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jeudi, 08 janvier 2009

SANS RIVE

La foudre passe à chaque instant
Dans le venin qui nourrit
Les fleurs de napalm
De senteurs de silice
Ou d'arômes insouciants
Il n'est pas d'endroit
Où sa caresse furtive
Impose une loi d'airain
Faite de charme et de sortilège
Parfumés au jasmin

NO INTENTIONS DAWN

One day lightning comes
And measures disappear
As words do
Because whatever they say
The measure is in
Lead can become gold
Because lead is gold
Even if there's only clear eyes
For seeing it
But gold is made of pure wind
Whispering through the night
Like a delicate sigh
Coming from under above

T'ETONNER

Un son dans la main
Dévergonde la nuit
Sur des arpents de braise
Aux joues rayonnantes

Sur la courbure des hanches
Un doigt de velours
Grappille des frissons
Au bout d'un harpon de satin

Un solfège sans notes
Emince la peau sensible
Qui s'ébroue dans l'éclat
D'un sourire d'arôme

VILLAGE GREEN

La nuit poreuse
Et ses perles de brume
Règne sur le paysage
Entourant une tour
A l'horloge arrêtée

La voix des femmes
Guide les pirogues
Qui enlacent les nuages
Dans la profondeur
De leurs décolletés

Feuille après feuille
Un calepin s'amenuise
Sous la transperce
Qui caresse ses flancs
D'une onctuosité sans égale

Délice après délice
Cyprine après cyprine
L'onduline retrouve
La planitude du charme
Au gré des parfums
Qui fécondent son empreinte

VELUX DES PROFONDEURS

Le talent de base
En tant qu'unité monétaire
Flotte de lui-même
Sans effort aucun
Au centre de sa balance
Admirant l'élégance
Avec laquelle d'autres talents
Se déploient langoureusement
Tels de merveilleux lassos
Aux gymnastiques d'aventures

QUELQUES SARMENTS

Sous la couette
Aux mille senteurs
Une braise délicate
Réchauffe les membranes
Dans un trémolo permanent
Venu du fond des âges
Elle remonte les capillaires
Pour incendier les pétales
Dans d'innombrables caresses
Que des yeux mutins
Peignent aux arômes
De la chaleur s'il en faut

PAPERBACK

Le bâton des cheerleaders
Prend toujours la vie
Au sérieux

La conscience sourit
De ne voir l'opaque
Que dans le tournoiement
Des projections fictionnelles

Au défilé des marguerites
Les belles s'effeuillent
En torrents de cyprine

STABLE ROULIS

Le poète suit le rêve
Avec des pieds qui traînent
Sur le rebord des mondes

C'est une histoire de regard
Une affaire de famille
Où l'orphelin sourit
A ses parents

Le rêve suit le poète
Ou le précède
Au creux du même instant

PRISE RAPIDE

Le présent se réinvente
A chaque instant
Le temps de mettre
Des pinceaux dans les yeux
Et de tracer des arabesques
Sur le gris qui perle
Au coin du regard
Rien de plus simple
Pour meubler les lambris
Au goût du jour

AMPLITUDE DU MOUVEMENT

Quelle neige s'envole
De la montagne
Dans les intervalles
Qui luisent sous les mots

Pas une parole
Ne vaut plus
Que le blanc qu'elle écrit
Sur la neige

Au confluent des montagnes
La neige suspend le vol du temps