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dimanche, 01 mars 2009

D'EPRISE

Est tyran celui qui ignore
Les vertus de l'impuissance
Et prêche l'agitation
Qui fait se mouvoir
Des ombres dans la poussière
Un moment suffit
Une simple seconde
Pour retrouver la fraîcheur
Qui règne sur les saules
Dont les larmes sèches
N'abreuvent que des rêves
Et des ferments d'orage

SAISON DES SIMPLES

Le calendrier de la jachère
Est bloquée sur printemps
La nuit de velours
N'ayant pas d'autre sujet
De conversation
La pluie parsème le jour
De ses formes d'abondance
Consacrant son temps
A nourrir les ivrognes assis
Autour d'un repas de fête

QUESTION

Ancien nom de torture
Qui quémande des croutons
En savourant la mie
Ou bien est-ce l'inverse
Peu importe en fait
Tout dépend de la façon
Dont le grain considère le pain
Et savoir si la mie vient
Avant ou après la croûte
N'est que de peu d'intérêt
Tout comme le fait que la croûte
Soit noyautée par la gangrène d'ailleurs

DESTRUCTION

Les murs se fondent
Dans un merveilleux cri
Qui glisse sur la ville
Bandit que la foudre
Permute en des bornes
Que l'illimité prend à sa charge
Là où bronze l'argent
Là où toute ville est en or
Là où se garent les vauriens
Qui sourient à mourir

DERELICTION

Les murs s'effondrent
Dans un silencieux bruit
De glissade immobile
Tandis que la poudre
Se transmute en des formes
Que la psychédélie se charge
De bronzer en argent
Ou en or pour les plus viles
Rien ne s'égarant
Subsiste un sourire

jeudi, 26 février 2009

SOI DISANT

Soit un ciel
Dit un poisson
Dans l'eau douce
Dont le sel est gravé
Sur des yeux fermés

Sois un ciel
Dit le dauphin
Sans se soucier
Des commérages
Et des braderies

Soie et sans ciel
Vit le dragon femelle
Dont la geste incendie
Les confins de l'histoire
Dans une danse plurielle

Soi sans ciel
Git la perle éloquente
Dont l'alouette est le chas
Du point cardinal
Aux rayons de miel

AU CHARME TRANQUILLE

Dans les yeux de Lilith
Brille le parfum
Qui enlumine Gaza
D'explosions au phosphore
Parfum puissant
Qui flatte les muqueuses
Des notables assoupis
Qui profitent du spectacle
En croyant s'éveiller
Devant les hanches larges
D'une danseuse du ventre

DETAXE EN SUBPRIME

La trêve des balivernes
Est un jeu grave sérieux
Pour la cohérence insensée
Qui se pique de comprendre
Ce qui échappe à sa raison
Mortifère de saison

Le poète ne fixe pas
Plus qu'un nomade
Dans l'absence de tâches
Qui incombe à sa tache claire
Dégagée des précarités
Concentrée sur le délire

Les palpitations d'éventail
Ne coupent que l'air du temps
En tranchant dans le lard
Sans avoir l'ardeur
Qui scalpe grammaire et syntaxe
Ces chaînes de forçat pour l'art

CANCION EN NAHUATL

Les cimetières mexicains
Ne sont qu'un boléro
Dansé sérieusement
Par les ponchos ombrageux
Dont le mariachi chante
Le sel sur des lèvres
Que la téquila inonde
D'un parfum capital
Telle une cascade de douceur
Luisant rebelle à la chaleur
Sur un atoll émerveillé
Jouissant de l'ambre du soleil

ORNER UNE VAGUE

L'oreille par instants
Invente des intentions
Qu'elle prête au vent
Qui nourrit la mer d'un feu
Que des yeux repeignent
De saveurs personnelles
Parant l'effluve de la douceur
De colifichets sourcilleux
D'une empreinte de paraitre
Sur les crêtes marines

UNE DANSE POUR ARES

Le savoir fait Lilith
En propagatrice de combats
Archange de la violence
Qui préfère la souffrance
Et les ravages de la guerre
Aux terres pacifiées

