mardi, 18 mars 2008
NINON
Rien ne vaut le feu
Pour les réveils en forme
De gueule de bois carabinée
Rien ne vaut le vent
Pour nettoyer les urnes
Après les votations
Rien ne vaut la pluie
Pour peindre le décor
Au laser translucide
Rien ne vaut la terre
Comme un arpent de lumière
Perdu dans l'omniprésence
21:51 | Lien permanent | Commentaires (0)
BLOWING EASY
There's a Valkyrie in the air
Sharp knives and curare nails
Cutting hands and leading paths
Of silver ink on an emerald sea
The way of the windtalkers stands
And what is beautiful is the way
In each moment there's magic
Under words of amber
Crushing unreal ideas
Exploding worlds
Collapsing avenues
Among dark nights
Under an artificial sun
The land is still there
And not one ship left him
Only in a dream
Dream by dream
On moving scales
Inventing universes
Kissing supernova breathe
The dragon's shuffle helps warriors
On the road to White Island Airport
Where horses become silver
Then crystal
Then nothing
But love
Burning
21:25 | Lien permanent | Commentaires (0)
MENDELEIEV
Sur une table ronde
Comme le carré de l'hypothénuse
Multiplié par un zéro intégral
Jaillit un pylone d'enluminure verte
Comme la chair irradiante
D'un sarment d'oxygène
L'escalator hélicoïdal et serein
Des axes fractalés
D'univers en expansion immobile
Et en floraison permanente
20:53 | Lien permanent | Commentaires (1)
A LIVRE OUVERT
Pas de compte à rendre
Au vent qui porte les chants
Pas de compte à rendre
A la mer qui héberge
Les dauphins et les lyres
Pas de compte à rendre
A la pluie qui nourrit
Les alluvions du délire
Pas de compte en regardant
Le feu qui forge l'orage
20:15 | Lien permanent | Commentaires (1)
FIBULE DE CUIVRE
Entre les eaux de la main
Les lignes d'aventure flottent
Gaiement sur le revers du mitan
Des parfums de nuage peuplent
Le sentier des mangues
Et les chemins de pluie
Un temps de mi-saison
Luit dans les phosphorescences
Comme la glisse d'une lame
Surfant sur l'automne
20:00 | Lien permanent | Commentaires (1)
CHANT DE MARCHE POUR L'ARMEE NOIRE
L'armée noire est debout
Dans le creux des genoux
Armée de santiags et de boots
Armée de marteaux et de cloux
Oyez, oyez, embourbées dans le cérébral
L'armée noire a des poupées subliminales
L'armée noire est divin
Allumée à grands coups de brodequins
C'est la super bobonne à Pennequin
Du ratafia plein ses gros seins
Oyez, oyez, hallucinées du carcéral
L'armée noire a des jouets en pagaille
L'armée noire mange des vers
Constipée comme les solitaires
Dans les diarrhées de l'enfer
Elle répand sa semence de charnière
Oyez, oyez, carbonisées au minéral
L'armée noire scalpe tous les chandails
Hé toi, branleur qui veut rêver
L'armée noire cherche des allumés
Pour faire flamber les dollars
Des armoiries du désespoir
Oyez, oyez, mangeurs d'épouvantail
L'armée noire aime les batailles
Bienvenue sous le cagnard de l'armée noire
Bataillons kamikazes du Hazart
Voleurs de temps ces purs pillards
Massacreurs de torche-culs vantards
Oyez, oyez, place nette pour l'armée noire
Etrange confrérie des blanchisseurs d'histoires
Oyez, oyez, un pain en guise de faire-part
Un poing américain dans le fond du miroir
en l'honneur de la naissance de l'Armée Noire
19:00 | Lien permanent | Commentaires (3)
JOUISSIVE IGNORANCE
Les muses sont des êtres aux allures de cyborgs, magiciennes du verbe qu'elles transmutent sans souci autre que de plaire au cosmos qui régente de son auguste regard le balancier effréné des saisons qui remuent sur la plaine où flânent les brises de Mai et les navires corsaires de Surcouf. Pas de fragilité dans le grappin qu'elles lancent sur les formes du vent, pas de fragilité dans leur marbre soyeux et chaud qui ruisselle en fines gouttelettes de sucre dans la mousson qui balaie la poussière, pas de fragilité dans leur inexorable prolificité qui fait jaillir des floraisons de champignons atomiques iridescents et des avoinées de grelots pimpants et carnassiers. La timidité seule empêche certaines formes de jouir de leurs aubades ensorcelées, la timidité étant une moisissure dérivée de la peur, la peur étant elle-même un frisson de plaisir bon marché que s'offrent les pudiques fonctionnaires qui n'osent pas franchir le pas en matière de libération sexuelle, préférant les recettes aux tarifs standardisés à l'accouplement des tiercés gagnants sur l'hippodrome nonchalant que secoue le vent des palmiers.
