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mercredi, 23 février 2011

SIN PLAYA

Tout poète est connu
Au moins des femmes
Qui l'ont sculpté
A même la peau des nuages

Chair de tonnerre
Derme de bois
Le velours de l'épée
Et le sang de l'outrage

Pas un vous n'encombre sa mémoire
D'où l'oubli s'est absenté
Pour ne garder qu'un sourire
En guise d'éloge funèbre

Clerc d'une nuit
Noir est si blanc
A l'inventaire du nu
Se délient les saveurs

Tout poète est connu
Que voilà une belle jambe
Qui repose sur des pieds
Dévorés par les vers

NU DU PREMIER JOUR

Au secret des portes
Comme à l'ouverture des couvents
Les vasistas sont nombreux
Qui entrebaillent leurs dentelles
Perches sonores vers des abîmes
Au-dessus desquels se frôlent
Les ailes nacrées des libellules

Au secret des jours
L'équipée sauvage de la nuit
Langoureuse et violente
Comme la caresse étoilée
D'une main de cocagne
Sur laquelle une hirondelle
Trace des cercles magiques

Cent  secrets pour toujours
L'incendie s'épanouit en ellipse
Des vagues rayonnantes sur la peau
Un alluvion intime au fond de l'iris
L'ombre comme une cape
Dont le regard scintille
De mille et un reflets d'opale