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dimanche, 12 mars 2006

CONFIANTE AMANTE

La voie est en s'abandonnant
En cessant de revendiquer
En arrêtant de projeter
En se contentant de l'instant

Quand il n'est plus aucune poussière
Par les yeux jaillit la lumière
Tant que les murs tiennent debout
Elle ne passe que par les trous

Ce n'est qu'en plongeant qu'on s'élève
Ailleurs n'est que guerre sans trêve
Sur cette terre n'est nul problème
En dehors de tous les phénomènes

Au gré des vents va le danseur
Porté par la pure ferveur
Ignorant l'extérieur du coeur
Brûlant dans le feu intérieur

samedi, 11 mars 2006

CECI DIT

Les jeunes sont formatés par le travail des vieux
A chaque génération n'apparaît aucun mieux
Les vieux se regardent dans ces nouveaux miroirs
Leur opinion ne reflète que leur histoire

Pas un iota d'évolution ontologique
Depuis 35 000 ans, rien de vraiment tragique
Seuls les aliénés croient voir un certain progrès
Ceci n'est de leur vanité qu'un simple effet

Les impressions ne sont que climats intérieurs
Les projections sont soi-disant monde extérieur
S'écoule alors un temps qui n'existe qu'ici
Dans un virtuel intervalle sans poésie

Comme une cascade statique le temps se passe
Comme un rire fantomatique s'éteignent ses traces
Tel un mouvement de pensée très résorbé
L'élan d'un geste mort avant que d'être né

vendredi, 10 mars 2006

JEUX ET DELIRES

Dans cette cour de récréation célestielle
Tout le monde participe à ce jeu de marelle
S'apparentant plus à l'air de colin-maillard
Qui peut donc se prendre au sérieux dans cette gare

Ici tu te perds, là je m'égare, où sommes-nous
Rien d'étrange dans ce rodéo statique et fou
Victimes et bourreaux unis au coeur de la danse
Bien et mal annulés au profit de la transe

Milliards de rayons d'une source inaltérée
Bienvenue dans l'Incréé au-delà des poussières
Sans une question plus d'emprise de la matière
Sans horizon resplendisssent les nouveaux-nés

Diamants dans le ciel sans la Lucy essentielle
Shooté à la graine d'éveil sans soeur de Marianne
Les sens apaisés sans l'aide de Marie-Jeanne
Que de femmes dans cette absence d'état matriciel

jeudi, 09 mars 2006

FONTAINE DE POUSSIERES

La source produit ce jaillissement immobile
Fontaine de phénomènes très éparpillés
Aux apparences plutôt diverses et indociles
Pourtant jamais le temps n’a vraiment existé

Et les vagues s’élèvent sans interruption
Création permanente d’un nouvel horizon
Sans qu’un seul mouvement ne trouble le cœur pur
Qui contemple en souriant la vie des créatures

Les astres noirs s’évanouissent en plein soleil
Tout se dissout dans la lueur du clair matin
Pinceau qui teinte d’éther l’invisible merveille
Obscurcissant les paysages hors de ce sein

Et tout se résorbe dans l’arc en ciel des dieux
Chemin sans lieu ne contenant que pure ardeur
Quand la matière n’appartient plus à l’Amoureux
Un feu sans flammes distribue partout la chaleur

mercredi, 08 mars 2006

VARIANTE ARDENNAISE

Je t'ai vu, fonctionnaire besogneux de la rime
Transpirer abondamment pour donner l'air serein
A toutes ces images navrantes et si minimes
Que tes piètres paradis te soufflaient en vain

C'est de l'oeil du voyant que coulent les mots d'or
Dont les senteurs pénètrent les coeurs amoureux
Ce n'est que l'union des contraires le trésor
Dont les fragrances inodores jaillissent des yeux

La beauté pure n'a jamais créé de désastres
Ce n'est que le désir qui transforme en vauriens
Toutes ces formes creuses que la possession castre
Avidité qui est de l'animal le bien

La beauté est une goélette sans foc
Dont l'océan sans fin s'appelle le Vivant
Nul rivage n'apparaît sur cette mer sans roc
Amour et sérénité en sont les Puissants

Pas besoin de bougie dans ce brasier réel
La lumière provient de l'intérieur du héros
Consumant tous les voiles du très superficiel
Pour irradier et imprégner tout le château

Les images ne sont que des fantaisies accortes
Projetées par l'aliéné privé de la vue
En Amour nul n'a aucun besoin de cette sorte
Dévoré par la réalité vive et nue

Pour l'âme perdue dans le dédale des phénomènes
Ces artifices sont des bouées de secours
L'Amoureux ne demande ni faveur ni étrenne
Ruisselant qu'il est des senteurs des plus beaux jours

mardi, 07 mars 2006

FORTUNE CARREE

Suave est la fortune aux mille reflets brillants
Qui illumine les coeurs de ses aspects furtifs
Nulle désolation ne règne au coeur de l'amant
Qui n'obéit plus à l'envers impératif

Et coule la caresse du pardon glorieux
Appliqué sur les blessures très superficielles
L'évanescence jaillit dans tous les amoureux
Pour effacer les traces du non-essentiel

Vois donc le soleil se lever à l'occident
Et faire flamber les champs anciens du devenir
Quand l'obsession se transforme en charbons ardents
Proche est le brasier de l'auguste resplendir

lundi, 06 mars 2006

CHEMIN VIERGE

Là où t'emmènent tes pas ailés est le chemin
Porté par la saveur d'un souffle ardent de feu
Toute présence n'est due qu'à l'absence de destin
Qu'on voit jaillir légère entre tous ces mots creux

Entrefilet aérien empli de mille nuées
Confondues en une trace extraordinaire
Qui n'apparaît qu'aux yeux clairs et désembués
Ayant épuisé les charmes de la matière

Caresse du ressenti pénétrant le regard
Les pores imprégnés de l'odeur de ce Vivant
Frisson soyeux qui dissipe les racontars
Pour encenser l'étendue du joyeux néant

Merveilleuses sont les phrases aux couleurs d'aurore
Qui se laissent entrevoir au détour de ces pages
Bienheureuses sont les gardiennes du trésor
Dont les flammes enchantent ce précieux paysage