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dimanche, 30 octobre 2005

TREK

Dents de neige sur fond d'azur
Un écran digne de ta démesure
Visage peint sur la falaise
Un miroir pour te mettre à l'aise

Pas un nuage blanc sur l'horizon
Aucun signe d'insurrection
A portée de main une tentation
4000 mètres d'ascension

Une douceur à côté d'autres sommets
Qui demandent un prix sans consentir de prêt
La roche y est liquide et brulante
La glace s'y trouve excessivement pénétrante

Sur ces hauteurs on ne trouve que l'humanité
Du moins, ce qu'il reste de sa cordée
Dans les abîmes beaucoup sont restés
On peut les contempler, gelés et pétrifiés

Une sclérose à combustion lente
Les a emmenés dans une tourmente
Ils auront peut-être droit à une prochaine fois
Retomberont-ils alors dans ce vilain froid

ARDENT

Tout fond, tout se répand
Comme une coulée de vif-argent
Tout disparait dans ce néant
Qui résorbe tous les tourments

Pièce après pièce le feu progresse
Par moments sans délicatesse
C'est jour de foire, tout doit partir
C'est jour de gloire, tout doit périr

Ne subsistera que l'essentiel
Choisi seulement par l'Eternel
Et s'il n'en reste pratiquement rien
Ce ne sera pas un chagrin

Ce n'est en rien le feu de l'enfer
Ce brasier qui brûle sans air
C'est le bûcher des vanités
Et autres orgueil et avidité

VOILEE

Tu es fascinée par l'abondance de la danse
L'hypnose divine te maintient dans la transe
Une sarabande endiablée te propulse
Sans qu'absolument rien tu n'impulses

Tout se déroule sans ton consentement
C'est la puissance de l'enchantement
Tu ne seras jamais que la contemplatrice
En aucune manière tu ne pourras être l'actrice

Quoi que tu puisses fantasmer sur cette réalité
Ce sera toujours inférieur à ce qui est
Pensées, sensations, affects, émotions
Rien de cela n'est du à ta contribution

Tu as créé les voiles qui t'ensorcellent
Toi seule peut te sortir du sommeil
Les hébreux disent qu'à la septième heure
Se jouent la Vie et le choix des faveurs

Pour savoir à quel temps correspond cette heure
Il faut faire preuve de vigilance et d'ardeur
Sachant qu'il manque un paramètre
Pour en avoir une vision complête

QUE FAIRE DE TOUT CE TEMPS ?

Que peux tu faire de ce temps
Dont on ne sait s'il existe vraiment
Tu pourrais essayer de savoir qui tu es
Si tu n'es pas trop effrayée par l'idée

Tu pourrais sortir du monde des formes grossières
Terminer de t'identifier à l'apparence dont tu as l'air
Trouver la réelle nature de la pulsation
Pourquoi le coeur a-t-il une autre position

Il ne manque pas d'activités futiles
Où tu pourras trouver un plaisir inutile
Continuer à développer un personnage imaginé
Qu'emporterait le prochain flux de la marée

Oui, que faire de ce temps
Qui n'a pas commencé vraiment
Peut-être rechercher l'Amant
Le Seul dont on soit sûr qu'Il est Vivant

Les chemins se perdent dans le temps
Leurs traces s'effacent dans l'instant
Il en est peu en ce monde
A vouloir sortir de leur tombe

UN PHARE

Ceci n'est qu'une enveloppe èphèmère
De chair, d'os, de sang et de nerf
Pourquoi donc l'encenser avec autant de passion
Son seul avenir est la décomposition

Ceci n'est qu'une activité mécanique
Produite en chaîne par un mental amnésique
Pourquoi cette pensée génère-t-elle de l'admiration
Son seul avenir est la dissolution

Ces émotions sont faibles et temporaires
Elles se produisent toutes seules, pas de quoi être fier
Pourquoi donc les espérer avec obstination
Leur seul avenir est la disparition

Existe pourtant quelque part
Un lieu paisible muni d'un phare
Si vous repérez ses éclairs
Il vous mènera à la Lumière

samedi, 29 octobre 2005

ODE A JEAN

Dans ton pays, à chaque coin de rue
Aux centres d'accueil de l'Armée du Salut
Tu peut regarder tout à loisir
Les modèles des photos que tu admires