Esthéticienne de talent
Le rouge et le noir
Comme parures merveilleuses
Elle est ferment
De bactéries non mortelles
Et de fractures de fatigue

Animal fabuleux
Lilith aime jouer
Avec des allumettes mouillées
Dont les pétards séduisent
Les amateurs de sensations
Au regard panurgiste

DE L'INFINITESIMAL TOIT

L'équilibre d'une allumette
Est comme un souffle très court
Posé sur le revers
D'une ellipse en plein front

Sa longueur augmente
Sans varier d'un pouce
En fonction de l'oreille
Qui lui jette un regard

L'attention sans attention
Indifférencie l'attente
Puisque rien ne vient
Quand tout est là

DE LA FORME

Derrière les façades
Polies par le cuivre
Rutile la transparence
Des odeurs et des sons
Qui enlumine la tendresse
De verdure sans objet
Juste un précieux feeling
Un soupçon de réglisse
Dont le caramel dessine d'un doigt
Des fantaisies cavalières

DU FIL DES JOURS

Le jour existe sans noeud
Quand la main poétise
A longueur de fil
Et profondeur de parfum

Rien à nouer
Dans le fluide d'arôme
Qui peint les nuages
Sur la soie des confins

Tout à entendre
Qui jaillit en souriant
D'un geyser immobile
Aux voluptés sans nombre

mercredi, 25 février 2009

DES MATINAUX

Dans les égouts le nez
Pare de saveur pourpre
L'immondice hallucinogène

Qu'importe le tonneau
Les Danaïdes sont sexy
Et la bière coule à flots
Dans les linceuls épurés

Du poivre marin
Dans les narines de coke
Que de bulles dans le champagne rose

DE LA JUSTE MESURE

Mesure pour mesure
Rien ne vaut la démesure
Pas de place pour les géomètres
Au paradis des girouettes

Saturation des sens
Implosion à l'essence
A l'aube de l'indécence
Dévergonder la puissance

Des gitans pour la danse
Des mitrons pour le pain
Le feu dans la main
Une allumette en vacance

D'UN AUTRE CHANT

Laisse juste chanter
La main libre d'écrire
N'importe quoi
En silence ou en couleurs
Peu importe la chaleur

Laisse juste le flux
Délacer les corsets
Que respire le sein
Dont le lait alcoolise
Les malts à venir

Un autre chant
Comme une autre lune
Une fille qu'on allume
Pour qu'un guerrier
Baptise son fils
Dans un bain de sang

DESSAISIR

Une fissure comme un fil
Sans plomb comme l'essence
D'une fusée spatiale
Qui détoure les labyrinthes
En faisceaux de senteur pourpre

A la lenteur du jour
Le démantèlement procure
Ce que la propriété annihile
Dans la clarté des ténèbres
Et la poussière de coriandre

Il n'y a pas d'autre monde
Il n'est qu'un monde
Parmi les mondes
On n'y croise personne
Mais on y voit du monde

mardi, 24 février 2009

A L'OUEST TOUJOURS RIEN

La culture de la mort
Est privilège de toutes les cultures
Quelle que soit
L'idéologie du profit
A laquelle elles font allégeance

La culture de la mort
Fait se prendre pour des vivants
Des morts en puissance
Qui fuient la mort
Sans en savoir rien

La culture de la mort
C'est comme un voyage
Sur la planète des singes
Où la psychiatrie invente
Ses propres bandes dessinées

La culture de la mort
S'appelle Nicholson
Collaboration et obéissance
Sont les mamelles purulentes
De son régime de forçats

SEREIN CHATIMENT

Crimes et souffrances
Par pur plaisir de paysage
Histoire de donner
Du mouvement aux statues

Fluide est le désir
Satisfait de tout temps
Luisant de lui-même
Dans l'ivresse du sang

La folie pour étendard
Tout dépend du sens
Que le regard imprime
Sur les cornées alchimistes

L'abolition du futur
Ne reconnaît aucun droit
Aux courbes angulaires
Des profusions démunies

SCARIFICATION & CICATRICE

Un ange s'amuse
Qui sait pourquoi
Il ne gagne jamais
Le combat des arômes
De la liberté
Préférant l'insouciance
De l'esclavage
A toute forme de libre-arbitre
Dont le chant prédéterminé
Se réinvente en permanence

