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vendredi, 05 décembre 2008

AU PRADO DES TRILLES

Trousseau d'halluciné
L'eau du fleuve est vent froid
L'éveil sort du berceau de l'art
Dans le confort des sceaux
Douce fleur d'or des fous ailés
Clarté des enfants d'obus
Sous les ongles à l'odeur de glamour
Barbares au pas de prince
Arrondi de naissance
Tout en bas des éléments du rai
Tous les cris embellissent en parfum

NAUFRAGE AU BORD GRIS

Rose innée des corsets
Ô toi au flanc voûté
Trésor de vieillesse retardée
Dans l'or des bronzes hauts
Plante forte des soufflés
Que lave l'élan du dedans
Lâche donc cette odeur dans la cour
Des bassins offrant leurs appâts minces
Dans la ronde des sens
Du débordement de laurier
Qu'écrit en blanc ce vélin

ROSEE DE MIEL

Le miel coule toujours seul
Suspendu à un reflet de soie
Porté en boutonnière
Comme un éclair de joie

Le miel coule seul et si nombreux
Dans les charmilles du désert
Où d'énormes jonquilles
Illustrent ses abeilles

Miel d'acajou ou d'amertume
Le palais des mille saveurs
Où sur la joue coule un trésor
Comme le velours d'un baiser

BELLE COMME LE MONDE

Sèche tes larmes
Sous le sel le feu
Sous le feu le miel

Par les trois voies
Tu peux voir la femme
Et pas les formes
Qui empruntent son nom

Dans les yeux pâles de Majnun
Brille la beauté de Leïla
Comme le sacre du printemps

SANS PROPRIETAIRE CONNU

République de l'harmonie
Kolkhoze de tous les printemps
Goulag des merveilles
Où le fouet de la douceur
Règne en maître incontesté
Sur les plaines étincelantes
De la Sibérie Orientale
Kamtchatka des cosaques
Portés par l'orage blanc
Sur des ferments d'arc-en-ciel

SANS Y PARAITRE

Intangible est l'orage
Sur la place des arts
Au beau milieu de la foule
Des reflets d'incendie
Là où la mer finit toujours
Par déposer ses épaves
Goulet d'étrangleur
Qui confère à l'écho
Une patine insoupçonnable
D'argent transparent

RIVABELLA

Pays désert
Où il n'y a rien à voir
Mais qui se repeuple
En permanence
De danses d'escargots
Ou de brocs de faïence
Pour les douches
Dont la mousson
Fait des petits pains
Au chocolat chaud

VARIATION INDIGO

Dans le monde des sérieux
La comédie devient drame
Tout en restant joyeuse
Et surtout comédie

Kali la noire
Dissipe les brouillards
Des enfants du tumulte
Laissant les poignards
A ceux qui aiment
Les sensations noires

Dentelles de safran
Au-dessous des volcans

FLAMBOYANCE RUPESTRE

Une trace d'oxygène
Sur le revers de la nuit
Laisse brûler les tapisseries
Dans le décor de leur choix
Pas un bruit ne dérange
L'anthrax du silence
Qui bouillonne ludique
Sur des nuages d'encre
Aux contours de fuchsias
Et de colliers d'améthystes

PAUME D'HAPPY

Jamais ne se lasse la nuit
Où chuchotent les oreilles
De nuages distraits
Par l'écho de leur voix

Une étoile naît
Quand meurent les soleils

Le noir ruisselle
Couleur argent

Rien à faire
Dans la vision du soulagement
Qui règne en maître
Des arômes de la douceur

PROCESSION ASSISE

Le soleil plane sur les cèdres
Qui bercent les amants
Dont les contes ensorcèlent
Le coeur des enfants

La pluie nimbe les cèdres
D'une vigueur de nouveau-né
Quand leurs profonds sanglots
Eveillent les échos des fées

Sur un Liban sans arbre
Croissent immobiles les cyprès
Que frôle la reine des attraits
Dans une caresse de la langue

FER DE NAGE AU GOURBI

Oseraie des usines
Aux toits enflés souvent
Les oreilles se lézardent bien
Dans l'onde où les morts ont bon dos
Plein d'amphores ce moufflet
Sous l'haleine des dunes de vent
Crache-moi donc au doux de leur coeur
Désapant les seins bas qui s'émincent
Quand l'encens gronde en silence
Que l'airelle hante le bordel
D'un cri qui brave l'écrivain