Ces photos merveilleuses d'humanité
De gens exténués par leur journée
Par la misère et la saleté
Pour eux, qu'as-tu donc fait

Le regard empli d'amour et de charité
As-tu donc oser les photographier
Pour ensuite les exposer
Voire même les encadrer

Dans ce comportement arrogant
Misérabiliste et indifférent
Peux-tu me dire ce qu'est ton humanité
Où est le merveilleux dont tu te repais

Tu excuseras mon impertinence
Je ne vois là qu'obscénité et arrogance
D'une classe de privilégiès égotistes
Confits dans des attitudes autistes


Dédié au commentaire de Jean sur la photo "trouver le sommeil" de Sonia Bressler (rebelle.blogspirit)

VOYAGEUSE

Qui es-tu, toi l'étrangère
Qui me fixe de cet oeil ordinaire
Tu as du traverser la terre entière
Pour trouver ici un nouveau cimetière

Les formes et apparences sont différentes
De ces contrées dont tu es l'habitante
Rien d'autre ne nous sépare
Que l'appareil qui te sert de regard

M'as-tu dit un mot ce jour-là
M'as-tu témoigné de la joie
Qu'as-tu donc bien pu faire pour moi
A part shooter une photo pour toi

Mon regard perce l'objectif
A la rencontre de spectateurs attentifs
Je ne connaîtrai jamais rien d'eux
Mais je sais qu'ils sont peu nombreux

Les relations humaines dans ton pays sont une spécialité
En quoi ici les as-tu pratiquées
Les opportunités n'ont pas du te manquer
En quoi ton voyage a-t-il aidé l'humanité

NE RIEN FAIRE

Tout ceci n'est que trop vrai
Rien ne sert vraiment de travailler
Mais comme on a tant entassé
Il convient maintenant de déblayer

Purger la fosse de son purin
Vider le coeur de ses chagrins
Retrouver le vide originel
Laisser briller la lumière éternelle

Tout retrouvera l'état initial
Tôt ou tard règnera ce calme abyssal
Rien ne sert de lutter à contre-courant
Ceci ne gènère que souffrance et tourments

anticiper l'heure des retrouvailles
Souscrire de nouveau aux fiançailles
Se savoir désirée depuis toujours
Et découvrir enfin le mot Amour

PERDRE L'INUTILE

Perdre l'existence pour retrouver la Vie
Veut dire quitter l'ombre où l'on dépérit
S'envoler vers un autre nulle part
Qui n'est pas ailleurs qu'au point de départ

Seule la peur est responsable
De ces retards inacceptables
C'est pour cela que les appelés
Sont peu nombreux à l'arrivée

La danse se poursuit dans toutes les atmosphères
Par delà montagnes et rivières
Empruntant chemins et ornières
Galaxies lointaines et stratosphère

Les danseurs éveillés à son passage
Déploie pour sa gloire leur ramage
Deviennent chanteurs ou poètes
Moines, mystiques ou prophètes

Aucune courtisane ne saura rivaliser
Avec cette beauté nommée lucidité
Toutes ses faveurs vous sont accordées
Sans même que vous les formuliez

Perdue dans la contemplation
Sans nul espoir de guérison
Aucun retour envisagé à la raison
Rien ne soutient la comparaison

OFFRANDE

Apprendre la patience, mesurer la sagesse
Effectuer un acte d'une impulsive tendresse
Qui peut savoir vers quel rivage porte le courant
Tu ne le sauras qu'en avançant et pratiquant

Tout ceci ne constitue que des évidences
Dont il convient de regretter l'absence
Peu importe où et quand s'est perdue l'innocence
Aucune envie de retenir les offenses

N'arrive que ce qui doit advenir
Quoi que ce soit, il finit toujours par périr
Posé sur l'axe, un seul point
Occupe à peine tous les chemins

Met ton coeur sur ta main
Offre le en pature au destin
Que les flammes s'en emparent
Pour en faire un étendard

ALTITUDE

Tranchée de lumière en haute atmosphère
Un écrin virginal en guise de litière
L'immaculée pour servir de couverture
Ceci forme une bien jolie toiture

