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dimanche, 23 mars 2008

SOL INVICTUS

Dans l'écume noire
Des nuits de vermeil
Les dauphins laissent des traces
D'argent sur le vert du ciel
Que recouvre la mer
Dans l'écume rouge
Des nuits sans lune
Les bateleurs jouent aux dés
Sans que le hasard ne s'emmêle
Les pinceaux au confluent
Des solstices irradiés
Et des équinoxes parallèles

CATALUNYA

Des ciseaux verts mastiquent
Les feuilles mortes à la pelle
Qui reviennent en bancs d'hirondelle
Sur le fil d'un cimeterre andalou
Qu'un chien lèche sur le parvis
D'un cinéma espagnol
Sans qu'un franquiste
Ne l'interpelle du haut des remparts
Du royaume de Grenade
Ou des terres d'Aragon

NEUF DE COEUR

Le neuf est toujours
Un enduit de façade
Ou une paire de moellons
Les murs de vent
N'ont pas besoin de neuf
Ni de vieux ni d'inédit
Le sourire seul suffit
A leurs ébats gracieux
Qui sèment des étoiles gerçantes
Dans les pluies de la nuit

MOTS EN CATARACTE JAILLISSANTE

La parole est profane
En grands bouquets d'étoiles
Muettes

Sans attendre juste voir
L'abondance des mots
Le jaillissement

Sous les mots
Qui ne veulent rien dire
L'absence qui dit tout
En silence

La solitude
Principe premier de la splendeur
Sans un mot

Les mots s'envolent
Même ceux des maux
Qui ne sont que des mots
Enclaves brûlantes
Ou clés d'évasion

CE LA PEUT-ÊTRE

Cela peut être
Des promesses au futur
Cela peut être
Des vieilleries dépoussiérées
Cela peut être
Mais pourquoi pas
D'ailleurs personne
Ne dit le contraire
A part le vent
Qui lui s'en fout

AO DAI

Une robe d'eau et de vent
Sur laquelle le feu dessine
Les courbes voluptueuse de la terre

Une robe d'embruns enluminés
Par des lettrines mouvantes
Sur une poitrine abondante

Une robe à ôter pour jouir
Des délices insoumis
De sauvages étreintes

Une robe qui brûle
Comme le parfum d'un encens
Dans le calme des nuits fauves

EN FORME D'OUVERTURE

Dans l'éternité d'un instant primal
La pensée invente le temps
Tentant de calculer en vain
La durée exacte de l'instant

Dans le respect, notion imbécile s'il en est, d'une concordance aphoristique des temps, le poète sourit, portant sur la brume un regard indécent à faire pâlir de désir une vieille pute sur le retour, les dents cariées par les tentatives infructueuses de maquereauter les deniers des cultes obsolètes.

La musique se sculpte d'elle-même
Souffle entreprenant qui s'enhardit
Au fur et à mesure de la démesure
Jaillissant immobile dans un strip atonal
Mis en valeur par l'obscurité des eaux
Et les danses érotiques des vahinés

Règne alors un modernisme de l'instant présent
Dénué de toutes les verroteries d'époque
Epuré des colifichets de saison

Le génie choisit ses formes de bandaison
Laissant les travaux urbanistiques d'érection
Aux croyances du vouloir
Qui se prend à délirer sur des élévations
Alors qu'au pays des montagnes russes
La plaine est reine des reliefs

S'illuminent les mots uniquement sous l'effet des réverbérations qui de métaphores en inconceptualité blanchissent l'encre des nuits en une symphonie de fragments supersoniques dont l'essentiel se trouve toujours dans les intervalles ou sous le corps du texte tels des dessous voluptueux dont la ponctuation volontairement absente se fait mise en valeur de la puissance de fécondité de l'ultime point final

Le vent de l'hiver tourne
Sous les néons des platines de silicium
Tandis que le feu d'un pré vert
Chante une cantate en sol
Aux loups qui pâturent sur l'asphalte

Dans la caresse d'un murmure de soie
Les escadrons de la mort
Repeuplent les espaces vierges
D'incandescentes trilles
Aux courbes enchanteresses
D''émeraude et d'opale

DES CORS AU PIED

Un baiser de sang
Sur les yeux de l'hirondelle
Qui s'envole en riant
Vers d'autres ritournelles

Une émulsion de douceur
Dans le romarin des faubourgs
Quand la nuit prend son envol
Et décapite les idées folles

Une caresse au laser
Pour détourer les formes bleues
Des sarments de la lune
Et des rayons de blé

Un toboggan telle une luge
Les montagnes russes comme un grand huit
Sur un anneau à la pulpe dorée
Comme un palan au lait-grenadine