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samedi, 17 janvier 2009

A BLOODY RAIN

Bleeding on paper
Like a snowy avalanche
Falling from under the sea
On an ocean of white clouds
During the darkest night
Ever seen over the rainbow
Bleeding water by the sword
Lightning strikes with green aura
Firebolts upon the river flow
In arabesques of silk

DU RIFIFI DANS L'AIR

L'idée est toujours dans l'air
L'idée n'est que du vent
Et le vent n'est fait que d'idées
Qui vagabondent nulle part
Pour échafauder les tréteaux
De la scène du crime
Permettant à la comédie des confins
De déployer ses fastes
Sur des nuages pailletés
Par les voyages idéels

L'ANCRE DES MERS

L'écriture est une ancre flottante
Dont le feu intérieur
Se nourrit du bois
Dont on fait les cercueils
Pour optimiser les linceuls
Et blanchir les cheveux
Dont l'aura verte coule
En flots suaves
Sur des mains ouvertes
Aux arômes de douceur

ISPAHAN

La moitié du monde
Repose entre les seins
D'Ispahan la blanche

La rivière qui donne la vie
Irrigue de ses caresses mordorées
La plaine verte et ses mille oasis

De la vieille place à la place du roi
La carte du monde resplendit
Sous l'or des Seldjoukides

La femme aux huit paradis veille
Dans l'élégance d'un crépuscule
Embelli par la rosée d'une aurore

FLOW BY FLOW

Le monde flottant
Est un étrange déhanchement
Qui plane sur une rétine
Attendrie par la pluie
Et les beautés qu'elle dessine
Sur les courbes voluptueuses
D'un cercle d'argent
Dans lequel se réverbèrent
Les elliptiques danses
Du visage du temps

MAKE ANOTHER MOVE

La poésie n'a que faire
Des langages du plomb
Armée de métaphores insomniaques
Elle écorche les pelures
Qui ne racontent que sottises

La poésie est une fellation
Dont l'ambre est une semence
De pure stérilité
Qu'un hydravion ramasse
Dans les chants du napalm
Pour en tapisser gaiement
Des velours d'ammoniaque

Pas un atome n'échappe
A la gestion des flux tendus
Par l'arc des impossibles
Plate comme une limande
La poésie ne reste bandante
Que pour l'acrostiche du vent

AU DOCTRINAIRE ENRICHI

Géronimo monte à cru
Sans qu'un seul mot ne se répète
Dans le phosphore blanc
Qui bombarde les civilitudes

La souffrance se marre
A la porte des cimetières
Où des ombres croient entrevoir
Le manège enchanté

Castor et Pollux en overdrive
Qui passent le mur du son
Sans qu'une aile acrobate
Ne se risque à les suivre

BLINDFOLD TEST

La muse n'a nul besoin de voir
Dans la cécité qui transfigure
Même les moulins
Qui agitent les eaux
D'encres sucrées
Personne ne cueille le parfum
En-dehors des professionnelles
Du livre des doctrines
Dont se moque l'alizé
Paraplégique et mutin

PHOSPHORESCENCE

Les couteaux naissent
Au pays du fun impitoyable
Là où les lames désossent
Les rêves périmés

Fascisme en dentelles de poivre
Au piment qui fait bander Cayenne
Dans les cyprines du jasmin

Torpilles dans les yeux
Des périscopes d'abondance
Réinventent le huit américain
Dans ses délires horizontaux

Au bon vouloir des Thunderbolts
Des pluies de foudre
Egrènent des sillages merveilleux

CURE D'AUSTERITE

La musique du hasard commence
Par une trilogie new yorkaise
Fragments du froid dans la tourmente
Au pays des dernières choses
Sur lequel le palais de la lune
Etrenne la musique du hasard
Le Léviathan dévore le carnet rouge
De Monsieur Vertigo égaré
Dans la solitude du labyrinthe
Qui le mène à Tombouctou
Livre des illusions
Avec lesquelles la nuit de l'oracle
Peuple les folies de Brooklyn
Dans le scriptorium
Qui rayonne seul dans le noir

ESCA(L)PADE

Sous l'empire des métaphores
Les métamorphes crucifient les réverbères
Elaborant des couleurs
Aux armes d'un sang
Qui ruisselle en lambeaux
Sur des routes immobiles
Des cascades dévergondent
Des sables frigides
Dans le paroxysme d'un éternel climax
Aux luxuriances éhontées
Dont nul ne se préoccupe
Dans sa jouissance permanente

BREATHING

Le sens ne s'effiloche pas
Il ne perd jamais un brin
Ni même un cil

L'essence se consume
Comme tout carburant
Qui se sait condamné

Quand les mots ont des ailes
Les hommes sont assis
Ecoutant les danses du feu
Et leurs arômes de douceur