Seul un souffle glacial retentit
Pas une impureté sidérale qui s'oublie
Nulle autre résonnance que le silence inaudible
Pour ressentir cette présence indicible

L'écho du silence a secoué tes larmes
Pour les tranformer en cristallines armes
Lors de la fonte de tes émotions
Elles ruisselleront par millions

vendredi, 28 octobre 2005

UN PUR NEANT

Qui a dit qu'il existait des âmes individuelles
Quel est celui qui a pu amener ce grain de sel
Ceci ne figure que dans certains manuels
Consacrés à des paradis artificiels

Tout ce que les mystiques ont pu trouver
Dénie fermement ce point particulier
Ce que tu es n'est pas ce que tu crois
Il suffit d'oser emprunter la Voie

La création, quelle qu'elle soit
Se passe amplement de toi
Elle poursuit son oeuvre ici-bas
Le reconnaître est ton seul choix

Ce dernier chapître est surprenant
Au regard de certain commentaire véhément
Laisse s'exprimer en toi le néant
Et le souvenir en sera permanent

N'existent ici que des enveloppes inanimées
Par lesquelles Il Lui est possible de s'exprimer
Encore faut-il accepter de Le laisser passer
Et pour cela renoncer à ce monde grossier

Quelles que soient les perspectives envisagées
Partout la même conclusion est trouvée
Il n'y a que des ombres pour s'entêter
Et refuser d'admettre vers où se trouve la Vérité

REMERCIEMENTS

Tu peux aller plus loin, tu le sais
Tu peux aussi remercier pour le simple fait d'exister
Quand tu essaies de répondre à cette question réputée
Et qu'il t'est impossible de définir ton identité

Tu peux aussi remercier tes collaborateurs
Même ceux que tu as "remerciés" avant l'heure
Pourquoi les hommes font des enfants
Est une question qui plonge les femmes dans le néant

Tu peux remercier la terre entière
Car dans tes yeux elle se réverbère
Tu peux aussi te poser cette question
Qu'as-tu fait pour mériter tous ces dons

Jamais ta dette ne sera épongée
Rien de tout cela tu n'as mérité
Et pourtant tout te fut donné
Qu'es-tu prête maintenant à donner

FRATERNITE DE FACADE

Pour pouvoir parler de fraternité
Encore faudrait-il que tu saches qui tu es
Il est amusant de constater
Combien on nie devant l'opportunité

Il n'y a que toi pour être désenchantée
D'ailleurs on ne peut pas dire que tu l'es
Tu es obnubilée par le mirage
Qui te montre un obscur paysage

Tu ne regardes que les formes grossières
Toi-même tu t'es définie de cette manière
Pourquoi donc plaindre ceux dont tu n'as rien à faire
N'attends pas pour vivre d'attraper alzheimer

Il ne tient qu'à toi d'évoluer
Plutôt que de perdre ton temps à te lamenter
Le monde est toujours égal à ce qu'il a été
Il convient juste de ne pas fantasmer

Une perle brillante dans l'obscurité
Un océan de grâce et de beauté
Ne le trouble à peine que des frissons passagers
A qui toi seule prêtes une certaine réalité

Tes lamentations sont sans objet
Elles n'ont pas plus d'importance qu'un pet
Tout cela n'est constituée que de projections
Témoignant de ton état d'affliction

LA VAGUE

Pour quelle raison voudrait-on résister
A une vague d'une telle intensité
Tout explose, ce n'était que des fragments
D'une construction bâtie sur du néant

Pas du néant dont provient l'harmonie
Plutôt un autre sentant le rance et le moisi
Le vide purifie l'atmosphère
On irradie empli par la Lumière

Rien à faire de ce monde où tout est compulsion
Irritations provoquées par des sens en agitation
A traîner dans la boue des années durant
On en vient à oublier le goût du néant

Mais quand il finit par se manifester
On se rappelle qu'existe l'éternité
Laissons les ombres se déchirer
Retournons donc nous immerger dans la clarté

MEMOIRE ATROPHIEE

Une mémoire atrophiée ne peut faire office d'identité
C'est malheureusement le cas pour la majorité
De cette humanité aveuglée et déboussolée
Qui ne sait plus que gémir ou pleurer

