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dimanche, 27 mars 2011

SANS OUBLIER L'ANDALOUSIE

 Toréador

Ton prénom est écrit

En lettres de sang

Sur le sable de l'arène

Où tes pas t'enterrent vivant

 

Une cape et une épée

Et la danse pour atout

Une femme aux tisons

Qui charment les toros

Dans le vent de la muleta

 

Sangre de Luz

La mort au carrefour

Sourit de ces entrechats

Que le destin tricote

Sur l'escalier qui stationne

Au rez-de-chaussée de l'épilogue

samedi, 26 mars 2011

CONTAMINATION

Qu'on danse dans la matrice
Où la milice est pluie
Et la police l'arôme du romarin

Qu'on se dise perce
Et que l'orage fonde
En geyser péruvien

Condense la danse
Concentre la stance
Sans séquence pour un plan
Tout est dans le poignet
Qui brode ses kalashnikovs
Sur du papier incandescent

SE LA JOUER

La poésie a le triomphe modeste

Quand sur les champs du génocide

Ne subsiste à peine qu'un murmure

Et plus un seul gladiateur

 

La poésie est une sottise

Dit le prédateur aux yeux

Dans lesquels germe le velours

D'un son comme un joyau

 

Fais le tour du cadran

Mon bel ami

Dix mille siècles

En une seconde

De quoi nourrir

Des milliards d'affamés

 

Et raconte-moi tes voyages

Sur la porcelaine et le thé

Dans l'infusion et ses volutes

Qui serpentent sur tes épaules

 

Je te relie de loin en loin

Toujours au creux de la main

Sur des écritures aux cheveux noirs

Sur des écritoires aux chemins durs

Sur la peau tendre inondée

Des fleurs de ton sourire

 

GUNS GUNS GUNS

Notre mère la terre

Qui invente le rock'n'roll

Donne nous aujourd'hui encore

De la musique et des filles

Pour prolonger nos vibrations

Sur l'asphalte de tes nuits

 

Notre père du blues

Que ton regard serein porte

Nos cicatrices enthousiastes

Que le baume du venin

Transmute en antidote

Rebelle à tous les poisons

 

Et nos mustangs ricochent

Sur des tapis de velours

L'irradiation au bord des lèvres

Comme un champ de gentianes

Flottant au firmament

D'une autoroute circulaire

 

à Jeffrey Lee Pierce

 

http://www.youtube.com/watch?v=hvvGM3QhtOg

PALACE DE PLEIN AIR

 Jubile un bijou qui rutile

Sans utilité autre que futile

Jubile un banjo subtil

Sous les terrils hydrophiles

 

Maestro de la douceur

L'arpège développe ses volutes

En sandales de clarté

De la beauté sans quartier

 

Sur un blues sans un cri

Le murmure s'élance épanoui

Suspendu au sourire

Qui scintille dans ses yeux

QUINTETTE

A creuser le feu

On déterre la pluie

Magnifiée par l'ascendance

De ses torrents envenimés

 

A piocher la mer

On surfe sur la nuit

Qui s'étourdit fiévreuse

En papillons de soie

 

A ne rien faire

Que regarder souriant

Les atouts de la quinte

Qui dessinent le ciel