Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

lundi, 22 décembre 2008

LES VIERGES ROUGES

Histoire de sourire
Et de crisper les dents
Des pièges à loups


Un beau matin
Le jour se lève guilleret
Le couteau des sacrifices
Piaffant dans son étui

Mille femmes sur une estrade
Dix mille viols dans les airs
Et du sang sur la pyramide
Caressant les pierres
Jusqu'à inonder le parvis

La lumière peint du rouge
Sous le soleil de minuit
La jouissance est le fruit des meurtres


Les mondes du plomb s'horrifient
Dans les lectures rustiques
Des floraisons d'innocence
Que le non-advenu érige
En guise de sémaphores
Ou de clin d'oeil

HARD ROCK

Beauté des terres désolées
Que la lumière abreuve et peuple
D'envergures sans mesure
En semant ses reflets

Des pinceaux dans les mains
De la couleur sur la langue
Des arômes dans les yeux
La saveur vient du souffle

Beauté du rocher
Du buisson
De l'artère
Du sang sur le pavé

LA NUIT DE L'OPALE ET DU JADE

Des chars patrouillent
Le long des boulevards
De villes calcinées
Le plastic seul survit
Dans sa respiration artificielle

Bombardiers dans les airs
Aux munitions effervescentes
Et inutiles
Pas trace d'un chat
Même carbonisé

Quel est ce monde défiguré
Comme un timbre-poste mal affranchi
Peut-être un ersatz de rêve
Qu'on appellerait réalité
Par défaut

Des adieux sourient
Au tranchant des silex
Les armes bactériologiques sont prêtes
Le temps des mutants
Signe des autographes
A grands coups de bacilles

Cyborg aux mains tranchés
Des lignes de feu en orbites
Polarités des rubis sur les ongles
Des saphirs sur la langue

Un front pâle sculpté
Dans le feu des émeraudes
Des dents de neige
Topaze et onyx en éventail
Artifices pleins pouvoirs

Un diamant découpe la fenêtre
Sur des plaines de jaspe
Ouverture des soutes à bagages
Pollenisation chromatique
Déversez les arômes

Voici le grand chapiteau
Des overdoses gris argent
Aux chromes incendiaires
Sur des tapis de décibels verts

FLOU FLOU

Voir flou
C'est voir artistique
Sortir du nombrilisme aigu
Qui agite les forêts

Voir flou
C'est peindre
La vie en rose
Soit donc
En sa couleur naturelle

N'en déplaise aux géomètres
Dont la folie a inventé
La précision des aliénés

L'AMBRE DU FLOT

Suivre des traces
Qui excèdent les chemins balisés
Des préfabriqués insensibles

Suivre des flots sans balises
En-dehors de l'écume
Qui bavasse sur les plages

Rien à suivre
Pour la mécanique
Si ce n'est ses propres rouages
Qui croient en leur propre mouvement

Alors qui suit quoi
Et où donc s'opère ce suivi

VA SAVOIR

Maintenant on sait qui c'est
Le lutin au venin câlin
Qui perche au coin du romarin

Maintenant on sait qui c'est
La fille au manteau de plume
Aux yeux argentés qu'allument
Les brûlots de la brume

Maintenant on sait qui c'est
Même si on ne sait pas le dire
Autrement qu'en poésie pur plaisir

S'ENVOLE LE VENT

La lune aux yeux d'argent
Danse sur les mains de pluie
Que sèment des plumes
Au vent soyeux qui berce
Les jupes d'harmonie

L'ombre crée le clair-obscur
D'une caresse en arpège
Pour un solfège de santal
Dans les couloirs du rêve
Aux baisers tropicaux

FESTIN DES DIEUX

Aucun limite n'existe
Pour la démagogie régnante
De l'esclavage et du profit

Dans ses pauvres langages
Elle invente de frustres mots
Pour parer l'inconscience

C'est méchoui tous les jours
Pour les volontaires embrochés
A la saveur morte
Des salives du plomb

PATCHWORK ET MONOGRAMME

L'échange pour symbole
De l'intérêt comme permanence
De toutes les activités
Motivation unique
De tous les actes
Quels que soient les noms
Qui décorent les couvertures
De couleurs criardes
Tentant de rehausser
Des noblesses fictives