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vendredi, 23 décembre 2005

OFFERTE

Offerte à tous les vents et toutes les directions, je suis devenu offerte...

Quand par la grâce infinie de la découverte
L'âme de Lumière et clarté se verra recouverte

Quand le coeur sera devenu transparent
Que rien ne sera jamais trop exigeant

Quand il n'y aura plus aucune peine
Que tous les obstacles se franchiront sans gêne

Il n'y aura pas à se réclamer de la vaillance
Simplement remercier pour la bienveillance

On ne peut rien dire de cet ineffable sentiment
Qui advient quand on plonge dans ce trou béant

En aucun cas, il ne fait figure d'astreinte
Du néant il n'est que l'infinie étreinte

La Lumière est son unique et éternelle couleur
Sa saveur a le goût d'une inextinguible douceur

Si par mégarde on osait la dire sucrée
On serait de nouveau par les sens accaparé

Pour tous elle est le formidable abri
Qui à tous tend ses bras attendris

Offerte à Son regard, je suis devenu offerte
Sans les sens, ainsi émerge ce qui est l'Etre

ESPRIT DE REBELLION

Comment peut-on trouver l'esprit de rébellion
Dans la quête d'une totale et stérile illusion
C'est bien le cauchemar de ces légions
Qui confine à la pure et intégrale déraison

Peut-être cet esprit est-il présent au départ
De ce qui n'est en fait qu'un au revoir
Mais celui qui persévère dans cette voie
S'aperçoit vite de ce qu'il advient des agrégats

L'esprit de rébellion n'existe en fait qu'en soumission
Aux principes qui régissent l'univers et la question
Qui se pose n'est plus d'être rebelle mais conforme
Quoi qu'il en coûte au non-respect des normes

A vouloir paraître un individu solitaire et éclairé
On termine comme un rocher noirâtre et isolé
Battu par tout ce que le monde connaît de marées
Les mouettes ne s'y arrêtent même plus pour y séjourner

SOLITUDE ORIGINELLE

La solitude est l'état de l'être originel
Il n'y a rien qui soit désolant en elle
Quand les bruits du dehors se taisent
Emergent le silence et la douceur de la braise

Ces pensées qui t'agitent sont la cause
Du mal-être qui parcourt les choses
Méditer veut dire en grande partie s'abandonner
Aux bras de la sérénité et son nom n'est pas Morphée

Tu n'est jamais seule même si tu le crois
L'humanité toute entière se tient en toi
Le trouble s'appelle réminiscences et souvenirs
Encore des pensées non réalisées de désirs

Sans désir, aucun désordre ne peut
Venir déranger le solitaire bienheureux
Sans espoir, aucune crainte ne viendra
Troubler le calme qui réside en toi

Ceci ne signifie en aucun cas
Que le désespoir doit être ta loi
Apprend à apprécier la Présence
Et tes tourments ne seront plus qu'absence

MENESTREL AU GRAIN DE SEL

Le charme violent est toujours un cadeau de l'Amant
A ceux qui font partie de ses élus conquérants
Fief, repos, clémence sont pour les délaissées
Celles qui des plaisirs infimes se font fierté

L'infini ne s'éloigne que pour celui
Dont le regard se perd au milieu des bruits
Pour l'âme apaisée, l'infini est synonyme
De bonté, de clarté et de joie magnanime

L'autre monde est dans le voyage immobile
Quand le coeur connaît sans qu'il soit utile
De trouver un chemin dans l'obscurité
Alors que tout a déjà été dévoilé

Ceux qui ont reçu un destin de condottiere
Ne sont restés qu'au seuil de l'éphémère
Ils n'ont pu se résoudre malgré leurs qualités
A renoncer à cette égyptienne adorée

RETOUR DE BAISERS

La réalité n'est jamais habillée
Il n'y a que des fantasmes d'objets
Ces illusions que croient les ensorcelées
Inconscients inquiets, inquiets

Sereinement, personne ne lèse
Chacun crée son propre chagrin
Se tourner vers le coeur de braise
L'Amour surgit soudain, soudain

Aucune raison de devenir
Seul, être et rayonner
Se contenter de resplendir
En altitude, sourire émerveillé

Et quand les yeux s'écarquillent
L'immensité apparaît, triomphale
A ce moment l'univers brille
D'un pur éclat virginal

Nul besoin de chercher une église
Pour trouver où est l'avenir
Aucune réponse n'est requise
Tant cette beauté fait défaillir

Le flot s'écoule sans trêve
Le contempler emplit les yeux
Et là, échoué sur la grève
De ce rivage merveilleux

De choisir, il n'est nul loisir
Il n'est d'ailleurs aucun besoin
Autant se moquer et rire
De ces climats incertains

La réalité n'est jamais habillée
Il n'y a que des fantasmes d'objets
Ces illusions que croient les ensorcelées
Inconscients inquiets, inquiets

PHENOMENE

Il sort souvent de la bouche des enfants
De grandioses chapelets de mots charmants
As-tu oublié qu'il faut mourir à soi-même
Pour sortir de l'illusion du phénomène

Le phénomène existe parce que tu le crées
Comme l'ensemble de ce monde émerveillé
Si tu t'identifies à l'une des formes
De ses caractéristiques tu deviens la norme

Pourquoi souhaiter n'être que ce petit morceau
Alors même que la totalité est ton lot
Il n'y a rien à acquérir qui ne soit déjà là
Comprends bien cela et toute avidité cessera

Bien sûr qu'il a dit "je suis mort"
Et qu'aussitôt il a construit un chateau-fort
Qui peut bien s'inquiéter de la mort
Hormis quelqu'un identifié à ce corps