Demain sera bien pire qu'aujourd'hui
Aujourd'hui n'est pas meilleur qu'hier
Perdues dans une immense chute infinie
Les ombres ne croient que leurs mensonges qui prolifèrent

Dans cet univers le maître s'appelle la peur
De ses désirs elles sont les zélés serviteurs
Pour l'oublier elles inventent des pseudo-valeurs
Pour recréer une autre vision d'horreur

Les poèmes sont des mots sur du vent
Pour illustrer la gloire des amants
Il y aura toujours des survivants
Pour retrouver la trace de l'instant

Etripez-vous gaiement, c'est beaucoup mieux
Que de vous déchirer avec autant de sérieux
Développez votre sens du carnage en riant
Qu'au moins vos tourments soient amusants

jeudi, 27 octobre 2005

EMBRASEMENT DE L'AMOUR

Il a suffi de Son souffle sur ma joue
Comme si c'était un cordon d'amadou
Le feu a remonté la mèche
La température s'est mise à grimper en flêche

Les sens affolés par tant de chaleur
La tête envolée vers les hauteurs
Le corps envahi d'une étrange douceur
Comme pétrifiée par un charme ravageur

Soudain sans prévenir le feu a décollé
Du sol au plafond tout s'est mis à bouillonner
Pas une cellule n'en a réchappé
Bienvenue ô mon intime brasier

Emportée par la grâce
J'ai fait fondre la glace
Tout ruisselle autour de moi
Où suis-je? je ne sais pas

ETINCELLE D'ABSOLU

Une étincelle d'absolu
Dans tes yeux éperdus
Plus qu'il n'en faut ici-bas
Pour déclencher le combat

Une guerre très terre à terre
Pour embraser l'univers
Le teindre de parures multicolores
Milliards de dégâts indolores

Passée la tourmente vient la Paix
Pour cela néanmoins il te faut l'affronter
Reculer n'est pas mieux sauter
Il ne sert de jouer les effarouchées

Ici règne la peur et son cortège de terreurs
Pourquoi le monde est-il rempli d'horreur
Il te suffit de jeter un coup d'oeil à ton coeur
Et tu sauras quelle est la cause de ce déshonneur

C'est lui le miroir de l'univers
Pour l'heure il est plein de poussières
De celles qui font crisser les dents
Et font saigner les âmes des amants

Ce n'est que quand l'argent est mûr dit le fondeur
Qu'on voit enfin resplendir la lueur
Prend donc ton chiffon et nettoie
Si tu veux voir jaillir les fleurs du mandala

ETAT D'ESPRIT

Le désert est l'apprentissage de la guerre
C'est là qu'on forge les armes des légionnaires
L'ennemi est vaillant et sournois
On ne l'affrontera pas dans un tournoi

Le combat se fait sans fioritures ni dentelles
L'épée à double tranchant n'est pas une ombrelle
Il faut marcher dans les pierres et la boue
Tandis qu'on vous jette des cailloux

La soumission portée comme un blason
Sur les lèvres une ultime oraison
Que m'importe la nature de la mission
Il ne faut que franchir ce Rubicon

Détruire ce mur n'est pas une mince affaire
Même si on sait qu'il débouche sur l'Ouvert
Faire et défaire c'est toujours travailler
Surtout quand l'ennemi est pure virtualité

Qu'il y ait ou pas une récompense
Ne présente aucune importance
Il faut emprunter ce chemin déjà tracé
Pour sortir de la terre des damnés

mercredi, 26 octobre 2005

SANS ALTERITE

L'Amour n'a pas besoin d'altérité

C'est une phrase qu'il convient de méditer

Qualifier d'Amour ces affects surannés

Ne fait que diluer l'idée que tu t'en fais

 

Regarde toi et tu sauras pourquoi

Il en va ainsi ici-bas

J'ai dit regarder et pas fantasmer

Regarde toi telle que tu es en réalité

 

La révolte est liée en grande partie à tes ressentis

Ou à ce que t'ont fait endurer d'autres "amis"

Ceci conditionne ton comportement

Et l'appréciation que tu as de ton environnement

 

