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dimanche, 04 janvier 2009

BRUYANTES CULTURES

La mémoire à courte vue
Oublie toujours la logique
Des balances et de l'équilibre

Pour un geste de poussée
Une contre-poussée
Rien de plus rien de moins

Les tracteurs peuvent toujours
Labourer le vent
Le marteau et l'enclume
Ne changent rien à son parfum

LA OU TRAÎNE LE VENT

Dans les royaumes sous-lumineux
Il est des échelles de valeur
Elaborées sous une certaine égide
Les arts en tant que langages
N'échappent pas
A cette humaine manie
Qui reconnaît à Calliope
La prééminence sur Euterpe
Une certaine idée de la musique
N'est pas la musique
Elle est une interprétation
Directement induite
Par d'aériens murs chamarrés
Qui oublient le texte
Pour couronner une opinion

POLITIQUE DE L'IMMIGRATION

C'est quelque part par là
Vers le milieu de l'océan
Que passe de temps à autre
C'est-à-dire tout le temps
La foudre brillante
Des mines anti-personnel
Que le vent promène
Au milieu des épaves
Et des dauphins
Dotés d'accréditation
Et d'un permis de séjour
En bonne et due forme

FURNITURE

Certains livres tiennent parole
Et décollent le papier peint
Qui enlumine le paysage
Quand le lecteur voit clairement
La coïncidence apparaître
Mais leur lecture ne dépend
Que du regard qui les contemple
Et souvent les pare
De ce qu'ils ne disent pas
Privilège de la recréation

APPRENDRE A DANSER

La vision des mots
Dépend de l'acuité du regard
Jamais un même mot
Ne se répète
Dans l'aura verte
Qui le transmute
En permanence
Sous l'encre statique
Des signifiants en tout genre
De contes et légendes

TROIS BAISERS

Il y a un langage
Pour les mondes sensuels
Tapisserie de rubis et topazes
Que le balladin imagine
Voir bouger au loin
De son propre regard

Il y a un langage
Pour le rimmel et les cils
Qui peignent sur le web
Des arabesques poivre et sel
Aux fluorescentes opalines
D'effleurement émouvant

Il y a un langage
D'impulsion immobile
A la fragrance antérieure
Paisible cambrure luisant
Juste avant les yeux
Du rayonnement infra-pourpre

CHÂTEAU DANS LE VENT

Tenter de résumer
Ce qu'est brûler
Dans un feu sans flammes
Sans avoir expérimenté
Les limites de la combustion
Reste affaire de vaine spéculation
Qui cite sans savoir
Et croit que connaître
Peut se faire sur la base
D'une assise de planches pourries
Aucun philosophe ne danse
Sur ses propres ruines