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mercredi, 19 mars 2008

BLIZZARD ESTIVAL

Le métal argenté se déploie
Dans les veines du mercure
Peignant la virginité des paysages
Dans le climax d'un sourire passager

Une fugue en sol majeur
Pour bombardiers nucléaires
Dont le napalm rafraîchit les villas
Des côtes luxueuses du couchant

Le temps des aubades meurtrières
Pour les saltimbanques de la neige

GRAINE DE BEAUTE

Sans point d'inflexion
Jouit le monde des poètes
Libérant ses caresses de miel
Dans un souffle mordoré
Dont les embruns tactiles
Grisent les échancrures amusées
Comme un baiser de poudreuse
Sur les lèvres humides
D'une avalanche alanguie
Par la chaleur nocturne
Des frissons du jasmin
Qui embaument son teint

ARCHEOGRAPHIE

Tapirs ou opossums
Ecrivent sans les dents
Juste avec le bout de la langue
Qui tapisse d'agents de saveur
Les fourmis rouges
Qu'ils arrosent de fluide vert
Semence acrobate
Dont les ébats funambules
Slaloment sur les mers de corail
Qui flottent sur la plaine

MISS FAIRY

Les lutins dansent
Au pays des merveilles
Que recouvre un tapis
D'images multicolores
Ils repeignent les sourires
Sur des pavillons encombrés
Sautant de cheminée en cheminée
Dans des manteaux verts ou blancs
Suivant le temps des saisons pourpres
Que caressent leurs rires

SYMPHONIE MUETTE

Les loquets sont éloquents
Dans la flamme verte du couchant
La douceur leur sied au teint
Et les fleurs s'ouvrent
Sous la trace de leur pas
Plus la tendresse prévaut
Plus l'arôme est intense
Plus les loquets s'ouvrent
Comme une inondation florale
Sur un bouquet de senteurs

RIRE TOUJOURS

Rit de tout le luron
Qui du temps nouveau
Voit les bois mystérieux
Fleurir les oiseaux
De Guillaume à Rimbaud
Rit de tout le larron
Dont le fric-frac sans scrupule
A couvert la folie
D'un sourire incendiaire
Et d'une perle de satin

RIDEAUX VERTS SUR FENETRE OUVERTE

Tout n'est que perceptions
Moins les idées du commun
Encombrent l'esprit
Plus resplendit l'arôme
Vertigineux de la poésie
Torrent d'arc-en-ciel
Sillonnant des mers boréales
Aurore mordorée et lutine
Glissant sur le marbre bleu
Des palais vénitiens

ARBRE A PLUMES

Le ficus aime l'altitude
Et ses racines la profondeur
Ses feuilles décorent encore
Quelques enluminures
Souvenirs émus de vieux grimoires
Ses fruits laxatifs
Alimentent d'épicuriens sapajous
Qui font tinter en clair-obscur
La munificence de son plumage
Dans des chants veloutés

VIN DE GLACE

Sans faire un geste
Le vin glisse au long
Des toboggans d'arc-en-ciel
Comme une pluie d'étincelles
Arrosant la plaine
Brûlant geyser de glace
Dont les ombres nacrées
Peuplent l'infini des rêves
Dans un tsunami de frissons
Qui retombent en flocons

PRESENT HORS MEMOIRE

Toutes les langues sont inconnues
Les unes aux autres
Même quand elles partagent
Le même idiome

Il faut laisser le vent chanter
Et retranscrire ses traces
Sans personne pour s'emparer
De la mélodie du sous-sol

Ouvrir les oreilles et la bouche
Pour que l'écho resplendisse
Et que s'impriment sur la mer
Les vagues iridescentes du feu

ROYAUME DES JEUX

Gare des embruns
Les autobus flambent
Dans les casinos du hazard

Le gros cigare aux lèvres
Les joueurs se dopent
A la roulette russe

Sept balles pour un chargeur
Des jetons pour la croupière
Black Jack roule au petit train

Sur l'île au trésor
Marque noire pour la main d'or
Quinte flush dans l'isoloir
Un as de pique comme encensoir

Une couleur sur un plateau
Lumière tamisée à volonté
Vodka fraîche de bootlegger
Sur lit de glace sans quartier

