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samedi, 27 décembre 2008

A GAZZA L'ANONYME

Les vrais assassins
Portent la marque de Qaïn
Ou bossent joyeusement
Pour le vieux de la montagne

Au contraire des chiens
Et des juges de tout bord
Qui aboient bruyamment
Ils ne s'abreuvent pas
Des misères d'autrui

Arrache-toi les yeux l'ami
Avant de jeter tes ordures
Dans l'égoût d'un autre

PRINCIPE EGALITAIRE

Le Hamas le dit
Ils font le bien
Le Mossad et Tsahal disent
Exactement la même chose
Le Hezbollah dit aussi
Etre du côté du bien
Les Etats-Unis ne connaissent
Que le bien et la liberté
Ce que disent aussi
L'Iran et la Corée du Nord

L'Europe est une région
Où on dévore allègrement
Sans se soucier des famines
Qui font 100 millions
De victimes silencieuses
Chaque année
Au nom béni
De la consommation à outrance
Et des droits de l'homme

Où sont donc passées
Les forces du mal

Tous se réclament du nom
D'un seul principe
Le bien

AU QUARTIER VERT DE LA LUNE

Les fils du diamant
Taillent leur facette
En se souvenant
Non de Gaza
Qui n'est pour rien
Dans leur propre colère
Mais des paroles
Qui murmurent tout bas
Commence par ta propre personne

Quand par la facette transparaît
La taille s'arrête seule
Comme un parfum tranquille

CHINER LA NUIT

Tombe la robe
Et se lève l'aurore
Danse une nue
Sur le velours
Du profond ressenti
Qu'elle inhale en douceur

Tombe la robe
La caresse est parfaite
Qui longe les courbes
En rehaussant l'échancrure
Où un cil vert
Peint la nuit d'un sourire

DEFLORER LES SYMBOLES

Que deviennent les Hittites
Et leurs chars
Les tables d'Hamourrabi
Et la puissance du fer

Où sont les dynasties d'Egypte
Là ne reste que mausolées
En tous genres

Où sont l'Assyrie, Suse
Et Persépolis
Ninive et Hattusas

Dans les jardins suspendus
Sémiramis ne regrette pas
La future disparition
Des hamburgers et du coca
Fleurons culturels
De la nouvelle Babylone

Bien d'autres kebabs
Falafels ou poulet tandoori
Naissent et meurent
A chaque instant
Dans le torrent culinaire
Qui sert de terreau
Aux fleurs du napalm

COULEURS DE PAROLES

Un homme une langue
Quel que soit le dialecte
Dans lequel il s'exprime

Ainsi s'érige
Le mastaba de la folie
Et ses geôles identitaires

Le Levant n'a nul besoin
D'Orient ou d'Occident
Le Nord seul
Lui sert de polarité

GARDE-BARRIERE

Se tenir face
C'est encore contester
Position de rebelle
Qui crée la souffrance

Armée de mots
Qui font sens
Sans en avoir
Un vain discours

Apprendre à boire
S'improvise en permanence
Dans les ravages
Que l'alcoolisme dévergonde

GEOMETRIE INNOMBRABLE

Plate et ronde
Comme un cercle
Ou une ellipse
Vibrant au gré des parfums
Que les facettes d'un prisme
Projettent sur les murs
D'une chambre blanche
Comme une nuit sans lune
Plate et ronde
Comme l'oxymore argenté
D'un autre monde
Au téléphone incendiaire

EPINAL ON ICE

La garde ne se justifie
Que pour les propriétaires
Personne de sensé
Ne songe à garder le vent

Fruit de la peur
Le gardiennage obsolète
Ignore le meurtre en série
Et ressent les tourments
Comme autant de délices

Des ombres aux yeux clairs
Dansent sous la lune
Sans pitié

LES SALINES CALIFORNIENNES

Goût et dégoût
Comme des figures de style
Ultimes rescapées
Des combats douteux
Du bien et du mal

Courir assise
Voilà bien un exploit
Pour lequel les records
Sont légion
Chez les volontaires admirables

Et l'immobile vitesse
Sourit impassible
A la lisière des yeux
Qui décrivent des mascaras
En arabesques sur la soie
Des dimanches matins

SORTIE DE PRISON

La marque de l'assassin
Différencie l'homme du mouton
Qui suit les troupeaux
Comme un âne

La marque de l'assassin
Ne s'imprime qu'une seule fois
De manière indélébile
Comme la foudre gravant
L'initiale des affranchis

La marque de l'assassin
Ne connaît pas la jalousie
Du libéralisme carcéral

TYRANS SOUS LA PLUIE

Toutes les tyrannies
Sont des contes
Sur lesquels des soleils
Oblitèrent leur ombre
Dans l'affranchissement
Qui renforce leurs chaînes
De populations soumises
A de noctambules travaux
Dont les saveurs mordorées
Emmêlent les sens