of all artificial factions
A land that has time in its hand
A land that does not need a future

COMME ON DANSE

Valse en noir
A midi ou minuit
Sous le soleil des brumes
Ou sur un soleil vert
Quand un filet d'agrume
Encense les harmoniums
Qui descendent les escaliers mécaniques
D'un tango chevelu

Valse en noir
L'ombre luit sous les pas
Des danseurs impotents
Pas de valise sous l'entonnoir
Que des passages en transit
Sous les sunlights provisoires
Des marées de cristal

Valse en noir
Des clowns en arpèges
Sur un vieux clou rouillé
Par la mélatonine
Et les embruns azurés
D'un chemin de fer en bois

Valse en blanc
Moins marrant
Plus ludique est la couleur
Des rétroprojecteurs
D'une partie de flipper

Valse en blanc
Comme un chèque en argent
En bois d'astrakan
Ou en velours de sang

Valse en vert
A lire en pervers
Commencer par l'arrière

Valse en vert
Sérieux goût d'ordinaire

De la valse à l'envers

EN FANTAISIE BARBARE

Le rock'n'roll préfère
Le chant des corbeaux
Merveille de grincement
Qui plane insouciant
Sur les épaules velues
Des carnassiers de passage

Des corbeaux à Ravenne
On garde un souvenir ostrogoth
Dont Emily se réjouit
En psychédélie d'outre-rien
Qui éponge l'histoire
Avec les géographies de l'acide

Dans la perfection sereine
Du vol du corbeau
Les étrangleurs se souviennent
Des temps vikings
Où le fer chante les sagas
Des épouilleurs de vent

FLEURISSENT LES PRISONS

Les rêves alternatifs
Créent frontières et barbelés
Aux entournures des yeux
Et la poésie charrie
Des cadavres démembrés
Comme terreau de fortune
Sur lequel les coquelicots
Marchent de mine en mine
Roulant par plaisir
Sur des tessons de verre

EXILE ON MAIN STREET

Le sniper voit du sang
Dans la mandorle
Qui règne souriante
Sur les rues de la ville
Où le massacre n'en finit jamais
De ressourcer ce sang
Qui coule langoureux
Dans les veines
Des cadavres pendus
Aux balcons et fenêtres

HARNACHEMENTS

Dans les poèmes prémonitoires
Qu'écrivent les légendes
Sous couvert de vieux objets
Les villes mystifiées
Se repeignent avec grâce
Telles d'aimables walkyries
Affûtant leur arsenal de charmes
En prévision des cavalcades
Que leurs chevaux fameux
Préparent avec soin