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mardi, 06 janvier 2009

RIDEAUX DE PERLES

Une nuit sépare deux jours
Comme un filtre
Aux multiples brumes
Aucune forme d'optimisme
Ou de pessimisme
Ne survit à sa traversée

Sur les prairies vertes
Nul ne connait de l'apocalypse
Que son sens premier
Pas ses néologismes déformés

Chacun vit à la mesure
De ses contemplations

SMALL IS BEAUTIFUL

Quand s'éteint une musique
Survient une autre mélodie
Voire un son
Comme un cristal d'argent
Sur la racine d'un cèdre
Du Liban de Gibran

L'océan sculpte des mains
Qui bercent les rythmes
D'une valse sans temps
Autre que l'accomplissement
Des chemins fabuleux
Au-delà des chimères

ANAKA SONG

Territoire africain
Où marche la nuit
A pas de velours
Sur les braises d'une voix
Au grain transparent

Les guerriers respirent
Les sons de la forêt
Que les dragons parent
De reflets d'aurore brûlante
Au satin étoilé d'harmonie

Pas de chemin ni de piste
Tous sont assis
Autour du feu
Qui chauffe le coeur
En éteignant les yeux




à Geoffrey Oryema

EAU SAUVAGE EXTRÊME

Tout poète sait gré
D'être une plaie ouverte
A jamais dévorée par les vers
La poésie efface les scripts
Des antériorités malhabiles
Au scénario de paille
Aux parfums étourdissants
Et à l'oubli notoire
Comme sous l'effet
D'un baume régénérateur

LAPIDER LES MAREES

Dire non à l'horreur
C'est l'encourager
A accroître ses visites
Cultiver un mauvais rêve
Prendre la balle pour le grain
Jamais ne cesse
Le mouvement des marées
Mais personne n'évalue
La qualité des vagues
Ou l'attitude de l'écume

TRACES DE NEIGE

Sur la neige
Que de traces de femmes
Au pas léger comme plume
Qui trace des arabesques
En formes de sourires
Elaborant des mystères
Avec la nacre de leur peau
Qu'une caresse dévoile
Tel un baiser déposé
Sur le silence des lèvres

APPROXIMATIVEMENT

Rien d'autre à faire
Que dire l'os
Sans autre forme
De procès
Sans forme ni procès
Même pas le dire
Juste montrer
Sans montrer
Dégrafer tous les corsages
Jusqu'au centre de la pulpe
Et puis rien d'autre
Resplendir peut-être
Même pas
Respirer
Sans air
Jubiler peut-être
Par choix
Tuer le temps
Sans heure

PRETS ET INTENTIONS

On fait tout dire
Au poète mort
Qu'on n'écoute pas
Les philosophes notamment
Qui n'aiment le poète
Que reposant en paix
Chacun son théâtre de mots
Sa projection privée
Où le spectateur juge
Sans rien voir
De la trame qui sous-tend
Le mouvement des ombres

POLICE DU METRO

Les vieilles dames
S'accidentent juste
Au fil du temps
Les loups sortent du carnaval
Le jour d'un printemps
Qui ressemble à l'hiver
Tant le mouvement
Des tuméfactions inédites
Fait sourire l'éclat
Des floraisons sucrières

DEGROSSIR

L'identité est sans identité
Deux portent un même nom
Et n'en sont pas moins autres
Tout en étant même
Suivant le point de vue
Qui les contemple
Ou ne les contemple pas
Ou plus
Clarté de l'obscur
Hermétisme de l'ouverture
Unique affaire du regard
Le raffinage du décor

LA CROISIERE DE NANCY

Ni parque ni pimbêche
Juste une collectionneuse
De timbres affranchis
Un sarment de désespoir
Qui oublie de parler
Mais cherche aveuglément
A retrouver dans les reflets
Son intuition originelle
Le regard chaloupé dans l'écume
Par les bracelets qui l'enchaînent