LE RAFFINEMENT DES BARBELES

Le traitement de surface
A la moëlle corrosive
Ecorche les barbelés
Les évidant à l'acide
Pour leur donner
La profondeur de champ
D'un panoramique insouciant
Qu'embaume abondamment l'arôme
Arbitraire d'une tasse
De chocolat au lait

DES LUGES SUR L'ARC-EN-CIEL

Le malheur est un bonheur siamois
Séparé par une arche échouée
La moitié d'une vérité
En quelque sorte
Les nuages portent le monde
Quand l'endroit se reconstitue
Dans la neutralité arbitraire
Qui sert d'assise à la joie
De se sentir coupable
D'être simplement innocent

VIEUX CAMION

Le vent souffle en permanence
Autour du centre du monde
Les fleurs de corail
Illuminent de leurs parfums
La ronde des enchantements
Pas un bruit ne dépose
Son arôme aux pieds du matin
Des senteurs de magie blanche
Finissent d'infuser le thé
Qui se répand dans la douceur

CLARA CORSICA

Les mains de Claire
Dessine un monde
De fusain et d'aquarelle

Les épaules de Claire
Sont la douceur
Du regard qui les caresse

Claire est la nuit
Qui enlumine le jour
De ses merveilles palpitantes

D'un ruissellement d'immobilité
Surgit l'éclat du sourire
De sa beauté évanescente

Quand elle se retourne en riant
Dans une émulsion de parfum pourpre
Vers le prince de tous ses rêves

CROUPIONS

Le ressort qui permet
De disserter sur la poésie
N'est qu'un engrenage défectueux
Dont sont munies
Les riches mécaniques enivrées
Par leur propre odeur
Rance de vanité misérabiliste
Pas une capable de dire
Qui sont les soldats des traités
Pas une capable de souffler
Autre chose que des vents
Aromatisés au méthane

CANTINE POUR VIEUX BEAUX

Le fait poétique ne se trouve pas dans les discussions de salons gangrénés par les chaînes de l'érotisme cérébral, palpitations stériles qui enivrent les boites de conserve flottant sur l'écume morte et le sable insipide. Le fait poétique est un tapis volant sous les décombres d'une guerre impitoyable, une place blanche et nette sans l'ombre d'une trace autre que le parfum d'épouvante souriant d'un regard carnassier et mutin, un rayon laser stroboscopique qui démythifie les sarments d'hallucinations carcérales. Dans les bagnes universitaires, des esclaves se prenant pour des dieux tracent au charbon de bois numérique des signes de vent incompréhensibles sur les murs de leurs cavernes imbéciles, des institutions inutiles se gargarisent de leur propre idiotie, lupanars aux folles trépidantes de vanité, bourbiers dédiés à des plastrons dont ne voudrait pas le moindre travelo de passage, misères des champs funéraires où des poupées purulentes suintent le cambouis de leurs pauvres délires. Une pincée de collabos mal finis en sus et le chaudron se touille en harmoniques désuètes, vieux relents de passé aromatisés à la morue, pas de quoi fouetter une vierge jusqu'au sang, de la pâtée sans sucre, un pal de canigou sans montagne ensorcelée pour faire reluire le plasma ou les santiags d'un nouveau vintage.

PLACE DE LYON

Toutes les rues de la ville
Sont préludes à l'arrivée
Place des Terreaux
Où la fontaine trémière
Trône sous le regard impassible
De l'hôtel de ville
Les chevaux de Bartholdi
Paissent sur le pavé
Tandis qu'au soleil de givre
Resplendit la profondeur des façades

PHENICIE

Les amphores sont communicantes
Dans la soute des cargos de nuit
Moins les marins écoutent les cris
Qu'ils prennent pour des chants
Plus le silence trace sa ligne verte
En harmonie d'un contrechamp
Les cris ne sont que gouttes sélectives
Echappées d'un flamboyant concert d'embruns
Qui se défragmente dans l'écoute
Des vergues et des haubans

KHEOPS ON ICE

Le temps luit des armées d'ombre
Qui glissent sur l'asphalte froid
Des nocturnes de Chopin

Dans la musique d'un paso doble
Des tziganes lancent au vent
Des violons argentins

Les farandoles s'amenuisent
Dans des cols utérins
Et des contes à rebours

Enlacement sans toucher des duos d'atmosphère