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lundi, 24 mars 2008

MAUVAISE LANGUE

Il en est pour revendiquer
Une mémoire
Sans savoir ce qu'est la mémoire
Sans savoir lire Beckett
Mais en le citant sans vergogne

Il est des dépouilleurs
Qui ne reculent devant rien
Pour voir leur profit augmenter
Que ce soit en argent
Ou en considération

Où est la marque de Qaïn
Dans ces comportements infantiles

UNE TRACE DE VENT

Une main donne des cartes
Aux marins de fortune
Des cartes à jouer
Pour la loterie du hasard

Au grand jeu de la confiance aveugle
Qui peut dire ou prédire
Ce que gagner et perdre signifient

Posé entre ciel et terre
Entre lumière et ombre
Un oiseau chante
Plutôt que de nager
En oubliant la peur

MERCURIALES

Les plantes sont férues d'horticulture
Admirant le jaillissement
Des bourgeons de venin
Qui enluminent leur corps
D'arômes ébouriffants
Les plantes savent que l'engrais
Le plus approprié
Pour leur fond de teint
Reste encore le pouvoir fécondant
Des spores de jachère

MASCARA RETRO

Au milieu de la mer
Dorment les poussins des phénix
Dans leurs oeufs vermillons
Bariolés par les vents de fortune
Et les marées insouciantes
Au milieu de la mer
Un trou vert comme un tunnel
A l'arôme pourpre d'arc-en-ciel
Laisse échapper des vapeurs de mystère
Quand le rimmel se dilue

AGAR DU NORD

Si tu étais plus excitante
Et moins odorante
Que la rouquine nommée Ismaelle
Peut-être aurais-tu la chance
Que ton père trouve en Sara
La fécondité qui lui manque
Mais tu pleures sur ton propre sort
Seul le profit t'intéresse
Pourquoi voudrais-tu
Que quelqu'un bande pour toi
Alors même que ton discours
Ne reflète que la misère des riches

SWISS TOUCH

Il n’existe aucun juge
Dans la parole neutre
Seule l’oreille qui interprète
Opère le jugement
Et se voit en sa demeure
A sa juste place
De là le jugement
Est le sien propre
Un juste reflet
De ce qui est

FLORALIE

La belle formule vient
De la bouche de Calliope
Dont la parole brillante
Ne porte pas les chrysanthèmes
Comme fleurs de génocide
Servant à promouvoir
Les boutiques des cordonniers
En balade touristique
Dans les mausolées égyptiens
De leur propre sclérose

TISSAGE MARITIME

Des sirènes tissent les mers de corail de coquillages de soie et de poissons de satin, élaborant doucement des franges d'écume pour en décorer les rivages perplexes et les plages au grain de plomb. Le tissage est affaire de folie raisonnée ou de raison amoureuse, au choix de la tisseuse qui pleure des larmes d'opaline chargées d'encres voluptueuses et de parfums incendiaires. Ses doigts habiles malaxent la chair des étoiles pour en tirer de la semence de labour et dessiner sur les fronts de mer des crépuscules venimeux ou des aurores impalpables, des vésicules langoureuses ou des fleurs de mystère, des cratères en forme de losanges épileptiques ou de convexités redoutables. Loin de filer la laine dans un bas de soie qui contient des louis, les chants s'évaporent en gaspillage sans scrupule, en aromates de tranquille effervescence, en myriades de coléoptères insouciants. Au coeur du bruissement du delta, le passant lambda reconnaît l'alpha et l'omega des sources du pétrole dans le sein lacté de ces marées noires à l'arôme non carbonifère qui pétille de malice pour les enduits de cerumen et frétille tel un dauphin dans les queues d'ellipses du petit matin.

PESSAH POUR LES SOURDS

Les oreilles crissent souvent
A l'écoute de leurs propres omissions
N'est jamais blessé que l'orgueil
Des figurines rouges
De la divine comédie
Chacun cultive ses fleurs
Même celles qui poussent allègrement
Sur de vieux charniers
Chants à la gloire du profit actuel
Hypocrisie élevée au rang d'honneur

RETENIR LA MER

La tragédie du monde
S'appelle Azazel
Pour ceux qui oublient le contre-don
Et ne connaissent du chant
Que le lamento de l'auto-apitoiement
Des rouquins
Sur une terre vierge oubliée
Naît Isaac et sa descendance
Pour les autres s'applique
La même justice

MER NOIRE A ODESSA

Une seule inspiration
Sans conditionnel de négociation
Pour entendre le paroxysme
D'un murmure de pierre
Dessiner les couleurs hélicoïdales
Des circularités oblongues

Les âmes en carafe sont
Simples flacons de larmes
Perlées d'obsidienne
Dans la bouteille ouverte
Qui contient la mer
De toutes les sérénités

A l'Orient des rêves carminés
Et des songes nocturnes
L'encre invisible et multicolore
Laisse le rouge aux colliers
Des animaux sélénites
Perclus de désirs sans joie

Des enchantements sylphides
Brossent la peluche des paysages
Dans d'incandescentes pirouettes
Ejaculant des stances blêmes
Sur les ovules boulimiques
Des altérations névralgiques

MILKY MURDERERS

Switchblades are green in winter
Like silent days full of singing
The explosion of the mood
Send a rainbow
To the garage of the storm
Ready to build other territories
Of snow motions

In the dark eyes of nowhere
Dazzle gives a blow
To energy eaters
Consuming them in mutations
Like a new kind of M&M's

CAMPAGNES DU PACIFIQUE

Sous les tropiques de la glace
La température d'abondance
Reflète l'infini des zéros
Dans le ballet des fusées incendiaires

Armée de kamikazes
Aux ailes taillées
Comme des porte-avions
Génétiquement interstellaires

Overdose de Fahrenheit 451
Sur les compteurs Geiger
Des mines à ciel ouvert
Que creuse le diamant

NAVAJA

La langue joue à l'escalier
Colimaçon perpendiculaire
Sur des boutures de croix ansée
Elle dévale les autoroutes ascensionnelles
Des spirales d'ocre mordorée
Remontant le long d'ogives catatoniques
Dont les métabolismes sensuels
Inondent les géométries synapsiales
De fabuleux cryptogrammes
Aux reliefs échancrés par la pluie