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mardi, 09 décembre 2008

ABSENCE DE FRONTIERE

L'écriture décore la plaine
De chambranles en forme de cils
De décors voluptueux
Aux aspérités romantiques
D'alcôves en forme de gouffres

Avec du bois mort
Les indiens font des flèchettes
Enduite d'un curare
A retardement
Comme le reflet d'un sourire

Un damasquin de silence pourpre
Sur la porcelaine des nuages

TROUVER BAB-EL-OUED

Qaïs dessine des traces
Qu'il prétend être des mots
Dont il assure
Qu'ils ont un sens

Le lecteur attentif
Peut toujours gratter
Sous les écailles
Il ne trouve que du sable

Sable sur sable
Où donc est l'eau

LES COULEURS DE LA NEIGE

Tu es Qaïs ou Majnun
Selon que le sourire de Leïla
Regarde le Nord ou pas

En-dehors de ce sourire
Le désir s'appelle Eros
Un fils illégitime

Mais quel que soit le chemin
Le sourire commande
Et la neige règne
Sur les aurores boréales

DE L'IMPORTANCE PRESUMEE

Le feu taille les poètes
Dans le bois dont la pluie
Fait des bûchers gracieux
Sur lesquels repose la neige

Les ennuis peuvent venir
Ce qui doit être sera
Dans les bandes dessinées
Ou les livres d'histoire

Jusque dans le film
Mon nom est Personne

WHAT'S REAL, PUSSYCAT?

Repeindre les cartons
Est affaire d'enchanteur
Ou de mage à la plume d'argent

Les fées ne sont malveillantes
Que pour l'audition fragmentaire
Une lettre entre harpe et harpie

Les majorettes observent
Les moutons sur la mer
Pendant que la cheerleader
Danse pour son homme

HISTOIRE DE CAUSER

Le poète aveugle
Ne vise jamais rien
Connaissant les subtilités
Des polysémies de l'oreille

Le poète muet parle
Sans rien dire d'autre
Que ce qui doit être dit
Et peut-être entendu

Par on ne sait qui
On ne sait où
Sans pourquoi ni comment
Mais avec le sourire

SANS OBJET PARTICULIER

Avant tout
Pas de pourquoi
Après tout
Pourquoi pas
Si on veut

Avant tout
Rien
Après tout
Toujours rien

Alors chanter

POLYBIOGRAPHIE

Toutes les facettes du prisme
Racontent la saveur unique
Qui se réverbère
Sur les parois des arômes
Et les cloisons odorantes

La main de Leïla
Qui égrène la semoule
N'a pas moins d'affection
Pour une graine
Que pour une autre

Seule l'oreille
Entend tinter les épices
Qui guident la plume du vent
Sur les torrents de la mousse
Ou les flocons de l'ivoire

L'ORGIE DES BOUILLOIRES

Le ciel des vents abat des veines
Thés fragiles des élégances
Signes d'embouts dans les mérous
Qu'emploient les soumissions arvernes
L'épris lien prose aux frais des mites de l'art
Servant les fripes sans vie qui rayent les pôles
Cent vies s'empalent dans la sueur des maisons d'or
Sur des cons qui fondent sous les crocs d'érable
Un pieu git au bon air des disques bleus
Pochant l'or des gerçures qui crèchent au paradis
Mort estourbie par les pattes engelées de l'outre-rien
Que l'offrande défriche sévère en bavette d'aile mâle

CELLE QUI PLEURE

Elle pleure des larmes de sel
Des cascades de soie
Des rivières de diamant

Elle pleure la joie
Des matelots du roi
L'élégance suave
Des séducteurs impétinents
Le torticolis macabre
Des brocanteurs d'opérette

Dans l'océan de ses larmes
La foudre dessine des armes
Des marbres de sucre moderne
Des typos d'arrière-garde

Et l'encre de ses mains
Chagrine les filles sérieuses
Haridelles craignant la pluie
Des imaginaires solidaires

Alors elle pleure
Des caresses et des baisers
De feu et de glace
D'ébène et d'ivoire

Et danse la pluie
De ses bras charmants
En corolles de velours
Autour des cobras de l'amour