Tu prends cela pour ta réalité

Mais ce n'est qu'un point de vue déformé

Cette opinion génère des attentes injustifiées

Remarque, tu peux toujours continuer à espérer

 

Si tu commençais d'abord par remercier

Pour le fait d'avoir subi et non infligé

Si tu commençais aussi par reconnaître

Tout ce que tu as fait et que tu refuses d'admettre

 

Tes vers à ce moment seraient clairement différents

On y lirait bien d'autres sentiments

Pour l'Amour, tout est altérité non négociée

Il n'a besoin que de pouvoir rayonner 

UN AGE INGRAT

Il est dommage que pour la plupart

Ils reviennent de ce somptueux départ

Les ports amis sont moins nombreux

Les chemins qui y mènent plus tortueux

 

Dans le prisme chatoyant des regards

On ne voit luire que des espoirs

Générés par des influences minables

Au service de projets misérables

 

Le flux et le reflux se poursuivent

L'écume sur les rochers toujours se brise

Vague après vague ils continuent d'être happés

Par cette somme de mirages désincarnés

 

D'habiles naufrageurs sont à l'ouvrage

Peignant le tableau à leur avantage

Combien d'habileté faut-il pour trouver l'indicible

Au milieu de ces sirènes irrésistibles

 

Combien arriveront à la septième heure

En ayant une chance d'apercevoir la lueur

Ils seront peu, n'en doutons point

A avoir retrouvé ce clair chemin 

DEO GRATIAS

Il est difficile de trouver des mots

Après un maître aussi charmant et beau

Tout est dit et tout le monde sait

De fait il n'y a rien à ajouter

 

C'est uniquement pour le plaisir des sens

Ou pour l'envie d'offrir une réjouissance

Se permettre une autre contemplation

Devant cette merveille qu'est la Création

 

Quand en ce miroir je me rèverbère

Je l'appelle toi uniquement pour Lui plaire

Combien est grand cet artifice fabuleux

Qui permet au Un de se trouver deux

 

Il n'y a personne à convaincre

Ils sont pourtant des millions à se plaindre

Comment peut-on vraiment réaliser

Qu'une telle grâce vous soit accordée

 

Elle ne peut être qu'imméritée

Quelle que soit l'idée qu'on s'en fait

Il ne reste qu'à être à la hauteur

Du don que représente une telle faveur 

L'ESPOIR

L'esopoir, cette maladie terrifiante et insupportable

Qui rend l'existence extrêmement vulnérable

Mieux vaut pour eux qu'ils portent l'innocence

Un jour peut-être deviendra-t-elle espérance

L'espoir, ce cancer qui ronge les coeurs

Ce début d'avidité qui élimine la candeur

Pourquoi souhaiter cela à des enfants

Plutôt que de les enseigner simplement

L'espoir leur fera croire les mensonges

De leurs parents qui vivent en songe

Ils tourneront à leur tour la roue du karma

Toujours plus de souffrances ici-bas

Non, tout plutôt que ce vilain espoir

Qui conduit droit au dépotoir

Celui où on entasse toutes les illusions

Génération après génération

Apprend leur donc l'inespoir

Si tu veux qu'ils sortent du noir

A moins que la nature de ton sentiment

Ne s'arrête au cadre de ce portrait charmant

 

 

en réaction à toutes les photos d'enfants des pays défavorisés prises par les "gentils" touristes occidentaux

mardi, 25 octobre 2005

LA SAGESSE

La sagesse est vieille comme le temps

Elle vient de naître à l'instant

Elle marche d'un pas déterminé

Vers l'origine de son secret

 

Jamais d'un pouce elle n'a varié

Toujours fraiche comme un nouveau-né

Les ombres peinent à suivre cette immobilité

Qui brille dans ce fandango spiralé

 

Sur ses lèvres un sourire apaisé

Dans ses yeux une ouverture insoupçonnée

Autour d'elle un halo de clarté

Comment peut-on fuir une telle beauté

 

