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mercredi, 10 décembre 2008

TOMES ET CARNETS D'ORANGE

Les folies cèlent les fils osseux
Dans les vols de nuit nettoyants
Braises de fêtes des héros
Montrant la défaite qui luit
Grêle d'orage des téflons
Les ponts corsent les grandes armes
Louche et ruse de courte paille
Haut du pic vert qui luge en Ur
Depuis hier soir nuit d'hiver
Au lock-out sans les oreillons

POULIES AU NOROIT DU GIVRE

Devant le sel qui bat l'ébène
Des franges signent l'allée d'indigence
D'un beat qui dédaigne les mous
De saouls missionnaires poissent les verres d'art
D'un pot dont les prix frais habitent la mare
Servant d'épaulette à la grille des jolis fruits
Paillasson du stupre des versets d'or
Sous des croquis la sueur dévore les décodables
Des scribouilleurs du biniou polaire
Portes cochères du napalm aux mini-angelures
Les outardes gélifiées deviennent des attentats d'aise
Malabars ou danettes du frigidaire fort en front

TEMPS DES SONGES DU SACRUM

Sol de feu en piste de fête
Les toits violents des dieux nubiles
Dégrafent les haies des vallons
Aimant tant la fraîche nuitée
Sillage grêle des fend-le-temps
Les écorces d'âmes en crampon
Raillent les peluches qui gloussent
Epluchures de livre ouvert
Des poivrières de rivière
Aux calbuttes des horizons

PLEIN FEU DES PLAINES

Ebénisterie du jour
Comme un pétale de palisandre
Ou un fruit vert et bleu
Dont la chair s'aromatise
En cascades d'opalescence

Tatouage du santal
Sur la peau de l'amoureux
Dont les colimaçons ellusifs
Repeignent des escaliers plats

Oeuvres de Dame aux clefs du lac
Spirales et arabesques
Ombres et lumières du Levant

ASSUMER LOL

L'Occident n'est pas pour les béats
Ils ont déjà si peu de choses à faire
Et si peu de temps pour les contempler
Qu'il n'en ont plus à consacrer à leurs névroses
Et autres agitations frénétiques
Des visionnaires de moulins

La richesse de coeur se trouve
Au bout des chemins
Quand on a tout rendu
Et surtout rien gardé
Des étoles de soie
Qu'on montre à la pavane

TRANSAT DES CONJURES

Fête du feu en solstice
Au milieu du bois violet
De l'allée des griffons

Minuit blanc
La grande fête comme sentinelle
Des égorgements et des conceptions

Bûcher des épousailles
Où les flux givrent
Derrière les paupières
Du tort ou raison

BONS SENTIMENTS

Chacun voyage comme il l'entend
Sur un bateau nommé Cuba
Ou un cocktail rhum-coca
Aux bulles sombres
En forme de regard d'ombre
Où le coca n'est pas blanc

Tous les guerriers
Sont dans le camp du bien

Tous

Sans exception

Il suffit de leur demander
Ils le disent tous

Choisis donc ton camp
Matador des arènes sanglantes
Tu n'as pourtant qu'un seul ennemi
Sur la plaza des toros

Il est vrai dit le sourire
Que l'aile des moulins
Est suffisamment voluptueuse
Pour attirer les Quichotte
En mal d'aventure ou de renommée

NULLE AUTRE QUE TOI

Etre un geyser
Assis sur la côte islandaise
Des pétales par milliers
Sur ses branches
Ou bien des lames
Aiguisées sur le temps
Cristallines à force
D'avoir été blanchies
Sur le rouge et le noir
Etre un geyser
En forme de lac
Sur lequel une danse