17:43 | Lien permanent | Commentaires (0)
CARCINOME ECZEMATIQUE
La tour existe toujours à Babel
Il suffit de prêter attention
A la divine comédie
Ecouter les ziggourats et leurs babils
Pour voir cette métastase hallucinée
Telle une forêt de stalactites
Aux colliers de fer et d'acier liquides
Qui projettent leurs semences de dialectes
Vers les confins brumeux
Où s'enlisent les caravelles négrières
17:21 | Lien permanent | Commentaires (0)
STAYING ALIVE
Le présent ne dépend jamais
Du passé
Ni même du futur
Le présent est d'une constance imperturbable
Il regarde défiler
Le pas cadencé des légions d'instants
Qui s'effondrent une à une
Sans que la moindre ridule
Ne vienne oblitérer
Le sourire envenimé de ses yeux
16:26 | Lien permanent | Commentaires (0)
DECLARATION DE FLAMME
Le long des côtes d'éosine
L'orage lèche les plaies des lettrines
Comme un encrier abondant
Dont le toucher s'émeut en argent
D'une hirondelle jaillit la flamme des cantates, poursuivie sans relâche par l'ombre de son harmonie, et dans un trouble fluide, l'aubade se rassoit dans le calme impétueux d'un ouragan de douceur.
Sur les flancs de sel le sucre éblouit
Les rétines brûlées par la joie
D'un alluvion meurtrier
Aux senteurs de réglisse
Le temps se tresse en chevelures de romarin dans la caresse du satin qui émerveille le bout du sein.
L'oxygène empourpré se déshabille
Dans un sanglot liquide
Les cuisses de l'aurore s'ouvrent
Dans un retour d'avalanche
Et la flamme s'élance immobile
Sur la déclaration qui l'enlumine
16:04 | Lien permanent | Commentaires (6)
NATURE NOIRE
Dans la montagne de sucre
Des nains jouent aux dames
Sur le revers des arbres
Des forgerons affutent
Des éclairs et des lances
Sur le souffle des dragons
Des filles de joie dansent
Sur des balcons de torrents
Pendant que le thé vert infuse
Dans le marc de café
15:06 | Lien permanent | Commentaires (1)
LETTRINE DE SOIE
L'écriture blanche
Est un cube de polystyrène
Sur la surface du flot
La couleur de l'écriture
Est celle de la pluie
Qui caresse la mer
Pour se fondre dans l'écume
Epousant amoureusement
Le creux des vagues
Et le rein de chaque lame
Dans un frisson de hanche
Sur le bout de la langue
14:24 | Lien permanent | Commentaires (0)
SANS ACTIVITE FUNERAIRE
La poésie est une artère de napalm qui dévergonde les rizières en élaborant des paganeries sans foi, pas de chrétiens, pas de bouddhistes, pas de musulmans, pas de juifs, des hommes. La poésie est alchimie moléculaire de l'organique sens des merveilles instantanées du caterpillar qui arase les mondes creux, fusion fissionnelle des arômes de sacrilège dans la vénération instinctive du climax, partouze des vitamines sympathiques et des enzymes de combat, fellation insalubre des égoûts morbides de la velléité. La poésie fait bander les impuissants, inonde de cyprine dissolue les frigides hétaïres de la prostitution aux fragrances d'hydromel avarié, émascule les taureaux de l'arène pour ne laisser sur le sable que quelques traces vertes et purulentes, beautés macabres que d'autres danses reprennent avec enthousiasme pour retrouver les chemins de la fugue boréale, velours des croisières sur l'or du Rhin, furtivité des caresses qui s'échangent frauduleusement sous les manteaux de moisissures. La poésie est tout ce qu'on ne trouve pas dans le paquetage des critiques mécaniques qui perlent des grincements de dents sous la roue de la vierge de fer.
12:04 | Lien permanent | Commentaires (0)
DISTORSION DES TENSIONS
Le prix des mots à dire
Porte une valeur
Attribuée arbitrairement
Chacun s'invente un rêve
Sans le reconnaître
Mais tout en le sachant
Le rêve se fige
Dans le béton concret
Des fantasmes propriétaires
Qui assistent impuissants
A sa désagrégation
Les mots pour le dire
Perlent au coin d'un sourire
Il suffit juste d'une étincelle
Pour lancer l'incendie
10:27 | Lien permanent | Commentaires (0)
NAISSANCE DU CHANT
Plus rien à dire
Implique la montée d'un chant
Que des oreilles amusées
Contemplent en souriant
Sans se bercer d'illusions
Plus rien à dire
Tout à raconter
Comme traces de témoignage
Du parfum qui résonne
Dans les couloirs de la mort
09:31 | Lien permanent | Commentaires (0)




