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jeudi, 04 décembre 2008

FER DE FOURMI EN PARAGE

Au jet rosé d'éosine
Trot courant si enflé
Les rats biens sans oseille
Morfondent les blondes de l'eau
Des embruns de maure fée
La lune leste au vent devant
Läche des croix sur Montjoie sans couleur
En pinçant pour les bras de l'assassin
Ongle sensé d'une chaude guirlande
Bordant les querelles
D'un gris qui délave les lundis

FAIRE DEUX FROMAGES JUSTE POUR RIRE

Osez Joséphine
Torticolis sans défense
Les barreaux ceints de sel
Bombent le mors des arômes
Qui s'enrhument sans fée
Une caresse de vent ardent
Voit le coeur des rois-mages
Embrassant de son sein de prince
L'or qui glande sans saison
D'un bel encore
A la vie qui jouit d'un grain de riz

THERMOFORAGE JUSTE POUR DIRE

Douze amants zoéphiles
D'aube des cors et oliphants
Zorro à Zanzibar
Comme un faune sur une bombe
Déporté par les pôles pas murs
D'un cardan sans adresse
Noir est le jade
Qui pince sans rire Robinson
En grande difficulté d'oraison
Dans son armée de souris

DES MOTS POUR N'EN RIEN DIRE

Deux oiseaux sur un filament
Deux corbeaux pour un fil aimant
Deux oiseaux noirs
Un fil au téléphone blanc

Des épaules pour porter
La caresse du vent
Comme un hâle de joie

Le son des prairies d'harmonie
En guise de pendentif
Au sourire irisé

IS THERE NOONE ELSE?

Les barques voguent
Toujours vers le Levant
Porte-avions d'armadas légendaires
Flèches nautiques
Aux parements d'or et de pourpre

Des cités englouties s'éveillent au son de la poudre, multiplex du sommeil aux décibels étincelants, la flamme au coeur du combat, danse ma colombe sur les ruines du devenir, les légendes vivent au présent, les assauts meurtriers font d'une valse un flamenco, les plumes de l'oiseau-lyre courent sur les Chants Catalauniques, règne barbare à la prégnante sauvagerie

Un aviron au trait aquilin
Sauve la partie
D'un coup de dé en plein oeil

Des cris de chouette percent le silence
Des sépulcres à l'armement léger
Comme la sandale d'un elfe
Sur les contreforts
Du gouffre de Helm

Viennent les myrmidons, phalange au doigt, menottes aux poignets, incendie dans les yeux

Freyja sur les glacis du temps
La Frémissante au creux des reins

Une hache s'abat
Sentence capitale
D'où jaillit le nouveau monde
Sur lequel flottent
Des étendards monocellulaires

Un marteau-piqueur concasse
Les débris vermeil
Des stupéfiants en vitrail
Pour une île au parfum d'univers

CITE DES MERVEILLES

La vérité est un mot
Une vérité en est un autre
Comme la relativité
Du mot absolu

Tous les remparts
Ont rendez-vous
Avec Brad Pitt
Les filles s'en réjouissent

Et les sirènes chantent
Tout aussi bien que les bienveillantes

VACATION

En vacance de soi-même
C'est se retrouver
Comme au printemps du monde
Au bord du lac
Dans les ramures d'un chêne
Pétale de soie
Qui fleurit sans rien faire
Juste en souriant à la brise
Qui peint les sanguines
Et sculpte les arômes

UN TRAIT POURPRE

La mort valse en silence
Au-dessus des faux
Et des témoignages
Peu importe les tricheurs
Le jeu distribue des mains
Egales en toutes choses
Coriandre et jasmin
Santal et fleur d'oranger
Parfums et saveurs
D'amazone à l'arc de feu

LES EPICES ET L'AGNEAU

La splendeur du tigre
Dépend uniquement
Du regard qui la contemple
Dans la plus pure
Des discriminations
Prélude à l'absolue cécité
Qui fait du voir
Un ressenti fulgurant
Qu'aucun aromate
Ne peut dissiper

NOIR DE TRANSPARENCE

Le danger est un artifice
Qui permet à la peur
D'exhaler ses parfums
Un frisson parcourant
Le ciel d'un lac
Sous lequel resplendit
La douceur du tigre
Que la danse constelle
D'ivresses à la saveur
Futile et légère selon ses goûts

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