LUIRE HUMIDE

Parle avec les doigts
Dit l'amour en silence
Ecris tes baisers sur le vent
En braille et en capital
Sans solvant ni pesticide
Juste un défoliant ironique
Une volupté pyrogène
Sur un lit de pétales
A l'embrasement prégnant
Comme une douceur de sucre

UNCOMMON VICE

Lire sait écrire
En sympathie de l'encre
A l'ambre flottante
Au milieu des coraux
Qui fleurissent la cornée

Ecrire sait lire
Tel un pur ressentir
Peignant des mondes
Sous les froufrous voluptueux
Des chevelures d'océan

Lire s'écrit en promenade
Tandis qu'écrire joue
Aux filles de l'air marin
Quand le vent dessine sur la mer
Les jouissances du feu

lundi, 23 février 2009

ZERO DEFAUT DE CRUAUTE

Il n'est que le poète
Qui ait le pouvoir de faire
Malgré la propension
Des mondes rustiques
A prendre l'agitation
Pour une quelconque forme d'action
Le poète seul voit
La pure action s'épanouir
En arpège admirable
Equilibriste de haute volée
Dont l'harmonie simple
Accorde tous les violons

JEU DES VARIATIONS

Un madrigal grave son empreinte au crédit des nuages sur la coriandre en volutes qui s'élève au fronton des écrans que la lumière ajoure d'ombre pourpre. De son esperluette insomniaque, le reflet débauche les veilleuses que le mur du son refoule aux confins provisoires des élancements d'hirondelles, panoramique sylvestre pour sarments d'aréole, instants magiques aux serments sans objet, étang d'argentique sur écran solaire intégral. Vaille que vaille, rien ne vaut la splendeur du nu dont l'érotique absente incendie de sensualité profonde les courbes veloutées des fragrances de la soie aux tourments merveilleux qui inondent de cyprine les échancrures allumées par le venin de framboise. Pas de deux en solitaire, valse et menuet à la gravure insouciante, les danses du feu germent en choeur de céréales sur les faisceaux que l'orge pourpre imprime sur les dentelles de cannelle qui parsèment l'horizon de flamboyances en apnée et de torrents immobiles comme la splendeur de l'élan, saisie en plein vol par la magie d'un clin d'oeil aux abords familiers. L'ambre des crépuscules ouvre son corsage à la contemplation des sourires d'aubépine, le vent se charge des pollens envoûtants, la mer des sécrétions intimes, le feu n'a plus qu'à se laisser déguster par sa propre saveur dans la neige sur qui fond le baiser incendiaire des matins sans histoire.

GLISSE EN CARESSE

Tout glisse sur la langue
Qui dessine les voluptés
Des papilles endimanchées
Par les saveurs de myrtille
Tout glisse de sous la langue
Comme un baiser profond
Qui s'épanouit en corolle
Dans l'entrelacement des couleurs
Et le délassement des guépières
Qui libère le sein de l'abeille
Dans une franche respiration
Aux pommettes empourprées

ALLURE DE VERS A SOIE

L'amour est un jeu
Où rien ne se perd
Dans le toujours nouveau
A l'habitude inconnue

Chaque instant se régénère
A lui-même différent
Et toujours identique
Dans les spirales doubles

Aucune fatigue n'abreuve
Le coeur de l'instant
Qui d'une haleine de douceur
Embaume son plafond

La fresque peut toujours
Se dépeindre en des teintes
La chaux vive ne laisse
Que le vers de l'argent

La parole est féminine
Tatouée sur un souffle masculin
Empreinte de transparence
Sans vainqueur ni perdant

L'OEUF ET LA PERLE

Chaque oeuf cultive ses murs
Dans le jardin qu'il croit clos
Enceint qu'il est
D'un syndrome propriétaire
L'avortement donne des ailes
Aux nageoires étonnantes
Qui sapent les remparts
De fragrances d'émerveillement
Chaque oeuf crée son système
Sur des pilotis de vent
Qu'une haleine au sein pourpre
Dissout en s'éveillant