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samedi, 29 octobre 2005

ODE A JEAN

Dans ton pays, à chaque coin de rue
Aux centres d'accueil de l'Armée du Salut
Tu peut regarder tout à loisir
Les modèles des photos que tu admires

Ces photos merveilleuses d'humanité
De gens exténués par leur journée
Par la misère et la saleté
Pour eux, qu'as-tu donc fait

Le regard empli d'amour et de charité
As-tu donc oser les photographier
Pour ensuite les exposer
Voire même les encadrer

Dans ce comportement arrogant
Misérabiliste et indifférent
Peux-tu me dire ce qu'est ton humanité
Où est le merveilleux dont tu te repais

Tu excuseras mon impertinence
Je ne vois là qu'obscénité et arrogance
D'une classe de privilégiès égotistes
Confits dans des attitudes autistes


Dédié au commentaire de Jean sur la photo "trouver le sommeil" de Sonia Bressler (rebelle.blogspirit)

VOYAGEUSE

Qui es-tu, toi l'étrangère
Qui me fixe de cet oeil ordinaire
Tu as du traverser la terre entière
Pour trouver ici un nouveau cimetière

Les formes et apparences sont différentes
De ces contrées dont tu es l'habitante
Rien d'autre ne nous sépare
Que l'appareil qui te sert de regard

M'as-tu dit un mot ce jour-là
M'as-tu témoigné de la joie
Qu'as-tu donc bien pu faire pour moi
A part shooter une photo pour toi

Mon regard perce l'objectif
A la rencontre de spectateurs attentifs
Je ne connaîtrai jamais rien d'eux
Mais je sais qu'ils sont peu nombreux

Les relations humaines dans ton pays sont une spécialité
En quoi ici les as-tu pratiquées
Les opportunités n'ont pas du te manquer
En quoi ton voyage a-t-il aidé l'humanité

NE RIEN FAIRE

Tout ceci n'est que trop vrai
Rien ne sert vraiment de travailler
Mais comme on a tant entassé
Il convient maintenant de déblayer

Purger la fosse de son purin
Vider le coeur de ses chagrins
Retrouver le vide originel
Laisser briller la lumière éternelle

Tout retrouvera l'état initial
Tôt ou tard règnera ce calme abyssal
Rien ne sert de lutter à contre-courant
Ceci ne gènère que souffrance et tourments

anticiper l'heure des retrouvailles
Souscrire de nouveau aux fiançailles
Se savoir désirée depuis toujours
Et découvrir enfin le mot Amour

PERDRE L'INUTILE

Perdre l'existence pour retrouver la Vie
Veut dire quitter l'ombre où l'on dépérit
S'envoler vers un autre nulle part
Qui n'est pas ailleurs qu'au point de départ

Seule la peur est responsable
De ces retards inacceptables
C'est pour cela que les appelés
Sont peu nombreux à l'arrivée

La danse se poursuit dans toutes les atmosphères
Par delà montagnes et rivières
Empruntant chemins et ornières
Galaxies lointaines et stratosphère

Les danseurs éveillés à son passage
Déploie pour sa gloire leur ramage
Deviennent chanteurs ou poètes
Moines, mystiques ou prophètes

Aucune courtisane ne saura rivaliser
Avec cette beauté nommée lucidité
Toutes ses faveurs vous sont accordées
Sans même que vous les formuliez

Perdue dans la contemplation
Sans nul espoir de guérison
Aucun retour envisagé à la raison
Rien ne soutient la comparaison

OFFRANDE

Apprendre la patience, mesurer la sagesse
Effectuer un acte d'une impulsive tendresse
Qui peut savoir vers quel rivage porte le courant
Tu ne le sauras qu'en avançant et pratiquant

Tout ceci ne constitue que des évidences
Dont il convient de regretter l'absence
Peu importe où et quand s'est perdue l'innocence
Aucune envie de retenir les offenses

N'arrive que ce qui doit advenir
Quoi que ce soit, il finit toujours par périr
Posé sur l'axe, un seul point
Occupe à peine tous les chemins

Met ton coeur sur ta main
Offre le en pature au destin
Que les flammes s'en emparent
Pour en faire un étendard

ALTITUDE

Tranchée de lumière en haute atmosphère
Un écrin virginal en guise de litière
L'immaculée pour servir de couverture
Ceci forme une bien jolie toiture

Seul un souffle glacial retentit
Pas une impureté sidérale qui s'oublie
Nulle autre résonnance que le silence inaudible
Pour ressentir cette présence indicible

L'écho du silence a secoué tes larmes
Pour les tranformer en cristallines armes
Lors de la fonte de tes émotions
Elles ruisselleront par millions