Elle exhale la myrrhe et le jasmin

Ses effluves ne sont pas pour les gourgandins

Elle sait effacer tous les chagrins

Pourquoi ne prenez-vous pas ce chemin 

UN CERCLE

Pour que le chemin soit si long

Il doit y avoir une direction

Quand la Voie se sait immobile

Nul besoin d'en chercher le fil

 

Tous les chemins ne mènent nulle part

Ailleurs qu'au point de départ

C'est dire l'inutilité de ces efforts

Et tout ce temps passé à se faire du tort

 

Quand par un demi-tour judicieux

Tu apprends où est le Précieux

Tu cesses toutes ces pérégrinations

A la recherche d'une improbable destination

 

Une fois saisi où se trouvent le soleil et sa lumière

Il est impossible de désirer un rèverbère

Quel que soit d'ailleurs le type de luminaire

Aucun d'entre eux ne pourra remplacer l'Ouvert 

FABULEUX MOI

Qui est ce fabuleux moi dont tu me parles

Si ce n'est une image construite par le mental

Sur la base d'une idée presque originale

Et qui diffuse d'autres images spectrales

Les chinois appellent le mental le "singe fou"

Il faut dire qu'il n'arrête pas de courir partout

N'importe quelle opportunité lui est bonne

Pour qu'aussitôt il veuille qu'on l'arraisonne

C'est ainsi que naissent de grands espoirs

Pures folies qui mènent au désespoir

C'est de lui que provient cette maladie subtile

Appelée désir et qui ne fait vouloir que l'inutile

Il contrôle l'imagination

Cette étrange perversion

Qui consiste à faire croire

Que l'on désire son vouloir

Tous ces mouvements ne sont que projections

Et l'on attend impatiemment l'apparition

D'une chimère inventée de toutes pièces

Capable de soulager cette détresse

Mais jamais rien ne viendra ici-bas

Attendre ne fait qu'hâter le trépas

Les désirs du mental sont illimités

Pour un qui disparait, un autre est déjà né

Mort_de_la_lune

originally uploaded by *Chris.

INCENDIE

Une chute en forme d'apothéose

Comme pour sortir de la névrose

Un feu délicieusement onctueux

Pour éclairer cet endroit tènèbreux

Un incendie au Souffle ravageur

A dévoré cette forme de l'intérieur

Sur ces cendres se rebâtira

Une cité dont or et ivoire sont les éclats

Il est temps de dire adieu

A cette apparence de vilain gueux

Il est temps de se laisser consumer

Par les flammes dévorantes de cet ardent brasier

Pour se réveiller un beau matin

Les yeux emplis d'un regard serein

Dire enfin bonjour à la Vie

Et découvrir le Paradis

 

Break me up again_

originally uploaded by *Chris.

ELLE DIT

Le vide n'a pas à être comblé

Il te faut juste apprendre à l'assumer

Personne ne répondra à ton appel

Si tu cherches la Vie éternelle

Si ce n'est pas cela ton choix

Tu ne pourras t'en prendre qu'à toi

D'avoir oublié la métanoïa

Qui t'aurait ramenée chez toi

Dans ce monde peuplé d'ombres

Un seul Etre peut de ta tombe

Créer enfin un nouveau monde

Et faire en sorte que l'Amour t'inonde

Seul ton désir le permettra

Mais surtout ne compte pas

Que quelqu'un d'autre que toi

S'en charge pour toi ici-bas

Franchissant la rivière

Le regard clair, l'allure altière

Sur une licorne, la cavalière

Prend l'arc-en-ciel vers la Lumière

14 juillet_la dune de mon ILe...

originally uploaded by *Chris.

EMBARCADERE

Trouver un autre embarcadère

N'est vraiment pas une mince affaire

Il semblerait qu'il n'y ait qu'un quai

Les chemins qui y mènent sont nuée

Encore faudrait-il qu'il y ait l'option

Du choix de plusieurs destinations

Mais il n'y a qu'une seule sorte d'humain

Comment pourraient donc exister plusieurs lointains

L'imagination procure des frissons

Aussi bien qu'une télévision

Les sensations qu'elle donne sont légion

Et ne valent pas plus qu'une illusion

Quand la réalité enfin surgit

La tu comprends ce qu'est le paradis

Pourquoi attendre une autre vie

Commence donc dès aujourd'hui

 

Time to words...

