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dimanche, 17 mai 2009

GROS-OEUVRE D'UN VERS

De l'amante au vin
Et du vin à la menthe
Les mots ne manquent pas
Pour raconter ici-bas

D'étranges fleurs d'abeille
Au sang de sucre doux
Déclinent les élévations
Dans la ferveur d'un sourire

Et des formes pérennes
S'allongent au fil de l'eau
La taille d'un rasoir arc-en-ciel
Et d'une lame de parfum

vendredi, 15 mai 2009

PUBLICITE

Le public existe
Pour la grâce du spectacle
Ou pour le plaisir
De se repeindre
En autre de mon choix
Le public est lui-même
Un pur divertissement
La lune en string
Sur l'eau claire des yeux
Qui ne voient aucun mal

LE MUET ET LA SURDITE

Le barde parle dans le vide
En souriant sans cesse
Du silence qui enjolive
De lui-même le strass
Et les paillettes de rosée
Que d'aucuns meublent
Du son charmant
Des tronçonneuses
Et des toupies de béton
Qui décorent de leurs arômes
De pollen enrhumé
Les confins de l'écume

jeudi, 14 mai 2009

SUR DE L'ABSENCE DE REPONSE

Grand merci à l'auguste
De comparer la rigole
A la pissotière de Duchamp

Pour une fois que la lucidité
Passe par la case ascension
Cela vaut bien attention

Les termites en feu
Ne mange pas du zirconium
Qui scintille sur le soutien-gorge
D'une tapineuse de banlieue

SOLO DE SAULE

Pas de pleurs
A part une averse
Mousson des moissons
Que la faux dépose
Au creux des reins
D'un printemps sur lequel
Fleurissent des dragons
Comme autant de bannières
D'un velours souterrain
Au pouls incendiaire

STRABISME (CON)(DI)VERGENT

Tu lis ce que tu veux
Ou ce que tu peux
Dans les fables
Que le monde te soumet
Et que tu repeins
A la couleur de ton choix

Du sourire pour les indigents
Du sérieux pour les volontaires

Essaie donc de voir global
Plutôt que d'extraire
Un jus non représentatif
Ou un segment marginal

CONTREBANDE EN DOUCE

Tu peux songer
Le poète t'y invite
A la kalachnikov
Ou à l'épée
Ou à toute autre arme
De ton choix

Mais tu viens du pays
Où l'on célèbre le passage
En lui tournant le dos
Question d'échelle probablement
Ou d'amour des falaises
Qui donc peut bien savoir

Le poète aime aussi les katioushas
Ou les orgues de Staline
Le murmure lui sied tout autant
Tout dépend en fait
De la qualité de l'écoute
Le volume s'adapte au cérumen

NAVIGATION DE PLAISANCE

La honte ne s'occupe
Que des oublieux
N'ayant pas trouvé
De grand oiseau noir
Pour dévorer son siège

Loin du feu
Loin des yeux
Dit l'étincelle en souriant

On en voit des équipages
Sur leurs radeaux
Dont la richesse est grande
Et dont la fortune
Ne s'occupe pas
Faute de demandeur d'emploi
En matière d'aérodynamisme

LE STIGMATISE

Il stigmatise la bêtise crasse
Il stigmatise la trouille
Il stigmatise la mauvaise foi
Il stigmatise le relativisme absolu
Il écorche des pitres
Qui s'en battent le cocotier
Et le plaindraient
S'ils avaient simplement
Envie de perdre le peu de temps
Que dure une existence

TRANCHE DE VIE

Ne pas écrire pour rien
C'est ne pas écrire du tout
Aligner comme Qaïs
Du sable sur du sable
Sans voir perler une goutte
De cette eau
Qui reflète le diamant
En filigrane lumineux
Sous la moire de l'écume
Et le velours de la nuit

mercredi, 13 mai 2009

A L'URINEUR DES FAUBOURGS

Pathétiques sans frontières
Unissez-vous
Sous l'auguste bannière
Du chien qui pisse
Sur un de ses reflets
Délimitant son territoire
D'étrange cocagne
Jaune comme le soleil
Liquide comme l'eau
De ses yeux vitreux
Qui boivent le vin rêche
De ses divins rêves

