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mardi, 23 décembre 2008

SUR UN AIR DE JAVA

Tout doit disparaître
Dans les flammes
Ou dans l'eau
Des raz-de-marée
Dans les tornades
Ou les tremblements de terre

Alors gaiement massacrons
Egorgeons les pléonasmes
Violons les grammaires frigides
Polluons les syntaxes outrancières

Rien n'altère jamais
Le sourire des plaies béantes

LET THERE BE MOVE

Et sculpter des yeux
Sans un mot juste en souriant
En écoutant la robe
Dessiner des faisceaux lasers
Et des arabesques

Une jeune fille assise
Au faîte d'un cerisier blanc
Pendant que tombent les mondes
Dans la légèreté de sa danse

Des plumes et des canons
Des bombes sexuelles
Comme de doux sanglots
Des atrocités merveilleuses
La douceur des massacres

Va t'en donc savoir
Quelle est la couleur du vent
Que ton oeil applique
Sur un texte transparent

L'alizé et son royaume
N'ont aucun secret
Dans l'essaim des odeurs
Qui remuent sur la main

LE PLAISIR DE DETRUIRE

L'ordre social comprend
Aussi sa propre destruction
Dans sa manifestation tripartite

Détruire
Rien de plus jouissif
Pour les évadés des mastabas

Détruire
Sur les ailes des vents
Où poussent des champignons atomiques
Armés de fongicides merveilleux

Le neuf ne surgit
Qu'à l'instant où les planches pourries
De l'ordre ancien
Sont exterminées sans pitié

JUSTE ECOUTER

Les enfants sont aussi informés
Que les adultes lecteurs
A chaque époque son support
A chaque temps sa poésie
Sous n'importe quelle forme

Qu'est-ce que ça peut faire
Un autre monde brille
Sweet about me
Dans les versets qui luisent
Sous les jupes des filles
Dans le vent de l'hiver

S'il suffisait de lire
Platon n'aurait pas écrit
D'ouvrages sur l'invention
Et l'usage de l'écriture

S'il suffisait de lire
Le silence sourirait
Sans faire de remarque
Sur le temps qu'il faisait hier
Mais en jouissant d'aujourd'hui