originally uploaded by *Chris.

lundi, 24 octobre 2005

EGAREMENT

Les mots sont ceux qui nous égarent

Qui nous font errer de gare en gare

A espérer un train qui ne viendra jamais

En oubliant combien nous sommes parfaits

 

Perdus dans des fantasmes virtuels

Nous en oublions d'apprécier le Réel

Rien n'est acquis, tout est donné

Et nous sommes incapables de remercier

 

Au lieu de contempler cette chance

Nous amplifions ce désir intense

Qui nous ronge jusqu'à la souffrance

Qui existe grâce à notre inconscience

 

Si les hommes n'ont pas accès au langage

C'est que personne n'a fait leur apprentissage

Bien des mères et des femmes auraient pu

Est-ce vraiment le hasard si elles n'ont pas voulu

 

Regardez-vous droit dans les yeux

Personne ici n'est malheureux

Seule votre tête croit le contraire

C'est la raison de ces espoirs éphèmères

 

Apprenez donc à apprécier le présent

C'est la seule manière d'être Vivant

Ni le passé ni le futur n'existent réellement

Seul le présent peut amener le contentement 

 

AVENTURIERS

Il en va ainsi de ces glorieux aventuriers

Dont la volonté est guidée par le pouvoir et la vanité

Dévorés jusqu'au sang par l'arrogance et la cupidité

Dans un combat qu'ils ne pourront jamais gagner

 

Ils sont des milliards sur cette terre

A vouloir régner sur ce misérable enfer

Sorti de leur imagination fièvreuse

Sans considération de cette Vie précieuse

 

Tendus par l'apreté de leurs désirs

Dans leurs yeux on voit bien luire

La flamme obscure de leur avidité

L'éclat jauni de leur envie de posséder

 

Pendant dix mille ans ils useront

En vain leur détermination

La victoire est dans l'abdication

Aucune autre espèce de solution 

MASCARADE

Tant que tu croiras être l'acteur

De cette existence de labeur

Chaque jour qui passera aura cette saveur

Quelles qu'en soient son apparence ou son odeur

 

Comme tu te prêtes à cette mascarade

Tu restes sous le charme de la désirade

Rongée lentement de l'intérieur par ces images

Sans te rendre compte qu'il s'agit d'un mirage

 

Bercée par l'écume du reflux

Tu t'immerges dans le superflu

Combien de personnages incarnés

As-tu déjà bien pu inventer

 

La Vie t'offre un spectacle de qualité

Contente toi d'en profiter

N'espère pas pouvoir maîtriser

Ce qui pourrait être un ballet 

CONSTELLATIONS ONIRIQUES

Si peu de mirages? Que te faut-il

Tout ce qui t'entoure et qui rutile

N'est qu'une constellation d'idoles

Auxquelles tu verses ton obole

 

Qu'on les appelle choses ou bien valeurs

Sentiments, relations ou humeurs

Tout ce monde dont tu es l'inventeur

Fonctionne comme une immense rumeur

 

Ces ondes dont tu crois être le créateur

Font de toi un joli danseur

Mais qui dans l'ombre tire les ficelles

De ce petit paradis artificiel

 

Que d'absence de réponse à ces questions

De ton sort point n'ironisons

Sommes simplement béats d'admiration

Devant la puissance de l'illusion

 

Une de mes amies a reconnu ton talent

J'aimerais pouvoir en faire autant

Mais la Lumière a déchiré les voiles

M'empêchant ainsi de t'offrir ce régal 

AMUSANTE OPINION

Ici n'existe aucun ennui

C'est pourquoi je souris

C'est le privilège de l'enfant

Devant ces mots distrayants

 

Qui crée le monde extérieur

A-t-il une réalité en dehors de l'auteur

Personne n'effectue ces actions

Tes actes sont uniquement des réactions

 

Tu te prends pour la colère, tu n'es pas elle

Elle n'est en fait qu'un frisson superficiel

Si tu choisis de t'assimiler à cela

Ceci ne peut être que ton propre choix

 

C'est toute la différence entre être et paraître

Qu'il convient là de reconnaître

Ces émotions fonctionnant en mode automatique

Ne sont que des sensations oniriques