CARA MIA

Qui sait lire
Sait reconnaître
Le sexe de l'écriture
Qu'il soit biologique
Ou faveur de la nuit

Des bergères ou des marquises
Sur des îles ou des goélettes
Qui peut donc bien savoir
Ce qui navigue dans le courant

La mer dans la main
Ondule sous la caresse
Qui flatte sa croupe
D'un souffle mutin

ABL(A)(U)TIONS AU CHOIX

Etendre un bain

D’électricité harmonique

Sur une plage ou un écho

Une aria canadienne

Un blizzard de champagne

 

 

Nourrir le larsen

Comme un feed-back langoureux

Des arpèges au bout des doigts

En guise d’ongles de santal

Déforestation au cutter

 

 

Distorsions sans appel

Une overdose pourpre

Une pupille en sucre

Qui déflore les iris

Le temps d’un velours afro

mardi, 12 mai 2009

BANDAS

Les guerriers du chiffon
Aiment la muleta
Qui s'agite sans cesse
Dans leurs yeux
Au merveilleux absent
Et au sérieux constant
Epaisseur velue
Qui oblitère le sourire
Sur lequel ne dégoulinent
Que d'obscures transparences

CAMPING BUCCAL

Nul n'aménage le langage
Sans que le vent ne soit convié
Pour harmoniser les couleurs
A la saveur de l'alizé

La rune est une effeuilleuse
Rutilante sous l'oeil
Qui la caresse d'un doigt
A faire trembler les catacombes

Ainsi ne parlent que les muets
Sans se soucier des diphtongues
Exhibées comme des ampoules
Par l'amateur de schollitude

3PIN3UIL

Sur une table ronde
Un vin de glace
Au sourire mordoré
Comme l'Irancy rosé
De chez Collinot
Vin de légendes
Aux reflets de satin
Illuminant les verres
Devenus photophores
Par la grâce de son eau

lundi, 11 mai 2009

UNE VAGUE HISTOIRE DU CERUMEN

A la ferme étonnante
La musique a un goût
De soie pour les yeux
Qui connaissent la nuit
Et une saveur émouvante
De toile émeri
Pour les oreilles encrassées
Par le bruit du pétrole
Du moteur qui éternue
En circuit fermé

CARAMBAR AU VINAIGRE

Mais tout le monde
Absolument
Se fout éperdument
Des cacas nerveux
Des augustes seigneuries
Au regard si vertueux

Tout le monde s'amuse
A jeter des sucres d'orge
Aux pingouins du zoo
Qui paradent en cadence
Au bon vouloir
Du vent d'été

Le monde ne se lasse pas
Dans son infinie patience
D'enrober ses gâteries
D'emballages amusants
Comme un jeu de piste
Qui ne mène jamais
A l'île au trésor

CORRIGE-MOI ENCORE

Et le vent rit
De se voir corriger
Par un épouvantail
Qui croit encore
Sur son aura de poussière
Aux vertus du cancrelat
Et des blattes sans amertume

Et le vent rit
Dans les étoiles
Glittering en arpèges
Sur des velours de nuit
Sans se soucier
Du qu'en-dira-t-on
Des idiomes cramoisis

Au vent qui rit
Je dépose mon sourire
Sans armure ni treillis
Pur privilège des amis
Du caravansérail de passage
Sur lequel fleurissent
Des cimeterres de jasmin

CIRCENSES SANS PANEM

La brigade légère
C'est pas pour aujourd'hui
Quand le sanglier baguenaude
Sur les glands des travées
Dans lesquelles le suif s'imagine
D'une importance capitale
Pour la venue du saindoux
Qu'un murmure dessine
Dans le dos d'une otarie
Portant un ballon bleu

ESTANCIA DEL NORTE

Au royaume des épées
Une guitare andalouse
Ou une katiousha
Pose délicatement
Un baiser de femme-araignée
Sur la vapeur intense
D'une émulsion impériale

D'un trait velu
Une gourgandine dessine
D'ignobles vertus
Sur des points cardinaux
Familièrement inconnus
Aux habituées éphémères
D'un no man's land savoureux

Vient le temps sans temps
Dansons encore un slow
Des allumettes dans les yeux
Aux flammèches étonnantes
Qui peignent la voix du sucre
Sur des alizés dressés
En arc-en-ciel fulgurant