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vendredi, 30 janvier 2009

BOUNDARIES SKYLINERS

Le hasard sait jouer
Du couteau de tranchée
Du stiletto implacable
Ou de la claymore à double tranchant
Pas d'inquiétude à se faire
Pour les suicidés du crépuscule
Seul le voyage vers nulle part
Quelle que soit la destination
Au bout du chemin n'attend
Que la joie de l'aurore

A L'ORDINAIRE ETRANGE

Les armes créent le rire
Ou le sourire enchanteur
Quand Castor et Pollux
Les montent sur des chevaux
Harnachés pour des parades
Sauvages comme le vent
Des archers parthes
Aux traits forgés
Du métal inoxydable
Qui jaillit valeureux
Dans l'impitoyable pulsion
Des mirages en fusion

NUE EN CRUE

Quand tu vois les formes
Tu sais que c'est le vent
Qui sculpte les paysages

Quand tu vois l'épaisseur
Tu sais que c'est la mer
Qui peint les tableaux

Quand tu ne vois plus rien
Tu inventes les broderies
Qui décorent un ciel
Où ne flotte aucune âme

JARDINAGE DU NAPALM

Le désherbage commence
Par l'acceptation
De tout les grâces
Et de toutes les disgrâces
Supposées

La censure est une castration
Opérée sur soi-même
Pas un acte de désherbage
Une culture du segment
Le résultat d'une fragmentation

SORTIE DU TATOUAGE

Quand tes mains dansent
Sur le bateau qui sculpte
Tu es endormie par la valse
Caressée par le flux
Qui te fais tournoyer assis
Dans ses évolutions
De femme artistique
Racontant des merveilles
A tes yeux d'enfant
Ebloui par le charme

KALI DIVING

Se noyer dans la lumière
C'est résonner de transparence
Dans la clarté limpide
Qui rayonne sans or
Sous le ressac des marées

Se noyer dans la lumière
C'est respirer sans un mot
Laisser s'écrire le parfum
Sur le cou d'une femme
Au chant troublant
D'arômes sans histoire

INTERPOOL

Les enfants jouent
Au vertige des plaines
Sur des dauphins d'aluminium
Des chevaux aux étriers d'argent
Ou des dragons montés sur rollers
Comme il plait au talent
Des surfers innocents

Les enfants jouent
A être les fils
D'un vertige assassin
Qui brille loin des tréteaux
Où la couleur est reine
Des artifices de la poudre
A récurer les méninges

On tire à balles réelles
Des météores dans les mains
Le feu comme un rimmel
Qui charme les ruines
Et déconstruit les marées
Pour repeindre les cieux
En vélin et dentelles

FREDERIC SANS SA CHOPINE

Les hymnes déambulatoires
Des errances magnifiques
Ont toujours leur fan-club
Collections disparates
D'amateurs en tout genre
Que seule la zizanie
Unit dans un concerto
Post-déluge non essoré
Qui frôle un jour le néant
Pour se réfugier dans l'autre
Effrayé par l'immensité
Dont peut disposer le talent

BLOWING ON TIME

Quand les chevaux
Dansent à midi
Les horloges marquent minuit
Et s'amusent les écuyers
En berçant les trapèzes
Sur lesquels des jongleuses
Lancent des poignards
Qui traversent le satin
Des nuits sans lune
Au temps du grand carnaval

CONTRE-JOUR INTERIEUR NUIT

Les métaphores gauloises
Baillonnent le barde
Pour symboliser doctement
Les oreilles incirconsises
Qui croient reconnaître
Dans le fracas de l'écume
Une mélodie admirable
Là où ne ruissellent
Que des fragments
De crécelle muette