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mercredi, 07 janvier 2009

JUSTE UN MOT EN PASSANT

Des mots qui vivent
Et puis qui tuent
Pour que leur succèdent
Des mots affranchis des mots
Et aussi des maux
Des mots qui vivent enfin
Libérés des maux
Que leur infligeaient les mots
Enchaînés par leur condition
De n'être que des mots

A LA VALSE

Une vie ne se résume pas
Elle se raconte
Comme l'éclat d'un court instant
Qui glisse entre les doigts

A chaque instant une vie
A chaque poème une autre

Milliards de mondes
Qui se reconstruisent
Instantanément
Sous la caresse
D'un embrun pourpre
Sans laisser une trace

FIFRE AUX LEVRES

Champ de bataille
Comme le chant du roseau
Observant les merveilles
Que les courbes du ruisseau
Dessinent sur la voie lactée
Epandant dans les sillons de nacre
De tuniques soyeuses
Un festival de coloris fiévreux
Aux danses vagabondes
Dans l'effluve du parfum

SUR TES CILS

Douce courbure
Qui enveloppe les hanches
Pour déployer ses rubans
Et ses mouchoirs de dentelle

Douce courbure
A la démultiplication légère
A la profusion légendaire

Enveloppe de saveurs
Mirifiques comme les yeux
D'une femme innocente
Qui scintille de joie

UN PETALE DE VELOURS

Un vent doux et froid
Sur des yeux clairs
Perce les derniers nuages

Une étoile chante
Une voix calme
Posée sur ses épaules

Sculptant le lierre
Des spirales du givre
Une caresse invente la chaleur
Aux milliards de saisons

LES FLOTS D'ARÔMES

Sur les bords du fleuve
Des livres
Comme autant de photos
Des rives du temps
Aux chromes satinés
Aux saynettes amoureuses
Aux mille et une histoires
Qui font de l'existence
Un patchwork de couleurs
Aux fragrances innombrables

VAGUE ABONDANTE

A petit pas
Comme un souffle ondulé
Traverse une Espagne qui chaloupe
Dans sa démarche suspendue
Aux lèvres sans complexe
Qui élaborent des sucs
D'où se répand le miel
En vagues de chaleur
Inondant les hanches
Des péninsules attendries
Par le ressac généreux
Qui berce de son charme
La tendresse des bras
Montée de sève
Châle de perles fines
Qui crible de douceur
Les faubourgs tropicaux
Dont se délectent
De mutins alizés
A l'insouciance fort hazardeuse

TRANSFIRE

Danser sur le velours
Des clous d'argent
En guise de rockettes

Surfer sur n'importe quoi
Pourvu qu'il ne glisse pas
Tout en restant fluide

Aimer à ne plus savoir
Quand faire l'amour
Puisque le temps
Ne permet qu'un séjour

VARIATIONS ORIENTALES

Un jour de RAF
Comme un fragment bleu
Tombé d'une écorce

Les Tchèques tiennent les trains
Mais Lara chante quand même
Sur la steppe enneigée

Vladivostok dernier tango
Six femmes dans la ville
Les danseuses du saloon

Milliers de soldats dans l'ombre
Un cosaque et un fouet
Qui écorche les filles