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jeudi, 14 mai 2009

SUR DE L'ABSENCE DE REPONSE

Grand merci à l'auguste
De comparer la rigole
A la pissotière de Duchamp

Pour une fois que la lucidité
Passe par la case ascension
Cela vaut bien attention

Les termites en feu
Ne mange pas du zirconium
Qui scintille sur le soutien-gorge
D'une tapineuse de banlieue

SOLO DE SAULE

Pas de pleurs
A part une averse
Mousson des moissons
Que la faux dépose
Au creux des reins
D'un printemps sur lequel
Fleurissent des dragons
Comme autant de bannières
D'un velours souterrain
Au pouls incendiaire

STRABISME (CON)(DI)VERGENT

Tu lis ce que tu veux
Ou ce que tu peux
Dans les fables
Que le monde te soumet
Et que tu repeins
A la couleur de ton choix

Du sourire pour les indigents
Du sérieux pour les volontaires

Essaie donc de voir global
Plutôt que d'extraire
Un jus non représentatif
Ou un segment marginal

CONTREBANDE EN DOUCE

Tu peux songer
Le poète t'y invite
A la kalachnikov
Ou à l'épée
Ou à toute autre arme
De ton choix

Mais tu viens du pays
Où l'on célèbre le passage
En lui tournant le dos
Question d'échelle probablement
Ou d'amour des falaises
Qui donc peut bien savoir

Le poète aime aussi les katioushas
Ou les orgues de Staline
Le murmure lui sied tout autant
Tout dépend en fait
De la qualité de l'écoute
Le volume s'adapte au cérumen

NAVIGATION DE PLAISANCE

La honte ne s'occupe
Que des oublieux
N'ayant pas trouvé
De grand oiseau noir
Pour dévorer son siège

Loin du feu
Loin des yeux
Dit l'étincelle en souriant

On en voit des équipages
Sur leurs radeaux
Dont la richesse est grande
Et dont la fortune
Ne s'occupe pas
Faute de demandeur d'emploi
En matière d'aérodynamisme

LE STIGMATISE

Il stigmatise la bêtise crasse
Il stigmatise la trouille
Il stigmatise la mauvaise foi
Il stigmatise le relativisme absolu
Il écorche des pitres
Qui s'en battent le cocotier
Et le plaindraient
S'ils avaient simplement
Envie de perdre le peu de temps
Que dure une existence

TRANCHE DE VIE

Ne pas écrire pour rien
C'est ne pas écrire du tout
Aligner comme Qaïs
Du sable sur du sable
Sans voir perler une goutte
De cette eau
Qui reflète le diamant
En filigrane lumineux
Sous la moire de l'écume
Et le velours de la nuit