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dimanche, 11 janvier 2009

MERVEILLEUSE HORREUR

L'inqualifiable beauté
Sauve le monde
A chaque instant
Juste pour le plaisir
Du geste
Car nul besoin de sauver
Ce qui l'est de tout temps
Et rayonne en toute simplicité
Sous les films passionnants
Que projettent les mouvements

SUCRE D'ORGE

Vue plongeante
Sur décolleté troublant
Dans la caresse du regard
Qui laisse vagabonder
La douceur de ses yeux
Sur les courbes des formes
Enlaçant d'un souffle
Le velouté d'une peau
Aux fragrances champêtres
Sous la neige qui ruisselle
En doux filets mutins
Le long des arbres détendus

VIOLEURS DE TEMPS

Nous sommes des mondes électriques
La haute tension est notre passe-temps préféré
Dans les enclaves de nos doigts
Saigne la beauté carnassière

Nous sommes des mondes transgéniques
Nos globules pyromaniaques
Echappent à toute écorce
Dans leurs danses érogènes

Panzerfausts des confins
Nos sulfuriques tubulures aérodynamisent
Les cryogénisations syntaxiques
Dans d'étranges convulsions

Nous sommes nomades vaisseaux
Aux encres sans complexe
Débiles aussi bien qu'arrogants
Nos dissemblances sont terrifiantes

Pourtant il suffit d'un regard
Pour que sans même un mot
Nous sachions reconnaître le venin
Qui unifie nos orbites émasculées

PAPILLON DE LUNE

Leïla est le prénom
De tous les rêves
Sauf un

Dans l'ambre de ses soupirs
Naviguent des légendes
Aux sous-titres éloquents

Magnifiée par la danse
Leïla sourit à l'innocent
Dont la confiance resplendit
Dans la trajectoire de ses traits

BANDOLERO DE LA NOCHE

Des caravanes de pétales
Hantent les corridors bleus
Qui élèvent le désert
Dans son berceau de sucre

Sur les hauts-plateaux masaï
Des danses se régalent
De la frangipane ensoleillée
Qui décrypte l'aurore au petit pied

Un aigle chamarré passe

Plus loin une colombe

Changeons de style

Un hurricane aux yeux d'acier
Des munitions sans danger
Hors du pétrole et du plomb

Danseuse aux volants noirs
Réinventons les mantilles
Au pueblo des cantinas

Viva la revolucion
Sangre de luz por todos
Sueño de mi corazon

SAVEUR D'AMBRE

Voir la vie en vert
N'a rien à voir
Avec une quelconque couleur
Ou un ressenti écolo
C'est juste une métaphore
Comme le visage de l'argent
Ou le pourpre de la brume
Qui ne l'est qu'au regard
De celui qui l'a traversé
Sans se soucier de la grammaire
Ni des chaînes de syntaxe
Qui encombrent son vocabulaire

INTIMACY

Rules are for servants
Of a dawn made of lead
Under a big hard sun

Blind is the legend
Who writes nothing but
A single shot
In the deep of the night

Some think that words
Have so much importance
That they claim the last
As an attribute of royalty

Reign under the golden number
Mechanics of wind and water
Engineered by no trademark

DU GOÛT DES RAGOÛTS

Les vrais assassins
Ne sont pas des critiques
Et aucun écrivain
Ne meurt de son vivant
A moins de devenir poète

A mâchonner du plomb
Il ne sort que du plomb
Des égoûts vespéraux
Rien de tangible
Au regard du langage
Dont se pare la mort

La polémique est une guerre
Inutile comme tous les débats
Où les chiens se déchirent
Au nom de putréfactions diverses
Dont ils veulent faire croire
Qu'elles ont de l'importance

Observant cela le vent sourit
D'un clin d'oeil le feu rugit
Et l'eau effectue un salto
Comme un dauphin inversé
Dans une étincelle de clarté

HOPE FREE

Il n'est nul besoin d'espoir
Pour que la vie sur terre
Soit possible

L'espoir fait partie des armes
Dont le vent est l'ami
Qui alimente le spectacle
En munitions de tout genre
Comme son exact reflet
Le désespoir

La vie resplendit sans souci
Sans espoir ni désespoir
Dans le simple regard
Qui nimbe de son aura
La tranquillité paisible
De la plaine aux mille chevaux

Maître des mots
Est celui qui trempe ses ailes
Dans l'argent sans espoir