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dimanche, 19 mars 2006

COUPLE MONOGAME

Mais l'Amoureux s'en va par les chemins perdus
Aérienne est sa foulée dans cette immobile
Journée qui s'éternise loin des idées reçues
Nul ne sait où son coeur a trouvé une ville
Unique saveur de l'âme qui se trouve nue
Nuée de l'absent égarement du futile

Etang sur lequel se reflète cette allégresse
Tel un joli miroir qui ressent la caresse

La belle se trouve alors charmée par ces merveilles
Et resplendit comme les producteurs de jasmin
Il n'est plus rien pour elle qu'une aurore sans soleil
Les soucis ont abandonné son front serein
A l'aube du printemps sous le signe du miel

vendredi, 17 mars 2006

SORTIR DU TOMBEAU

L'extase est le neutre absolu où les formes
Disparaissent au profit du sublime Néant
Les apparences n'en sont qu'une des nombreuses normes
Et ne relèvent en rien de ce qui est l'instant

Bien au contraire la forme asservit le réel
Et limite ses potientialités d'êtreté
Pourquoi se contenter d'un vil superficiel
Et à la Vie refuser de collaborer

Pas d'extase dans l'intellectualisme frigide
Qui n'est qu'un méchant univers de faux-semblants
La chair de la pensée n'est pas vraiment torride
Mécanique est l'état normal de son étant

Toi-même doit t'affranchir des barrières mentales
Pour conquérir autre chose qu'une idée létale
Au-delà du bien et du mal de la psyché
Se trouve la prairie des yeux émerveillés

jeudi, 16 mars 2006

PAS DE QUOI SE PLAINDRE

Le ciel n'a jamais blessé personne au soleil
Toi seule lui prête ce type de vilaine intention
Quand le mental projette des jolies merveilles
Le réel se charge de dissiper l' illusion

Sans projections et délires hallucinatoires
Il n'est aucune blessure qui puisse subsister
C'est la fièvre psychique qui fait le désespoir
Et l'espoir qui n'est que son plus fidèle allié

Regarde ta plaie lucidement et sans haine
Elle va s'évaporer comme de la buée
A chaque seconde se dissipent les phénomènes
N'en subsiste pas même une goutte de rosée

Laisse-toi traverser par les courants de pensées
Si tu les retiens, c'est là qu'ils prendront substance
Rien n'arrive que tout est déjà plus qu'effacé
C'est l'attitude qui prévaut en toutes circonstances

mercredi, 15 mars 2006

A L'AMI CHARLES

Encore une invention de vilain paysage
Pour regretter l'absence du miel et des abeilles
Ce n'est que toi qui a créé un tel naufrage
Ton jardin aurait pu regorger de merveilles

Au couchant de cette existence très éthérée
Tu emplis de tes plaintes un autre méchant seau
Sans essayer de sourire à l'éternité
Tu as laissé la Vie pourrir dans ton caveau

La peur et le mensonge t'ont dévoré sans trêve
Tu n'étais pas de ceux-là que l'Amour enlève
Tu fus l'ennemi pitoyable de ton coeur

Tu parles de celle que tu as négligée, la Vie
Lui préférant des plaisirs futiles sans saveur
Ne va pas croire qu'ici les éblouis s'ennuient

mardi, 14 mars 2006

L'HOMME DE PAIX NE MENE AUCUNE GUERRE

(en réponse à Kamel Yahiaoui)

Tu te crois prêt de la source
Et pourtant tu prêches la guerre
Comme ceux que tu dénonces

Les preux se trouvent toujours un ennemi
Pour justifier leurs errements et leur folie
Et se dire éclairés

Il n'est de liberté que dans la Paix
Tes mots doivent la refléter
Ainsi que ton regard

Il n'est d'ennemi que pour les égarés
Ensorcelés par leurs tourments
Et projetant leurs délires

Tu t'es enchaîné seul
Tu as oublié l'autre monde
Tu as rejeté l'essentiel

Tes pinceaux ne peignent que ton regard
Ils décrivent ton monde intérieur
Ce qui fait ton labyrinthe

Tu as fui le miroir
Tu fais partie des amnésiques
Et tu engueules les aveugles

Tu t'es construit ce trône de splendeur
Qui n'est que poussière au soleil
Ta colère n'est pas justifiée

Ton énergie se perd en combats stériles
Ignores-tu que seuls les morts sont Vivants
Et que les vivants sont des ombres

Tu nous parles de dignité
Alors que ce discours est pauvreté
Et ne parle pas d'êtreté

La Paix est en tout Homme
Quand il regarde en son coeur
Et qu'il rayonne de splendeur

Nul ne peut changer ce qui doit advenir
La crainte et l'espoir ne changent pas l'avenir
Les guerres ne nourrissent pas l'être à venir

lundi, 13 mars 2006

FIAT LUX

Quand les ombres chinoises sont plutôt vietnamiennes
Réalisées par une pierre d'arbre pérenne
Faut-il donc s'étonner de cet air de guerrier
Sur un champ de grande bataille désertifié

Au milieu des mégalithes dansent les étoiles
Dans le cercle d'éther s'impriment des cathédrales
Combien d'églises sont tombées face dans la poussière
Sans que leurs temples ne soient plus que lignes d'éther

Acceptation et soumission sont des fils d'or
Qui transforment les pantins en radieux trésors
Ce qui transpire par les jalousies de l'enfer
N'est éclairé que par des brûlots délétères

C'est sur la prairie aux sarments morts de grand froid
Que le bûcher crépite d'étincelles sans loi
Le combustible ne peut venir à manquer
Hors de portée de ce visage de Psyché