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dimanche, 15 janvier 2006

UN POETE TRISTE

Si le poète est triste, c’est qu’il n’a pas compris
Ce qui est l’essence même de la poésie
A quoi sert donc un concert de lamentations
Qui de la souffrance n’est pas la résolution

Le poète porte en son sein la double parole
Qu’à tous il offre en guise de joyeuse parabole
Qu’il prêche la guerre ou l’immense et charmant Amour
Ses oraisons défient l’ivresse des alentours

Ses textes expriment le tréfonds de l’indicible
Quand de ses yeux il explore les sphères invisibles
Armé de l’épée double du discernement
Il déchire les mortes apparences des vivants

Il soulève les carcasses de ces pauvres errants
Pour faire apparaître les braises de feu du Néant
Les flammes ruissellent dans l’éther de ses harmonies
Ses yeux luisent de la claire lumière qui éblouit

La désespérance n’est qu’une création mentale
Qui des infidèles représente l’imaginal
Ce monde est pure perfection et immense décor
Le poète célèbre l’Absolu et son trésor