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dimanche, 04 mai 2008

NEIGE HATIVE

L'espace d'une étincelle
Comme une année-lumière de largeur
Un océan de foudre
Pour la profondeur
Une altitude tout en attitude

L'espace d'un clin d'oeil
D'atmosphère aux jambes galbées
Par le satin d'une peau

Le sucre à l'oreille
Le velours dans les yeux

Une insulte soyeuse
Sur le duvet des grands marbres

LA METEO DES PLAGES

Graver des initiales
Sur le front de la mer
Comme un alphajet
Au fuselage d'argent
Et une montre suisse
Pour contingenter l'infini

Ratisser les plages de santal
A la recherche des arômes
Que le velours élabore
Dans ses contours d'ivoire

A la pelle et au rateau
Inventer le burin lutin
Qui sculpte l'air du temps
Dans les méandres de l'orage
Et les sources du feu

VOL A L'ETALAGE

Une guitare andalouse
Au creux des yeux
La voix se pose légère
Sur une larme de vent sucré
L'outrage dans les reins
Se sent les ailes pour nager
Au milieu des coraux de nuages
Des émaux d'orpaillage
Et des brandons d'oies sauvages
Volteface et tête-bêche
Pour la saveur des pêches
Et le parfum des biches

AU FIL DE L'AUBEPINE

Douceur de l'amandier
Sur la place aux fruits secs
Comme des outres gonflées d'hydromel
Parfumé par l'alizé sauvage
Et câlin
Douceur du petit matin
Quand Novembre enterre ses morts
Et que respire le Mai
Des filles du muguet
Et des fils du tonnerre

jeudi, 01 mai 2008

MOLECULE DE CONTAMINATION

Des forêts galopent
Sur l'autoroute des stratocasters
Portées par des larsens de feu
Elles réverbèrent l'incendie

Sans coutures ni décor
Tout flambe

Et l'ombre des paysages
S'enhardit sur les arpèges
D'une soie carnivore et volage
Aux peintures de polypropylène enthousiaste

Sans artères ni filon
Les banquises pulsent l'or
Dans des rivières sans tamis

Reprenant le riff originel
Les métallos de la douceur
Forgent une délicate maille
De munitions bengalis
Dentelle d'explosifs
Pour caresse irradiante

Missiles balistiques en croisière
Aux armes bandées comme des arcs
Katioushas sylvestres dévergondées
Dans le strass de l'irradiation
D'une armée de douze singes

Dont toujours un survit

Irremediable

CAUSONS COMME UN BRIN

Fête du travail
Aux armes de la vierge de fer
Etymologie des nuances

Faites du travail
Une question de vie ou de mort
Polysémie cathédrale

Le muguet est signe de printemps
Qui torture les évidences
Des brumes de l'été
D'un tatouage indien
Sur les muqueuses de la joie

Mille et une nuits pour réinventer la vie

BOMBER LES MURS

De la cannelle dans les veines
Pour torsader les épluchures
Des pommes d'arrosoir

Du gingembre à la bouche
Etonnant cocktail de crevettes
Qui dilate l'iris des exaltations

Paprika comme pyjama de soie
Pili-pili sous les aisselles
Laisse aller la vaisselle
Les soucoupes servent le café
Dans les soutes d'Alien
Sur le terrain du velours

LE LOUP DES BIERES

Blonde est la source
Où les bières se brassent
Dans des linceuls en goguette
Avec des catafalques enjoués
Comme autant d'ostensoirs
A tatouer sur les fesses
Le code-barre des évasions
Dans lesquelles s'annulent
Les taxes de la perception
Et les emprunts du carnaval

ODORAMA DE LA TELEKINESIE

Du fond de l'océan
S'élèvent les volutes
Des montagnes du sucre
Parsemant de spores de combat
Les rivages délicieux
Des cancrelats au sirop d'érable

Passent les bouteilles de plasma
Comme autant de litres de vodka
Pour laisser respirer l'haleine
Dans les gosiers assoiffés
Des spirales de l'abondance

