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lundi, 16 janvier 2006

MARIER L'EAU ET LE FEU

Marier vraiment l'eau et le feu ne peut se faire

Qu'arrivée au plus profond du désincarné

Quand il n'existe plus rien de cette ancienne chair

Quand tout n'est plus que souffle éloquent de beauté



Les mots du vide souvent outrepassent la pensée

Ils résonnent d'un continent nommé êtreté

Ils sont l'émergence de la conscience endormie

Qu'une brise a fait surgir de l'amie étourdie



Ne pas s'en effrayer si ils exhalent séant

La fragrance émerveillée d'un pur sentiment

Aucune saveur n'égale celle de Leïla l'aimée

Majnun l'a raconté dans toutes les contrées



C'est quand le prince se manifeste en ce bas-monde

Qu'il faut profiter de chacune de ces secondes

Secouer la torpeur qui règne dans le coeur

Laisser grandir la flamme naissante de la lueur

ELIMINER LE PHENOMENE

Que t'importe la forme de cette pauvre apparence

Ceci n'a absolument aucune importance

Les mots ne sont siens qu'en cette circonstance

Tout cela n'est en fait que le jeu de l'essence



Si l'Amour t'a déçu, c'est qu'il n'en était pas

Tu as qualifié d'Amour une fantaisie noire

Basée sur la propriété de l'illusoire

L'Amour existe sans altérité ici-bas



Pour renaître il ne faut que mourir à soi-même

Eliminer cette image sournoise de l'ego

Sortir des délires créés par le phénomène

Pour resplendir en altitude vers le plus haut



Tu es intoxiqué par les visions létales

Qui te font regarder un monde imaginal

Que tu crois réel et qui est seulement mental

Affine ta vision et surgira l'idéal



Il n'y a aucune lamentation justifiée

Quand on regarde le réel, immense de beauté

Les regrets et autres frustrations ne proviennent

Que du désir de possession, envie malsaine

FEU ET GLACE

Il parle le langage de la divine soie
Son arme préférée quand il part au combat
Des perles de feu jaillissent de sa rouge parole
Et des comètes de glace de ses paraboles

Des ondes de choc martèlent très tendrement
Le phrasé des vibrations de son troublant discours
Les mots portent un surlignage étonnant
Que les oreilles entendent dans un éclat glamour

Quand le verbe est magnifié au-delà du sens
Sa perception éclaire de multiples trésors
C'est du plus profond au-delà- de la jouissance
Que remonte cette cascade devenue pluie d'or

Luxuriante atmosphère qui n'est qu'une abstinence
Au parasitage des mille plaisisrs du grosier
Certains diront hallucination et démence
Ceci fait rire quand on voit leur monde raisonné

Nul endroit où rencontrer autre que tricheurs
Querelleurs et menteurs, guidés par l'inconscient
Enivrés par les sons, par lumières et couleurs
Un monde comme le bac à sable des enfants

Ils osent se prétendre adultes et responsables
Ces dires ne supportent pas un oeil implacable
Autant donc les laisser le déclarer malade
Le fou décrypte trop bien l'envers des façades

Car le temps lui a épargné ses outrages
Dans ses yeux toujours brillera ce paysage
Porté par la lumineuse clarté de l'éther
Son élan immobile traverse tous les enfers