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jeudi, 10 février 2011

OPEN ALL NIGHT

Si je savais ce qu'est le style
Je ne saurais pas ce qu'est le poète
J'irais au beau milieu des chiens
Pour y sélectionner des os

Les poseurs ont toujours l'attitude
Le flegme élaboré l'haleine mentholé
Pas une braise qui ne luise
Dans ce divin merdier

Ils appellent langue leur idiome
Constitué de mécaniques répétitives
Et fuient l'odeur des miroirs
Tant ils ont peur du noir

Si je savais ce qu'est le style
Jamais ne naitrait le poète
Dans le bassin des ragondins
Qui mâchent la sciure de bois

A L'ECUME D'INCENDIE

Une femme sur l'océan

Comme le vol d'un missile

Egrène des secondes mordorées

Sur une langue de violon

 

Le temps d'une spirale ondulée

Comme les hanches d'une danse

Le temps s'écartèle en douceur

Pour y déposer un baiser

 

Soupir de bienvenue

Dans le temple des flots

Là où s'arrêtent les choeurs

Et où respire le silence

CHANT DES QUATRE RIVIERES

Du poivre sur la langue

Beau comme un éclair noir

Muscade et cannelle endiablées

Nul besoin d'escalier

 

Ramification en fleurs

Feu d'artifice de la bouche

Qui d'un trait crucifie

Les cruciverbistes

 

Clou de l'attraction

Une saveur insolite essaime

Sur des papilles insolentes

Plage de tous les seins nus

ROSE TENDRE

J'ai la langue facile

Le mollet d'une gazelle

Le poignet sans la montre

L'envoi qui se touche

 

Je ne suis que parole futile

L'éclat du vol de l'hirondelle

L'arrogance sans honte

De la pluie qui se mouche

 

Je ne perle que mot qui brille

Comme un miroir aux airelles

L'intelligence du conte

Qui berce le lit de ma couche

LA VACANCE DU POETE

Regarder l'éclair imprimer
Sa marque sur fond d'écume
Mousseline d'organza
Ornant la cime d'un arbre

Lentement laisser faire
Les globules blancs de pyrolyse
Qui repeignent de leur surf
La chevelure d'un dimanche