Les ovaires de la lune jouissent
Dans ce cinéma de santal
Qui transmute l'odorat
Des tambours arabes
Et des téléphones sans fil

PLASTIQUE SISMIQUE

Temps du tatouage en polyester
Sur les nervures des strings
Qui laissent transparaître
Les poils pubiens de la nuit
Sous les vergetures marginales
Marquant la trace des bronzages
Au soleil des brimbelles
Dévorées depuis longtemps
Dans les mangroves acoustiques
Des bordures du pacifique océan

FLUIDE COMME UN ORAGE

Un chant d'orage luit sur la plaine
Pas un ajonc ne tremble
Sous le cil de napalm
Qui caresse le temps
Des brumes jouent aux arabesques
Dans les couloirs de la mort
Au sourire de platine
Pour une voix aux reflets de cristal
Dévalant un ouragan d'arc-en-ciel
Sur des chevaux de feu
Aux robes d'argent
Et à l'haleine virginale

mardi, 29 avril 2008

SORCELLERIE EN SPIRALE

Une aube de guerrier
Qui enjolive les communiantes
Dans le parfum des conflits
Sur lequel bouillonnent les arômes
Du chaudron de la comédie
Qu'un sourire peint au napalm
Sur les confins d'une lune
Promenant ses étoiles
Au balcon sylvestre où perle
Un cortège de merveilles

STATISTIQUE DU PLAISIR

Encore un temps d'hiver
A fondre les bronzages
Et les teintures de l'iode
L'alambic crée le sucre
Et les parfums de mirabelle
Qui caressent de leurs saveurs
L'arc-en-ciel de la débauche
Inventant les arômes des joies
Que ne répertorient pas
Les encyclopédies futiles

L'OBLIQUE D'UN REGARD

Monte la sève
Aux tourments d'aubépine
Chatoie le vent
Dans ses reflets d'opaline
Un sourire luit
Dans un cristal de porcelaine
Fragile comme une aile
De bombardier nucléaire
Au tison graveur
De fleur de lys à l'épaule

STRASS EN MOUVEMENT

Sur un salto rouge et sans voix
S'immolent les clartés sauvages
Comme autant de zibelines
Qui retrouvent la neige
A la fraîcheur de la rosée
Perlant sur les lèvres de jaspe
Le velours d'un cachemire
Enluminure d'étincelle
Au parfum de calfat
Pour enivrer le déluge

LE SILLAGE DE LA COMETE

Un bord de mer glisse
Sur un blizzard tropical
Queue d'une mousson
Aux vendanges tardives
Qui émaille le clair-obscur
Des lunes printanières

Dans les tavernes du port
Les marins dansent
Des naufrages et des croisières
Les belles oublient l'héroïne
Qui mange leurs veines aurifères

Il est toujours des ailleurs
Pour faire vibrer les cils
Toujours des départs des retours
Comme frissons d'étamines
Qui bronzent les calendriers

GLISSE L'EPICE

Du temps à perdre ou à gagner
Dans les méandres solitaires
Des passages de gré
Sur d'illusoires frontières

Du temps à semer et à rire
Des histoires de nos maxillaires
Qui hachent la semaine entière
Dans une sauce à la lumière

Du temps pour l'aromate
Emulsifiant de la fortune
Du temps qu'il fait de nuit
Sur le cil pourpre de l'enchanteur

FILON DE LA LAINE

Elle met du mauve à ses paupières
Pour faire un crépuscule de glycines
D'ignobles sarments de lumière
Pour déflorer les étamines

Elle marche sur des brandons de soie
Catafalque de pur oriental
Un soupçon de sourire perle
Au bout d'un sein qui s'étourdit

Sur les volants de sa robe
S'épanouissent les lilas
Et la splendeur de l'aréole
Dévore la chaleur des climats

Une ombrelle à la taille
Elle murmure des danses
Dans le cocon des nénuphars
Qui glissent sur les torrents